‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 98 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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2, Voyez p. 104.

( 221 ) trachytes, et si leur position supérieure ne les rapporterait pas à un âge un Géologie. peu plus moderne. Ici je m’arrête, et ne me chargerai point de résoudre la question. Quoi qu'il en soit, il me paraît évident que les conglomérats n’ont

eu nulle part, dans les Cordillères, d'action soulevante, et que dès-lors leur rôle passif est tout à fait différent de celui des trachytes proprement dits. J'ai cru remarquer que, sur quelques points du plateau bolivien, les conglomérats trachytiques recouvrent le terrain pampéen, ce qui donnerait lieu de penser qu'ils sont postérieurs à ce grand dépôt.

Roches d'origine 1gnée postérieures aux roches trachytiques.

Il est évident que, postérieurement aux trachytes, il y a eu, sur les Cordillères, l’époque des volcans fumant encore aujourd’hui; malheureusement, n'ayant pu en voir aucun, je ne puis parler des roches qui en dépendent. Néanmoins il paraît que les voyageurs n’ont trouvé nulle part de véritables laves. Cette dernière période des roches d’origine ignée ne ressemblerait donc pas, dans cette partie de l'Amérique, à ce que nous trouvons en Europe. En traitant du Cotopaxi, M. de Humboldt ne parle que de scories et de ponces”. Ces dernières roches accompagneraient partout les volcans encore en activité. À propos de ceux-ci, je ferai remarquer qu'ils sont, sur la Cordillère, beaucoup moins nombreux qu'on ne la pensé. Si dans le voisinage de l'équateur ils forment un groupe, s'ils sont assez multipliés sur les montagnes du Chili, ils sont très-rares en approchant du système bolivien , où Je n’en connais qu'un seul, situé dans la province de Carangas, encore aux parties sud du système”, et conséquemment près des dépendances du système chilien. Les volcans en activité s'étant tous trouvés sur la ligne du grand système chilien, il est permis de penser qu'ils se sont formés, peutêtre au commencement de la période actuelle, postérieurement à Péruption des roches trachytiques et de leurs conglomérats.

En résumé, les roches d'origine ignée appartiendraient, en Amérique, à trois grandes époques :

1." Les roches granitiques antérieures aux terrains crétacés et qui apparaissent sous les gneiss des systèmes brésilien et pampéen, sous les terrains siluriens du système itaculumien, sous les roches siluriennes, dévoniennes,

1. Vues des Cordillères et Monumens, etc., L 1, p. 142. 2. Voyez p. 133.

Géologie. Carbonifères et triasiques du grand système bolivien, et qui forment des lambeaux séparés à l’ouest des Cordillères. |

2. Les roches porphyritiques postérieures aux terrains crétacés, sorties à l'est des roches granitiques de la Cordillère, et s'étant fait jour à travers les terrains crétacés, en représentant un premier relief dans la chaîne.

3. Les roches trachytiques postérieures aux terrains tertiaires, sorties à l'est de la bande granitique, formant la chaîne des Cordillères et paraissant lui avoir donné son principal relief, avant l'époque actuelle, Je leur attribue l'élévation au-dessus du niveau des mers de tous les terrains tertiaires marins, qui contiennent des espèces perdues, et par suite de la perturbation qu’elles auraient apportée à la surface du globe, lextinction des races de grands mammifères et la formation du grand dépôt des terrains pampéens qui recèlent ceux-Ci. |

$. 2. Des roches de dépôts ou de sédiment.

