‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 108 sur 134 · Apoliodorc, 1. 111, c. n · texte numérisé non relu

Apoliodorc, 1. 111, c. n

SUR I/ILE DE RHODES. 245

habita Althémène avec ceux qui l'avaient suivi dans son exil.

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Avant Étienne de Byzance, Apollodore, dans le chapitre que j’ai indiqué tout à l’heure, avait fait mention de la même localité. Mais comme Diodore ne la nomme pas et que, dans le passage où il est chez lui question d’Athémène, il parle de Camiros, il est à croire que Cretenia n’était autre chose qu’un quartier de cette ville ou du moins que c’était un faubourg y attenant et auquel Althémène, en souvenir de sa patrie, avait donné ce nom qui lui rappelait la Crète.

Des deux passages d’Apollodore et d’Étienne de Byzance il résulte que Cretenia était sur le bord de la mer, car le premier de ces auteurs nous apprend qu’Althémène y débarqua, et en outre que ce lieu était dominé par le mont Atabyron. Si, comme je le pense, c’était une localité voisine de Camiros ou même en faisant partie, il est évident qu’alors nous devons chercher plus au N. les ruines de celte dernière ville; la vallée, en effet, qui renferme celles que nous avons décrites n’est point commandée par l’Atabyron, mais par le Gramytis. Une des raisons qui m’inclinent à dire que Cretenia, résidence d’Allhéméne, n’était peut-être qu’un quartier de Camiros, c’est qu’après la mort de ce prince les habitants de cette ville, au rapport de Diodore, honorèrent le fils de Catrée comme un héros ; or il est probable qu’un héroon lui fut élevé dans l’endroit même où il avait fixé sa demeure.

ÉTUDE

Une des plus anciennes divinités adorées à Camiros et vraisemblablement la principale était Junon Telchinienne1, ainsi appelée parce que les Telchines lui avaient consacré un sanctuaire et érigé une statue.

On y révérait aussi particulièrement Apollon surnommé Épimélios *, Êir tfwhoç, ou protecteur des brebis et en général des troupeaux. Ce dieu, comme le raconte la fable, avait conduit lui-même les troupeaux du roi Admète, et il n’est dès lors point étonnant qu’on ait placé à Camiros sous son invocation tout ce qui concerne la vie pastorale. Pindare 3 donne à Tîle de Rhodes l’épithète de terre abondante en troupeaux, 6U< ppWV fJLoHOtç.

Pausanias mentionne de même * chez les habitants de Coronée un Hermès êmfjwhoç; ailleurs3, il parle des nymphes

Apollon était également honoré par des sacrifices à Camiros sous le titre de Âeiyew'/irnç6, ou du dieu qui produit sans cesse, quod semper générât , dit Macrobe.

Camiros fut la patrie du poëte Pisandre7, auteur d’une Héracléïde en deux livres dont il ne nous est rien parvenu et qui, suivant les uns, était antérieur à Hésiode et contemporain d’Eumolpus, et, suivant les autres, florissait vers la trente-troisième olympiade.

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