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Géologie

Géologie.

ESPÈCES TROUVÉES DANS L'ARGILE PAMPÉENNE. ESPÈCES DES CAVERNES DU BRÉSIL. ÉDENTÉS.

Mylodon Darwini, Owen, sous-genre de Megatherium, Bahia blanca (39° sud).

Sælidotheriun leptocephalum, Owen, Bahia blanca. Orycteropus, Owen, Bahia blanca.

Megalonyx, Bahia blanca. Megalonyz.

Megatherium Cuvieri, Bahia blanca. Megatherium.

Holophorus euphractus, Owen, Bahia blanca. Holophorus euphractus. PACHYDERMES.

Toxodon platensis, Owen, Rio Negro (Banda oriental). Bahia blanca (39° sud).

Glossotherium, Owen, Rio Negro (Banda oriental). Mastodon angustidens, Cuvier, Santa-Fe (32° sud). Mastodon. Equus, Bahia blanca (39° sud). Equus neogœus. Bajada (32° sud).

(. 5. Résultats généraux et conclusions.

Avant de remonter aux terrains tertiaires des Pampas, il est indispensable d'examiner rapidement les différentes époques qui en ont précédé le dépôt sur le sol de Amérique méridionale, en comparant ces époques à ce que Von a lhabitude dy trouver d’analogue en Europe. Laissant momentanément de côté toutes les roches d’origine ignée, dont l’âge est plus ou moins problématique, je ne n'arrêterai qu'aux roches dont la superposition a fait postérieurement connaître l’âge relatif.

Les gneiss et les autres roches stratifiées de la même période couvrent la plus grande partie de la province de Chiquitos, où elles forment un massif considérable, tout à fait indépendant des Cordillères et des montagnes du Brésil. Leurs inégalités y sont nivelées horizontalement par les couches inférieures du tertiaire des Pampas. Ces mêmes roches montrent encore à nu un second massif aussi indépendant, à l’extrémité sud des montagnes brésiliennes, dans la Banda oriental; elles supportent alors les dépôts les plus récents de l’époque tertiaire. [Il en est absolument de même des collines constituant, au sein des Pampas, des îlots, telles que la Sierra del Tandil, la Sierra de la Ventana, et les autres mamelons qui s’y rattachent. Toutes ces roches de gneiss et les roches granitiques dont elles sont presque partout accompagnées, me paraissent avoir formé trois groupes distincts, celui de

(75) Chiquitos, celui de la Banda oriental et celui des Pampas, tous indépendans Gologic. des autres, bien plus grands et sans doute contemporains, qui représentaient,

peut-être, au Brésil, les premiers points sortis des eaux sur le continent américain.

Les roches siluriennes, à l'égard desquelles J'aurai beaucoup à dire, en traitant de la Bolivia, sont on ne peut plus développées sur la chaîne orientale et sur tout le versant des Cordillères boliviennes, jusqu'à ses derniers contre-forts, vers les plaines du centre du continent américain. Elles sont généralement très-disloquées et presque partout recouvertes par les roches carboniferes. Je les ai retrouvées à l'est de la province de Chiquitos (Bolivia), où le tertiaire guaranien, étranger aux pentes des Cordillères, vient, comme pour les gneiss, combler les grandes vallées qu’elles ont formées dans leur dérangement.

D’après ce que je viens de dire, les terrains carbonifères accompagnent presque partout les terrains siluriens, sur le massif oriental des Cordillères de Cochabamba. Ils forment également des chaînes à l’est de la province de Chiquitos; et, là, le terrain tertiaire est venu en niveler les vallées. Aux contre-forts des Cordillères, près de Santa-Cruz de la Sierra (Bolivia), les couches tertiaires presqu'horizontales semblent encore s'appuyer sur des roches carbonifères disloquées, comme si elles n'avaient en rien souffert de leur dislocation, évidemment antérieure à leur dépôt.

Les roches des époques carbonifère et silurienne forment donc un massif énorme, à l’est de la Cordillère proprement dite. Elles se développent à l'est de la province de Chiquitos, et paraissent, en traversant tout le Brésil, offrir une surface immense de là jusqu’à la province de Minas Geraes'. Ne pourrait-on pas se demander, si ces différens points, qui ne recouvrent aucune couche d'âge plus moderne, n’ont pas été soulevés à la même époque, puisque les roches granitiques paraissent avoir été partout la matière soulevante ?

Je n'ai vu nulle part en Amérique de trace du muschelkalk.

La formation jurassique ne s’est, non plus, montrée nulle part?; fait très-extraordinaire, lorsqu'on se reporte au sol européen, où ces terrains ont tant d'extension.

Pour les terrains crétacés, ils sont loin d’être inconnus au sol américain;

1. Voyez lintéressant Mémoire de M. Clausen, relatif à cette localité, Bulletins de Pacadémie de Bruxelles , t. VIIT.

2. I est, en effet, très-remarquable que le terrain jurassique ne se soit jusqu'ici trouvé nulle part en Amérique.

Géologie. M. Élie de Beaumont, d’après une lettre de M. Gay, les a cités le premier

dans les Cordillères du Chili. M. de Buch les a signalés sur le plateau de Bogota , et les intéressantes collections de fossiles recueillies par M. Boussingault, dans les mêmes lieux et sur une grande surface de la Colombie, m’ont conduit à des résultats semblables. Jai même pu déterminer, dans la formation crétacée, l'étage auquel appartiennent ces fossiles, que je regarde comme contemporains du terrain néocomien de notre France”. M. Le Guilloux“ a rencontré des couches crétacées à lextrémité du continent américain, aux bords du détroit de Magellan, où elles supportent des terrains tertiaires. Peut-être doit-on encore rapporter à la même époque les roches de la Sierra de la Tinta”, sur lesquelles $appuient les argiles pampéennes ; celles qui ont été vues dans les Cordillères du Chili, près de Mendoza, par M. Darwin’, et celles qu'a découvertes Luis de la Cruz”, beaucoup plus au sud, près d'Antuco, dans la Cordillère même, entre Tilqui et Auquinco. Cest aussi à cette époque que M. Dufrenoy rapporte les terrains observés près de Coquimbo, par M. Ignacio Domeyko. Quoi qu’il en soit, à l’exceftion de la Colombie et des Cordillères, où les terrains crétacés sont très-développés, ils ne semblent avoir laissé ailleurs que des lambeaux peu étendus.

Îl paraïîtrait résulter de tous ces faits que, loin de s'être déposé dans des bassins déjà bien tracés par les couches antérieures, comme on le voit, par exemple, ‘aux environs de Paris, où la formation tertiaire repose sur la craie blanche, le terrain tertiaire aurait succédé aux époques convulsives qui ont anciennement disloqué le sol américain, et serait, après une longue suite de crises, venu niveler les nombreuses inégalités du sol. C’est au moins ce que Je crois voir aux parties septentrionales et orientales du bassin, où le massif est des Cordillères de Cochabamba, les collines de gneiss de Chiquitos, ainsi que les collines granitiques de la Banda oriental et des Pampas, n’ont évidemment en rien dérangé la disposition presqu'horizontale des terrains tertiaires des Pampas, qui, dans toutes ces parties, sont venus, au contraire, en combler les inégalités, en y formant cette vaste surface unie que

. Voyez Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. VI, p. 916, Janvier, Juin 1828. . Pétrifications du voyage de M. de Humboldt, par M. Léopold de Buch, 1839.

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