T'ERRAINS GNEISSIQUES OU PRIMORDIAUX. ”

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La partie occidentale de l'Amérique méridionale étant la plus moderne, il n’est pas étonnant qu’elle soit entièrement dépourvue de ces roches si développées sur toutes les régions orientales. En effet, les roches gneissiques se montrent sur une multitude de points du Brésil : je les ai vues aux environs de Rio de Janeiro? ; MM. Clausen * et Pisis “ les ont trouvées sur la plus grande partie de la surface comprise entre le cours du Rio San-Francisco et la mer, depuis le 16.° jusqu'au 27.° degré. Elles sont également répandues plus au nord, à Pernambuco, à Cayenne, où elles ont été recueillies par MM. Robert” et Le Prieur; et enfin, jusqu’à extrémité septentrionale de l'Amérique, puisque M. de Humboldt les a rencontrées à Caracas. En marchant au sud, je les ai retrouvées à Maldonado, à Montevideo? et dans la Banda oriental ; M. Parchappe les a vues à la chaîne du Tandil”. D’après MM. Hombron et Grange elles se montreraient encore au détroit de Magellan.

. Ils sont colorés en rose et portent le n.° 15. . Voyez p. 18. Elles ont aussi été rapportées par M. Auguste de Saint-Hilaire. . Note géologique sur la province de Minas Geraes, Acad. roy. de Brux., t. VILLE, n.° 5 des Bulletins.

. Comptes rendus de l Académie des sciences, t. XIV, p. 1044. . Elles sont déposées dans les galeries de géologie du Muséum.

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. Voyage aux régions équinoxiales, t. IV, p. 249. - Voyez ip. 21,22

. Voyez p. 46.

Je les ai recherchées au centre du continent, et J'en ai reconnu une immense Géologie. bande occupant, sur une largeur moyenne d’un demi-degré, une longueur de cinq degrés et demi ou cent trente-sept lieues, et traversant toute la province de Chiquitos du 60.° au 65.° degré de longitude occidentale de Paris, du 16.° au 18.° degré de latitude sud : ainsi les roches de gneiss seraient propres aux régions orientales du continent méridional, et se montreraient

néanmoins Jusqu'au centre.

Ces roches se composent à peu près partout des mêmes élémens. Ce sont: à Rio de Janeiro et dans la province de Chiquitos, aux parties inférieures, des gneiss porphyroïdes ou granitoïdes, passant au granite, supportant des gneiss à grains fins ou des mica-schistes contenant des grenats et des staurotides ; à Montevideo et à Maldonado, des gneiss noirâtres très-feuilletés ; au Tandil, suivant M. Cordier, des pétrosilex tabulaires.

Les gneiss supportent partout les terrains siluriens, au Brésil et à Pest de la province de Chiquitos. Néanmoins, lorsque ces terrains manquent, ils sont souvent recouverts de terrains bien plus modernes, puisqu’à Concepcion, à San- Ignacio et à Santa-Ana de Chiquitos”, on trouve des lambeaux de mon tertiaire patagonien. À Montevideo et dans les Pampas, le gneiss est entouré du terrain pampéen; à Chiquitos encore il est recouvert des alluvions les plus récentes.

* Considérés sous le rapport des systèmes que représentent ces terrains , M. Pisis nous apprend qu'ils semblent former au Brésil un système soulevé avant les terrains siluriens, dont la direction moyenne serait de l'est 38° nord à l’ouest 38° sud; système qui s'étend à l’est de la Mantiquiera, et que je désignerai sous le nom de système brésilien.

Peut-être devrait-on considérer comme un système appartenant à peu près à la même époque, l’ensemble des collines de gneiss des Pampas, situé entre le cap Corrientes et la Sierra de Tapalquen et les collines de Montevideo. Ce système suivrait la direction ouest 25 à 30° nord ou est 25 à 30° sud. On pourrait provisoirement le désigner sous le nom de système pampéen.

Peut-être aussi serait-il permis de penser que les Guyanes ont été soulevées à la même époque, puisqu'on ne trouve que des gneiss dans ces régions.

S'il en est ainsi, à l'instant des mers siluriennes, il y aurait eu déjà hors des eaux, au sein de l'océan Atlantique, quatre grandes îles : une première comprise, suivant M. Pisis, entre le 16.° et le 27.° degré; une seconde, au 34. degré; une troisième entre les 37.° et 38.° degrés de latitude sud, et une

quatrième aux Guyanes.

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