CHAPITRE XL
Description des plaines et des collines situées au nord-est et à l'est des derniers contre-forts de la Cordillere.
Tout en étant égale en surface aux deux tiers de la république de Bolivia, cette vaste partie du pays, située à l’est et au nord-est des dernières montagnes, qui s’abaissent de la chaine des Cordillères vers les plaines de l’intérieur, est néanmoins une dépendance politique du seul département de Santa-Cruz. Ce département, en effet, s'étend au nord et au sud, du 12.° au 20.° degré de latitude sud ou sur deux cents lieues géographiques, et de l’est à l’ouest du 58.° degré 30 minutes au 70.° degré 30 minutes de longitude ouest de Paris ou trois cents lieues géographiques. Il se divise en trois provinces : {.° la province de Santa-Cruz, qui occupe le pied des montagnes; 2.° la province de Chiquitos, composée des collines de l’est, jusqu'au Rio Paraguay et aux frontières du Brésil; 3.° la province de Moxos, qui comprend toutes les plaines du nord, recevant les affluens de l’Amazone. Je vais examiner séparément ces trois provinces.
$. 4. Géologie de la province de Santa-Cruz de la Sierra.
La province de Santa-Cruz se trouve, géographiquement, au point le plus avancé vers l’est des derniers contre-forts des Cordillères, dans l'endroit où devraient exister des montagnes, si, comme on l’a pensé, les derniers contre-forts des Cordillères étaient liés aux premières collines de la province de Chiquitos. Ainsi que j'ai pu m'en assurer, non-seulement il n’y a aucune colline qui unisse les deux systèmes, mais encore, lorsqu'on voit le faite de partage entre la Plata et l’'Amazone (entre le Rio Pilcomayo et le Rio Parapiti), représenté par des plaines inondées, où les cours d’eau (celui du Parapiti) paraissent ne prendre que difficilement une direction d’un côté ou de l’autre, on doit considérer les plaines de Santa-Cruz comme une simple continuité, vers le nord, du grand bassin des Pampas. Le Rio Parapiti est, en effet, une exception très-singulière. En sortant des montagnes, il se dirige d’abord au sud-est, parallèlement au cours du Rio Pilcomayo, en paraissant se rendre à la Plata. Bientôt après 1l se répand dans la plaine, y forme d'immenses marais, et après y avoir erré, va s'unir enfin vers le nord au Rio Grande, en versant ses eaux dans l’Amazone.
J'ai parcouru, en tous sens, les environs de Santa-Cruz, compris entre le Rio Grande, le Rio Piray et le Rio Yapacani. J'ai rencontré partout une composition géologique pour ainsi dire uniforme. J'ai déjà dit’ que de l'endroit où le Rio Piray laisse les montagnes jusqu’à Santa-Cruz, la plaine est entièrement sablonneuse et d’allu-