Sleph. Byzant., au mot !>âvai. — Livius
SUR L’ILE DE RHODES
dois dii% toutefois qu’aucune ruine hellénique n’existe en cet endroit.
Soroni. — Avant d’arriver à ce village, situé 4 kilomètres plus loin vers le N.~E. et qu’habitent 90 familles grecques, on franchit successivement le lit de deux torrents très-larges qui vont déboucher à la mer et sont bordés l’un et l’autre de gracieux et verdoyants arbustes et surtout de lauriers-roses gigantesques.
Soroni avait, comme presque tous les autres villages de l’île, un Kastro destiné à la fois à le défendre contre l’ennemi du dehors et à tenir les habitants euxmêmes dans la soumission, s’ils avaient voulu se révolter. Ce Kastro, à l’exception de deux ou trois gros pans de mur, est démoli.
Les jardins de ce village abondent en oliviers et en figuiers, la vigne aussi y prospère, et l’on y recueille un vin rouge estimé.
Apano-Kalamona. Le sentier qui de Soroni conduit au petit hameau d’Apano-Kalamona, dans la direction du S.-E., monte et descend, l’espace de deux heures de marche, à travers une série de collines qui s’élèvent de plus en plus et dont les flancs sont couverts de hautes broussailles qui forment en certains endroits des fourrés impénétrables que dominent par intervalle de jolis bouquets de pins. Ces collines sont sillonnées par plusieurs torrents qui serpentent entre des rives étroites mais qu’une nature vierge et sauvage semble avoir pris plaisir à décorer des plus gracieux ombrages. Apano-Kalamonadisparaîtderrièrelesgrandsarbresquj
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l’environnent. Cehameau se borne à 6maisons*ïiabitées par des Turcs. La contrée au milieu de laquelle il est situé produit beaucoup de gibier.
Kato-Kalamona. — D’Apano-Kalamona on descend à Kato-Kalamona, autre petit hameau consistant en 7 maisons habitées par des Turcs. 11 est à 4 kilomètres et demi au N. du précédent, dans une vallée cultivée.
Théologos. — De là à Théologos il y a 5 kilomètres dans ladirectionduN.-O. Ce village, qui tire sonnomdu grand Théologien sous l’invocation duquel son église est placée, c’est-à-dire de saint Jean l’Evangéliste, est prononcé par les habitants comme s’il était écrit de la manière suivante, Soloos (0eoAoyoç, 0«Aooç, SwAooç); d’où les Turcs par corruption ont fait Solouk. C’est ainsi que, sur l’emplacement de la ville d’Ephèse en Asie Mineure, le village actuel, dédié au même saint et dont la dénomination complète et véritable est Hagios-Théologos, est connu vulgairement sous celle d’Aia-Solouk.
Théologos est composé d’une trentaine de maisons groupées sur un plateau. L’église et le cimetière qui l’environne renferment quelques plaques de marbre antique. M. Ross y a trouvé deuxinscriplionsqu’on peut lire dans son recueil d’inscriptions grecques inédites1 , l’une contenant une liste de noms de magistrats ou plus vraisemblablement de divers intendants préposés aux choses saintes, l’autre étant un catalogue de prêtres attachés au temple d’Apollon Erethimios (ÀttoXlc ùvoç, EpeOipu'ou).
i. Inscript, gr. ined III, Nos 276-277.
M. Ross pense, et je me range volontiers à l’opinion de ce savanl, que cet Apollon Erelhimios est le même que l’Apollon Erelhymios qui, d’après le lexicographe Hésychius, était aduré en Lycie.
« E peQvfÀioç 6 AnolXcùv napà Avyuolç xal eoprh Epe0u— pua. »
M. Ross ajoute que ce même Apollon Erethimios lui paraît devoir être identifié avecTApulion Erythibios dont il est question dans Strabon comme ayant un temple dans l’île de Rhodes.
« P 6$ loi àï EpuÔtêiou A noXXcôvoç e^ovutv èv rp yjApc/L lepov, rriv èpvvi&nv xalovvTeç êpvOL&/)v. )>
Si cette dernière conjecture du célèbre archéologue Allemand est fondée, et si les trois épithètes de ÈpeOtjt uoç , ÈpeQvu.ioç et ÉpuGi'êtoç se confondent en réalité et ne sont qu’une triple manière d’écrire le même mot par la permutation de quelques lettres, Apollon aurait été adoré jadis en cette endroit comme divinité protectrice des blés contre la nielle , conformément à l’étymologie donnée par Strabon.
Quoiqu’il en soit, les deux plaques de marbre sur lesquelles M. Ross a déchiffré ces inscriptions et les autres qu’on voit dans le cimetière et dans l’église de Théologos ont été découvertes au bas du plateau qu’occupe le village actuel au milieu d’un champ de blé où l’on distingue encore plusieurs blocs de marbre à moitié enfouis dans le sol. Ce champ, parsemé de quelques oliviers et qui était, au moment où je le parcourus, couvert de belles moissons que l’on était en train 1. L. XIII, c. i, $ 64.
de récolter, m’a paru tout jonché de petits débris de poterie, ce qtli indique que la localité antique s’étendait dans la plaine, au lieu d’être, comme le village actuel, placée sur la hauteur; il était ainsi plus rapproché de la mer.
La môme inscription qui nous révèle en ce lieu l’existence d’un ancien temple consacré à Apollon Erethimios est en outre très-précieuse à un autre titre, en ce quelle nous fait connaître les noms de plusieurs localités qui toutes vraisemblablement appartenaient à l’île de Rhodes, car au nom de chaque prêtre du temple d’Apollon Erethimios est adjoint celui de sa patrie. Or, il est probable, comme le fait observer très-bien M. Ross, que les prêtres d’un temple situé dans l’île de Rhodes étaient eux-mêmes Rhodiens; par conséquent les surnoms suivants qui indiquent le lieu de leur naissance nous signalent autant de localités Rhodîennes; voici ces surnoms par ordre alphabétique :
AaTvnoclûusvç , Bpvyiviïapioç, loravioç, N sonoliraç, IlollTOCÇ, IlQVTMpeVÇ, 2lêw0lOÇ.
Qu’on me permette ici de reproduire in extenso la note de M. Ross à ce sujet \
« Astypalæa nomen est satis frequens in geographia antiqua; neque opus est ut de insula sic appellata vel de oppido Coi insulæ cogitemus ; potuit etiam esse in Rhodo .
De secundo nomine, quod Rrygindara sonuisse antumo, certa res est. Remconficit fragmentum Lyncei Samii in epistola ad Diagoram apud Ath., XIY, p. 652.