Slrabon, XIV
SUR L’ILE DE RHODES
Meursius1 a signalé l’erreur grossière commise par Isidore 2, qui en attribue la fondation à Cécrops, roi des Athéniens.
« Cecrops in insula Rhodo Rhodum ædificavit. »
Bâtie à l’extrémité septentrionale de l’île et regardant l'Orient, elle avait la forme d’un amphithéâtre, ou, pour parler plus exactement, d'un théâtre3.
D’après Strabon4 aucune ville de l’antiquité ne- pouvait lui être comparée.
« Par ses ports, dit-il, par ses rues, par ses remparts et par toutes ses autres constructions, elle l’emporte tellement sur les autres cités qu’on n’en peut nommer aucune, je ne dis pas qui la surpasse, mais même qui l’égale. »
Le rhéteur Aristide5 a vanté, en termes, il est vrai, un peu déclamatoires, la magnificence de cette ville qu’il avait habitée; mais, en faisant la part de l’exagération de son style, il n’en reste pas moins prouvé par cet écrivain, de même que par Strabon, dont nous venons de reproduire le grave témoignage, par Lucien6, qui appelle Rhodes la véritable cité du soleil et digne, par sa beauté, du dieu auquel elle était consacrée, par Pline, qui nous donne des détails si précieux, que nous allons bientôt analyser, sur les nombreux chefs-d’œuvre dont elle était ornée, enfin par plusieurs autres