Reisen auf den griechischen Inseln , p
ÉTUDE
ce voyageur est erronée, attendu que, d’après le témoignage positif de Strabon, Camiros doit se chercher sur la côte occidentale de l’île et non point sur sa côte orientale. Néanmoins, j’avouerai que, contrairement à l’opinion de M. Ross, qui croit qu’Hamilton a mal entendu ce qu’on lui disait et que l’ignorance du grec moderne l’a égaré, les habitants des villages voisins donnent bien réellement le nom de Camiros à la localité que nous venons d’examiner. Ceci pourrait faire supposer que dans l’antiquité il y avait deux villes du même nom dans l’île de Rhodes, lTme sur la côte orientale, c’est-à-dire celle dont il s’agit en ce moment, et l’autre sur la côte occidentale, dont nous parlerons bientôt et qui avec Lindos et Ialysos se partageait la suprématie de l’île et était la Camiros citée par Homère, par Thucydide, par Pline, par Strabon, etc.
Si la dénomination assignée par les habitants à cet endroit se fonde sur une tradition véritable, il faut admettre cette conjecture comme certaine; sinon, nous devons, jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à plus- amples recherches, nous abstenir de donner un nom à ces ruines et constater seulement que c’était un bourg trèsimportant dominé par une acropole fortifiée ayant deux ports, l’un au N. et l’autre à l’E., avec une nécropole à l’O., et s’étendant lui-même jusqu’à la mer dans une belle et fertile plaine arrosée par un torrent.
Massari. — 3 kilomètres et demi à l’O. de ces ruines est un petit village appelé Massarin et plus souvent Massari. Pour l’atteindre, on a à traverser deux torrents ; l’un, celui que j’ai déjà nommé et qui sillonne la
SUR L’ILE DE RHODES
partie septentrionale de la plaine où ces débris sont dispersés, l’autre qui va se jeter à la mer au S. du précédent, sous le nom de Fleuve-Noir, (M ocvpoç 7T oTapôç), après avoir parcouru la partie centrale de la plaine.
Massari ne contient que 40 maisons, mais le territoire en est très-fertile et produit du blé, du vin, de l’huile et différents fruits.
Au S. de ce village, coule le torrent Gadoura, l’un des plus considérables de l’île ; son lit est très-large et n’est rempli que pendant l’hiver : à l’époque des grandes chaleurs, ce n’est plus qu’un faible ruisseau. Il en est question dans Bondelmonte1 : « In medio insulæ Artamita mons cum flumine Gadora patescunt. )>
Ce mont Artamita n’est autre chose, ainsi que je le montrerai bientôt, que le mont Atabyron, au pied oriental duquel est un village nommé Artamitis.
20 minutes au-delà de ce torrent, la terre est couverte de- débris, misérables restes d’un ancien bourg détruit, dont le nom même a disparu.
3 kilomètres plus loin, au pied du mont Kalathos , est un hameau du même nom et qui consiste en une quinzaine de maisons dont trois sont habitées par des Turcs etles autres pardes Grecs ; quelques jardins l’environnent.
Vers le bas des dernières pentes du mont Kalathos, s’étend une plage très-sablonneuse, sillonnée par un torrent qui va se jeter dans une large baie.