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ROCHES GRANITIQUES

Les roches granitiques sont très-disséminées sur le sol de l'Amérique méridionale ; elles couvrent de vastes surfaces à l'est du Brésil méridional et de

1 Elles sont colorées en rouge foncé de carmin sur toutes mes cartes et mes coupes, et portent le n° 1.

la république orientale de l’Uruguay. À Pouest, elles sont répandues à Val- &ogie. paraiso, à Coquimbo (côte du Chili), à Cobija (littoral de la Bolivia), à Palca et à Pachia (versant occidental des Cordillères du Pérou); ensuite on n’en trouve plus que rarement dans toutes les parties comprises entre la Cordillère et les montagnes du Brésil. J'en ai pourtant rencontré trois lambeaux, dont deux sont au faîte de la Cordillère orientale bolivienne : Pun

constitue les sommets de la chaîne de Pflimani et du Sorata; l’autre des mamelons près de Potosi; le troisième surgit à Pest de la province de Chiquitos.

En Amérique, comme en Europe, les roches granitiques varient beaucoup dans leur espèce. Elles se montrent, au Brésil’, sous la forme de diorite; à Valparaiso et à Cobija, à Coquimbo, à Palca et à Pachia, sous celle de syénite; sous celle de pegmatite, encore à Valparaiso, à Maldonado et à Montevideo (république de lUruguay), aux environs de Potosi (Bolivia ); sous celle de greisen, au sommet de la chaîne de Plimani, non loin de la Paz; et enfin, sous celle de leptinite, à Santo-Corazon de Chiquitos.

Si Je cherche les rapports de position de ces roches avec les autres roches d'origine ignée ou les roches de sédiment, je les trouverai on ne peut plus différentes.

Au Brésil, d’après M. Pisis, les diorites sortent par les fentes des dislocations des terrains siluriens, et représentent des chaînes courant est et ouest, dont Pélévation n’est pas plus de 1100 mètres au-dessus de l'Océan, et constituant un système qu’on pourrait appeler Zfaculumien, puisqu'il constitue la chaîne d’Itaculumi.

À Montevideo et sur les collines voisines, les pegmatites paraissent sous les gneiss, et à peine élevées de quelques centaines de mètres, figurent des chaînons dirigés à l’ouest 25 à 30° nord ou à l'est 25 à 30° sud.

À Valparaiso, à Coquimbo (Chili), à Cobija (Bolivia) et à Palca (Pérou), les diorites, les pegmatites et les syénites, forment, sur le littoral du grand Océan, des espèces de chaînes dirigées nord et sud ou des mamelons isolés, toujours placés à l’ouest et au pied des grandes lignes de roches porphyritiques. Ainsi, depuis le 17." jusqu’au 34. degré , les roches granitiques auraient plus généralement une même position relative, par rapport aux roches porphyritiques ; et la seule exception qui se soit offerte à mes yeux sur le versant

1. Observations de M. Pisis, Compte rendu de l’Académie des sciences, 1. XIV, p. 1045; Juin 1842.

Géologie. OCCidental de la Cordillère est ce mamelon de syénite qui, à Pachia (Pérou), a surgi du milieu des porphyres, soit qu'il ait précédé cette roche, soit qu'il

en ait suivi les dislocations.

À Santo-Corazon de Chiquitos les leptinites forment un mamelon qui perce les grès de la formation dévonienne et qui paraît être antérieur au dépôt de celle-ci.

À Santa-Lucia, près de Potosi, des pics de pegmatite s'élèvent à environ 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ils représentent une ligne dont la direction est à l’est 40° nord, et qui aurait précédé les dislocations des trias, puisque cette formation paraît être en couches presque horizontales sur les roches granitiques.

Sur la chaîne orientale de la Cordillère bolivienne, le greisen compose les sommités des plus hautes montagnes ; il paraît former le sommet de llimani et du Sorata, et dès-lors atteindre 7315 et 7696 mètres d’élévation au-dessus du niveau des mers. Cette roche, dans les grandes dislocations des terrains siluriens et dévoniens, s’est épanchée sur la chaîne longue au moins de cinquante lieues géographiques, dont la direction générale est nord-ouest et sud-est. Elle représente un système que J'appellerai bolivien.

Pour me résumer sur l’âge des épanchemens des roches granitiques, Je penserais que celles de Pest sont de la période des gneiss et de l’âge des terrains siluriens , et que celles de Santa-Lucia ont précédé les terrains triasiques, puisque ceux-ci reposent dessus en couches horizontales, tandis que celles de Pllimani sont postérieures à cette formation. Pour celles qui touchent aux porphyres, jen ignore complétement âge relatif; néanmoins je les croirais plus récentes que les dislocations des terrains triasiques, et peut-être antérieures aux terrains crétacés. Si les roches granitiques ont un orand développement à l’est de PAmérique méridionale, on est frappé, en considérant mes cartes de la Bolivia, de Corrientes et de la Patagonie, du peu de surface qu’elles occupent au centre et à l’ouest de ce continent.

Peut-être devrais-je parler ici de la montagne de Potosi', composée d’une roche quartzeuse cariée, que M. d'Omalius d'Halloy regarde comme une roche d'injection. Dans tous les cas, je ne sais à quelle époque géologique la rapporter, et c’est un trop petit accident, pour que Je la fasse entrer en ligne, à côté des grands faits qui m’occupent.

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