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IIT Géologie.
Géologie. occidental des Cordillères boliviennes; et, sur le versant occidental de la
chaîne, couvre une bande de trachytes qui se voit d’Arequipa à à Tacna, à l’ouest des roches porphyritiques. Au-delà des limites où je les ai vus, ces conglomérats paraissent s'étendre, au nord, jusqu’au plateau de Quito, où M. de Humboldt les décrit’; au sud, Molina les cite dans la Cordillère du Chili*; je les ai signalés aux sources du Rio Negro, au 41. degré de latitude, et ils ont été retrouvés par M. Hombron jusqu’au détroit de Magellan. Ils occuperaient donc toute la bande trachytique, sur les sommités de la chaîne.
Pour avoir l’âge relatif des roches trachytiques, je dois commencer par les considérer dans leur ensemble, afin de bien distinguer ce qui dépend des grandes lignes de dislocation produites par ces roches, des parties où ces lignes ont été modifiées par les systèmes préexistans. C’est une question difficile à résoudre; mais je crois d'autant plus important de léclaircir, qu'elle peut jeter une grande lumière sur lhistoire des reliefs de la Cordillère.
Les roches trachytiques se sont montrées avec leurs conglomérats à l’est de la bande porphyritique, depuis la ligne jusqu'au 55° degré de latitude sud. Sur cette étendue, on remarque que la direction dominante est celle du nord 5° est, au sud 5° ouest. En effet, cette direction se montre d’abord de la ligne jusqu’au 5.° degré, puis, après une interruption de quinze degrés, elle reprend au 20. et se continue jusqu'au 51. de latitude sud. Cette ligne, qui forme mon système chilien, aurait donc, sur les cinguantecing degrés de longueur des trachytes, trente-six degrés ou près de neuf cents lieues géographiques de développement, tandis qu'il ne resterait que quinze degrés où la chaîne suivrait une direction différente du sud-est au nord-ouest. Comme ce dernier système est précisément la continuité de mon système bolivien, je dois croire que la direction du nord 5” est au sud 5° ouest, forme un système distinct, propre aux trachytes. En effet, sur toute cette ligne, les dernières roches d’origine ignée sont les trachytes, et ces roches sont aussi les plus développées, puisqu'elles paraissent constituer, sur une grande surface, toutes les sommités et les plateaux de la chaîne.
S'il paraît constant que les roches trachytiques ont formé le principal relief des Cordillères, en représentant le système chilien, 1l reste à expliquer
1. Humboldt, Monumens, t. 1%, p. 279; & 11, p. 103. 2. Molina, Histoire naturelle du Chili, p 91.
pourquoi l'intervalle de quinze degrés, du 5° au 20.°, suit une autre direction. Géovgie. On a déjà vu que je considère cet intervalle comme une dépendance du système bolivien. Je pourrais me lexpliquer ainsi : Îl est évident que le massif compris entre le plateau occidental des Cordillères boliviennes et les plaines de Santa-Cruz de la Sierra et de Moxos, à l'est, constitue un système distinct et plus ancien que le système chilien, puisque ses dernières couches dérangées appartiennent aux terrains triasiques, tandis que, sur le système
chilien, ce sont les terrains crétacés et les terrains tertiaires. On pourrait donc supposer que, lors du soulèvement du système chilien, les grandes lignes de dislocation, qui se croisaient avec les reliefs préexistant au système bolivien, ne pouvant rompre ce large massif, lont longé à l’ouest, comme l'avaient fait antérieurement les roches porphyritiques. Dès-lors les roches trachytiques non seulement auraient formé une large bande à l’ouest du système bolivien sur tout le plateau occidental, mais encore seraient sorties par d'anciennes fentes des roches de sédiment, sur cette ligne si interrompue de mamelons trachytiques qui, à l’est du grand plateau bolivien, borde le pied des dislocations des roches dévoniennes, depuis Achacache jusqu’à Potosi.
