‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 123 sur 134 · Rosi., înscr. gr. ined ., N · texte numérisé non relu

Rosi., înscr. gr. ined ., N

SUR LTLE DE RHODES

H de jr\ raïç Xehdoveiaiç iuyâ^iv àvTŒapanOeïtTa T àç Bpiytvdapidaç (scrib. B pvyivdapidaç, y.alov[j.évaq, t<ï> piv èvofjian fiap&apiÇovGaç, raïg de .ridovaïç ovdév tjttov emvcov ÀTriKiÇovGaç' 7.0Ù (iayadeq) Bayivddpioi (corrige Bpuyivdâpioi ), d'e ai P odiai,

Quæ sequunlur tria nomina, ior «vioç, Neo7roAtTaç, HoXtraç, aliundè quidem incognita sunt : sed quid obstat quin Rhodum pagum aliquem Histanium suamque etiam Neapolim habuisse statuamus? Politam autem suspicor esse civem ipsius urbis Rhodi.

Sequitur UovTapevç , nomen jam obvium in duobus lapidibus Rhodiis.

ItêuQtoç, quod ab aliquo loco Sibytha derivandum est : cum nomine ior âvioç conter nomen unius ex hodiernis Rhodi vicis ïorptov. »

A cette note de M. Ross j’ajouterai qu’à l’exception de deux de ces localités, dontl’une, d’après la conjecture de ce savant, peut être identifiée avec la capitale ellemême, et l’autre, mais avec plus d’incertitude, avec l’emplacement du village actuel d’Istrios, la position des cinq autres, c’est-à-dire d’Astypalæa, de Brygindara, de Néapolis, de Pontoros et de Sibytha, n’a pu jusqu’à présent être retrouvée.

Damatria. — 6 kilomètres au N.-E. de Théologos, le village de Damatria, habité par 60 familles grecques, est précédé de vergers agréables. A quelques minutes de ce village, vers l’O., la campagne est couverte de nombreux tas de pierre et de vestiges informes d’anciennes constructions. Ce sont sans aucun doute les restes de la localité antique de Damatria, le village

ÉTUDE

actuel étant remonté un peu plus haut sur une colline. Je n’ai aperçu aucun fragment de marbre pouvant être un débris du temple de Cérès, qui probablement existait jadis en ce lieu et qui aura donné son nom à Damatria (AyjpY/îp, Gérés, en Dorien Aaptaryjp, d’où A aparpîa).

Maritza. — 4 kilomètres à l’E. de Damatria, Maritza est situé au pied d’une haute montagne qui appartient à la grande chaîne longitudinale de l’île et qui s’appelle Koloupi. Ce village contient 70 maisons environnées de jardins. Le terroir y est très-propre à ia vigne.

Bastida . — 25 minutes au N., le petit village de Bastida consiste en une vingtaine de maisons. Il est au milieu d’une grande plaine nommée Kamari .

Villanova. — En se dirigeant vers l’O. pour se rapprocher de la mer, on rencontre, à 5 kilomètres de distance, Villanova. A l’entrée de ce village test une fontaine abondante dont les eaux descendent par un conduit du mont Platza auquel le village est adossé. Cette fontaine est l’une des plus renommées de l’île. Devant le bassin de marbre où elle coule s’arrondit une place en forme de demi-lune qu’enferme une ceinture de rochers pitoresques et qu’ombragent à son centre de beaux platanes. De larges estrades bordées de pierres et pavées de petits cailloux de différentes couleurs ont été ménagées à droite et à gauche de celte place, et c’est là que les jours fériés les habitants de Villanova aiment à venir s’asseoir à l’ombre autour des platanes.

SUR L’ILE DE RHODES

Un peu plus loin on aperçoit sur un plateau les ruines d’un château bâti par les chevaliers. Défendu par un ravin au S., à l’O. et au N, il est à l’E. seulement de plein-pied avec le sol environnant. Il forme un carré d’environ 50 mètres sur chaque face; mais un peu plus bas un autre mur, en partie démoli, comprenait dans une enceinte plus étendue quelques autres bâtiments voûtés dépendant de cette forteresse. Les débris de ce Kastrosont très- imposants. En y pénétrant on admire encore de longues salles aujourd’hui à moitié renversées, une habitation distincte qui servait de résidence au gouverneur de la place et décorée extérieurement d’armoiries sculptées qu’on a enlevées, mais dont les gracieux encadrements n’ont pas disparu ; enfin les restes d’une jolie chapelle gothique à laquelle les habitants continuent à donner le nom de chapelle Sainte-Catherine.

On croit que ce château est dû à Hélion de Villeneuve, et on rapporte à ce même grand-maître la fondation du village Villanova. Composé de 75 maisons, il occupe les dernières pentes du mont Platza qui le domine à l’E. A l’O. jusqu’à la mer se déploie une grande plaine où croissent pêle-mêle dans de vastes et nombreux enclos tous les arbres fruitiers que file produit; la vigne y est aussi cultivée avec succès.

Kremastos. — Trois-quarts d’heure de marche séparent Villanova de Kremastos. Avant d’arriver à ce dernier village, on franchit près d’une petite chapelle bâtie sur un monticule rocheux, le large lit d’un ter-

ÉTUDE

rent qui, de même que presque tous les autres de l’ile, tarit pendant l’été et ronge ses rives à l’époque des grandes pluies. Inutile d’ajouter qu’il a aussi sa double bordure d’arbustes verdoyants et principalement de lauriers-roses.

Au-delà commencent les jardins de Kremastos, cultivés et arrosés avec soin. On y remarque de beaux arbres fruitiers et surtout de vastes plantations d’ognons.

Kremastos forme une longue rue à laquelle aboutissent quelques autres plus petites et qui comprennent un ensemble d’une centaine de maisons basses, mais assez régulièrement bâties. A l’extrémité septentrionale du village, une église qui ne manque pas de goût a été nouvellement construite sur une plate-forme ainsi qu’une élégante fontaine.

Le village est commandé par une colline que couronne un Kastro datant de l’époque des chevaliers et dont les murs extérieurs sont encore presque intacts. On distingue en deux endroits les armoiries du grand-maître Fabricius Carretti : les salles voûtées d’en bas servent aujourd’hui d’étable pour les troupeaux.

Au N. -O. de Kremastos, à une faible distance du bord de la mer, on m’a montré quelques fragments de cippes et d’autels tumulaires en marbre grisâtre, des vestiges d’anciennes constructions et une grande quantité de poterie antique brisée. En outre le rivage décrit en cet endroit une petite anse, mais qui est presque entièrement ensablée. Ne serait-ce pas là, comme l’a

SUR L’ILE DE RHODES

nn

pensé M. Ross1, l’ancien port des Ialysiens qui paraît avoir été appelé Schedia, comme semble l’indiquer le le passage suivant d’Athénée2?

<( N avocyr,(jaç <To <D opêaç xal UapOevLa iï teii'/jÇccvzo

êtç l'filvcrov Tcepl z'ov xaXovpLEvov zonov E^s^tav. )>

Cet établissement maritime était éloigné d’environ une heure d’intervalle de la citadelle des Ialysiens appelée oyrjpup.a. et dont nous allons parler tout à l’heure, mais beaucoup moins de la ville proprement dite qui était bâtie sur les dernières pentes du mont Philéré— mos, dont cette citadelle occupait le sommet.

Page 1