‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 35 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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déposées en annoncent évidemment un dans la forme des continens environ- Géologie.

nans, ou tout au moins dans la direction des courans d’eau douce qui venaient y aboutir, ceux-ci n'ayant plus rien apporté au sud ni au nord, dans la mer tertiaire.

Bientôt, à cette époque d’intermittence, en succede une autre, où lon ne voit plus de traces d’affluens fluviatiles. Les mers tertiaires se peuplent de nouveau , sur toute leur surface, de mollusques très-nombreux, présentant une seule espèce d’huître, dont les bancs occupent, dans la province d’'Entre- Rios, comme sur toute la côte de Patagonie, un horizon très-marqué où ces coquilles vivaient en société, et n’ont éprouvé aucun dérangement, puisqu'on les trouve partout dans leur position naturelle et pourvues de leurs deux valves. Si j'en juge par analogie, je pourrai croire que le bassin était alors peu profond, et que les eaux ne s’élevaient pas à plus de dix mètres au-dessus de ces bancs.

Des causes plus ou moins éloignées ayant agi de nouveau sur les mers tertiaires, des dépôts assez épais sont venus tout à coup recouvrir les bancs d’huîtres et les anéantir sur toute la surface où elles vivaient’, parce qu’elles n'avaient aucun moyen de s'élever au-dessus des matières qui les étouffaient. De nouvelles couches de grès se sont ensuite déposées, et avec elles a paru une série d'êtres marins jusqu'alors inconnue; série plus variée dans sa forme et surtout beaucoup plus nombreuse que celles qui l'avaient précédée. Ces mollusques couvrirent, à ce qu'il paraît, tout le bassin, depuis la Patagonie jusqu’à la province d’Entre-Rios, se composant, dans cet immense intervalle, de la même faune marine, bien différente de celle qui existe aujourd’hui sur le littoral de POcéan atlantique et qui ne contient aucun analogue actuellement vivant. Après l’époque où vivaient ces coquilles marines, il wy a plus eu, à la surface des terrains tertiaires, que des dépôts de peu d’importance, ne renfermant aucune trace de corps organisés.

Par la nature de ces couches presqu'horizontales, quoique toujours composées, au nord, de grès quartzeux et, au sud, de débris porphyritiques, qui

1. J'ai remarqué, sur nos côtes, que chaque fois que, par un coup de vent ou telle autre cause fortuite, des dépôts vaseux venaient couvrir des bancs d’huitres ou telles autres coquilles fixes, elles périssaient immédiatement. J'en ai pu juger par les effets contraires. À Noirmoutiers, par exemple, près du Rocher de Cob, après un fort vent de nord qui avait balayé la côte, on vit paraître , sous une couche de boue, un banc d’huitres, détruit (au dire des habitans) depuis une dizaine d'années, par l’envahissement des parties vaseuses de la baie. C’est à cette cause que j'attribue Pextinction d’une partie ou de la totalité de la faune locale, dans un lieu uniforme.

Géologie. prouvent une différence de provenances dans les élémens, depuis les couches

inférieures jusqu'aux plus supérieures, le tertiaire patagonien ne paraît pas avoir éprouvé de déplacement pendant que s’en opérait le dépôt; au moins men ai-je vu aucune trace, toutes les couches étant parallèles. Je crois, en conséquence, que tous les changemens qui ont modifié lhorizontalité des dépôts marins des Pampas, sont postérieurs à la fin de cette période tertiaire, que Je regarde comme devant être assez ancienne, puisqu'elle ne contient que des coquilles despèces éteintes. Le tertiaire marin des Pampas ne serait donc pas, pour moi, du même âge que Pargile pampéenne; mais, ainsi que Je vais m'efforcer de le prouver par des faits, ces deux dépôts appartiendraient à deux ordres de choses bien différens.

Les premiers changemens qui se sont opérés à la surface des terrains tertiaires marins me semblent postérieurs à leur dépôt complet, tout en étant antérieurs à l'argile pampéenne. Je veux parler du soulèvement partiel des provinces de Corrientes et d’Entre-Rios, dont le résultat fut cette immense faille que j'ai reconnue sur le cours du Parana, depuis Corrientes jusqu’à la Bajada*, faille qui n’a pas moins de cinq degrés ou cent vingt-cinq lieues de longueur. Si ce soulèvement, qui provient des porphyres amygdalaires * des Missions, n’était pas antérieur aux grandes causes qui ont amené le dépôt de Pargile pampéenne, les couches des terrains guaranien et patagonien de ce massif seraient recouvertes, en stratification concordante, par largile, tandis qu'au contraire toute la partie soulevée n’en montre aucune trace, et que largile, à son niveau ordinaire au sein des Pampas, s'appuie, en stratification discordante, à lextrémité sud de la faille, sur les couches inclinées du tertiaire patagonien”. Du reste, la présence de Vargile pampéenne à l’ouest du Parana, après sa jonction au Paraguay, prouve évidemment que ces mêmes argiles venaient, en se déposant, se heurter contre les falaises déjà existantes de la rive orientale de la faille du fleuve. D’après ces faits, il me serait démontré que les roches ignées des Missions ont fait irruption et soulevé le massif des provinces de Corrientes et d'Entre-Rios, entre les derniers dépôts marins et lépoque des argiles pampéennes.

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