Voyez pl. IV, fig. 2, et carte n
J'arrive enfin à l'argile pampéenne elle-même. C’est peut-être, sous le point Géologie.
de vue d’où je lenvisage, lun des plus beaux faits géologiques connus, et celui qui mérite le plus de développement.
Reportons-nous, un instant, à la fin de l'époque tertiaire. Supposons que, depuis long-temps, les mers sont cireonscrites, et que les continens voisins sont peuplés de grands mammifères, qui, au milieu dune végétation abondante, sous une température plus élevée qu’elle ne Pest aujourd’hui, couvrent de riches campagnes. Supposons encore ou plutôt admettons, comme un fait prouvé, que cette époque, très-voisine de la nôtre, est néanmoins de beaucoup antérieure à notre création, puisqu'elle ne présente que des animaux de races entièrement distinctes de celles qui couvrent maintenant le sol américain. Faisons, ensuite, succéder tout à coup, au repos complet de la nature, une de ces grandes catastrophes du globe, comme, par exemple, le soulèvement des Cordillères, et nous aurons, pour résultat immédiat, lanéantissement de tous les êtres sur cette partie du monde, le grand dépôt argileux des Pampas.
Je vais d’abord étendre cette hypothèse et développer tous les faits qui, paraissant s’y rattacher, me portent à croire que les choses se sont passées ainsi.
J’admets avec les géologues' que Île retrait des matières composant le globe terrestre est venu, par suite de leur refroidissement, déterminer, d'un côté, un grand affaissement, pour remplir le vide intérieur de Pécorce consolidée, tandis que, pressée de Pautre et poussée avec violence, par laffaissement même, vers les grandes fissures qui en résultérent, la matière ignée a fait naître, du nord au sud, cette chaîne immense qui sillonne tout le continent américain. Si je cherche à comparer ce grand soulèvement des Andes aux faits géologiques que j'ai observés dans les Pampas, Jarriverai à me convaincre que lépoque de ce grand mouvement coïncide avec toutes les circonstances locales, avec tous les autres faits géologiques, et donnerait celle du relief des Cordillères. Il est impossible, en effet, qu'un changement semblable se soit opéré dans la forme du globe, sans amener presqu'instantanément, de grandes perturbations sur toute sa surface. En Amérique, si je cherche à n'en rendre compte d’une manière satisfaisante en scrutant les faits, Je pourrai croire que ce déplacement de matière en a dû causer, au même instant, un mouvement subit des eaux de la mer, qui,
1. C’est lopinion de M. Elie de Beaumont. M. Rozet l’a publiée dans un mémoire sur l'Auvergne.