II. — Cato-Maras
Pour se rendre du faubourg Néo-Maras à celui de Cato-Maras ou le Bas-Maras , il faut s’avancer vers le S. et principalement vers TE., en traversant un cimetière turc et en passant ensuite au pied d’une hauteur couronnée par trois moulins à vent. Ce monticule mérite d’être visité, parce qu’on y retrouve la trace d’une voie antique taillée dans le roc et les vestiges d’un mur hellénique construit avec des blocs puissants et rectangulaires. Les Turcs, en 1480 et en 1522, profitèrent de cette colline pour y établir une batterie de siège, destinée à foudroyer en face, à une distance d’environ 350 métrés, les ouvrages avancés du palais des grands-maîtres et ce palais luimême.
De là, en continuant à marcher dans un chemin bordé de tombes musulmanes, on arrive bientôt au faubourg Cato-Maras, qui s’étend de l’O. à l’E. au S. de la ville, au pied du mont qui jadis formait l’acropole de l’ancienne Rhodes. Ce faubourg renferme six
SUR L’ILE DE RHODES
paroisses : 1° Sainte-Anastasie ; 2° Saint-Nicolas ; 3° Saint-Georges ; 4° Saint-Nicolas-le-Brûlé , ainsi nommé en souvenir d’un incendie qui dévora cette église; 5° la Sainte-Mère-cle-Dieu ; 6° la Métropole . C’est dans la circonscription de cette dernière paroisse que réside l’archevêque, dont la juridiction s’étend sur i'île de Rhodes et sur toutes celles qui l’entourent dans l’ancienne mer d’Icare, comme Khalki, Casos, Scarpanto, Stampalia, Tilos, Nisyros, Simi, Calymnos, Leros et Nikaria.
A l’époque où je visitai I’île, il était parti pour Patmos, sa patrie; car il est sorti du couvent de cette île célèbre qui a le privilège de voir souvent ses moines passer de leurs cellules aux sièges les plus élevés de l’Église grecque. 11 est aidé et, en son absence, remplacé par un grand-vicaire qui a le rang d’évêque et auquel les Grecs donnent le titre de AeoTroryjç. C’est dans cette paroisse aussi que sont les deux écoles grecques les plus importantes de I’île ; l’une est mutuelle, l’autre est dite hellénique, parce qu’on y enseigne le grec ancien.