La nature différente des roches trachytiques des Cordillères proprement dites et de celles qui sont à lest du grand plateau bolivien, pourrait encore corroborer cette opinion. En effet, il paraît naturel de trouver une parfaite analogie des roches du plateau occidental avec celles du système chilien, puisqu’elles n'étaient que la continuité de cette dislocation; aussi sont-elles formées des trachytes porphyritiques et de leur immense surface de conglomérats ponceux. D'un autre côté, les roches trachytiques de la région orientale du plateau bolivien s'étant, d’après mon explication, fait jour, loin de la masse, au sein des fentes préexistantes des roches de sédiment, devaient différer de nature; et c’est ce qui à lieu, puisqu'elles se composent de roches micacées et granitoïdes, et ne sont jamais accompagnées des conglomérats trachytiques qu'on remarque sur la Cordillère.
Si l’on voulait, au contraire, attribuer aux roches trachytiques micacées le premier soulèvement des chaînes qui séparent la Paz de Potosi, à lest du grand plateau bolivien, il faudrait admettre que les trachytes micacés ont surgi en même temps que les roches granitiques de Pilimani, ce qui semble peu probable, puisqu'a Achacache les trachytes sont au pied occidental de cette chaîne, tandis qu'on ne trouve aucune trace de roche trachytique au milieu du massif constituant le système bolivien.
Je crois qu'on pourrait conclure de tous ces faits que le système chilien
Géologie. à reçu son principal relief de léruption des roches trachytiques; que ces roches avec leurs conglomérats forment, d’après M. de Humboldt, un dôme immense sur le plateau de Quito, et, d’après mes observations, un autre dôme sur le plateau occidental de la Bolivia; qu’enfin tous les mamelons de la région orientale du plateau bolivien sont sortis par les fentes préexistantes des roches de sédiment; qu'ils ne seraient pas la cause première de ce système, mais qu'ils ont pu en soulever quelques parties, en en augmentant le relief. nié Il me reste à dire un mot des roches trachytiques de la Cordillère, afin de distinguer les trachytes de leurs conglomérats, sous le rapport de leur action sur les reliefs des montagnes. J'ai étudié avec beaucoup de soin la position de ces deux espèces de roches, et J'ai pu me convaincre qu’elles ont joué un rôle tout différent. Il suffit de donner un coup d'œil à mes cartes, pour s'assurer que les roches compactes ou décomposées ont, à diverses reprises, surgi sur de grandes lignes à l’état incandescent, et qu’elles ont, en s’épanchant de chaque côté de ces lignes, formé de larges nappes ou représenté ces cônes obtus si remarquables et en même temps si caractéristiques, qui, au sommet des Cordillères, présentent absolument la même forme qu'en Auvergne. Îl en résulterait qu’elles ont pu exercer une action soulevante, et si elles offrent, sur quelques points, une apparence stratifiée, cest évidemment le produit de nappes épanchées, comme on le voit soit dans cette heureuse coupe laissée par le Rio Maure’, où j'ai distinctement remarqué l'alternance des bancs de trachytes avec les conglomérats ponceux, soit sur la côte près de Tacna”, où les conglomérats ponceux recouvrent les trachytes également dureis en nappes. A l'exception de lalternance observée au Rio Maure, j'ai toujours trouvé les trachytes sous les conglomérats : les premiers présentent toute espèce d’aspérités, d’accidens extérieurs sur le sol, tandis que les derniers forment partout des sortes de couches, pour ainsi dire horizontales, qui nivellent ces aspérités. Les conglomérats ponceux , composés, par bancs, de ponces plus ou moins grosses, ou de fragmens divers dont les élémens ne sont réunis par aucun ciment, feraient penser que ces conglomérats ont été projetés à l’état de cendre, pendant la sortie et postérieurement à la sortie des trachytes. On pourrait se demander méme, si tous les conglomérats appartiennent à la même époque que les