‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 76 sur 134 · Strabon, XIV, p. 231. Tchn · texte numérisé non relu

Strabon, XIV, p. 231. Tchn

188 ÉTUDE

sorte de môle naturel , j’ai déchiffré sur une plaque de marbre brisée, près de laquelle gisaient quelques tronçons de colonnes, une liste de prêtres chargés de l’entretien d’un temple en l’honneur de Neptune Equestre : Ilorjeidâvoç Dm'ou. Il y avait donc en cet endroit un sanctuaire consacré à ce dieu, sanctuaire dont les dimensions étaient peu étendues, à en juger par le diamètre de ces fragments de colonnes. Tout le monde sait que l’épithète d’Équestre ou de Ït moc est souvent donnée par les anciens à Neptune, pour avoir, suivant la fable, fait sortir de terre le premier cheval, de même que Minerve en fit jaillir l’olivier. Comme la ville dont nous foulons maintenant les vestiges était maritime, il est tout naturel qu’elle ait érigé un temple à la grande divinité de la mer.

Au N. de la baie que j’ai mentionnée, un mont isolé, ressemblant à un immense cône tronqué, fait saillie dans la mer en forme de promontoire, et ses parois latérales sont presque partout flanquées de roches énormes et perpendiculaires. Il peut avoir 1100 mètres de circonférence à sa base et 400 à son sommet : sa hauteur est d’environ 150 mètres. 11 est couronnépar les ruinesd’uneforteressequioccupe,sans aucun doute , l’emplacement d’une acropole antique et qui date elle-même de l’époque des chevaliers ou du moins qui a été réparée par eux, comme l’indiquent les armoiries qu’on voit encore encastrées dans les murs. Une seule porte donne accès dans l’intérieur de cette forteresse. Pour y monter, on gravit un escalier en pierre dont les degrés ont été ménagés sur la

SUR L’ÏLE DE RHODES

pente d’une longue chaussée maçonnée, qui s’élève en tournant jusqu’au sommet du mont. Une fois parvenu sur le plateau supérieur, on se trouve environné d’une enceinte de hautes murailles épaisses de deux mètres et munies, de distance en distance, de tours rondes à demi-renversées. Au-dedans, c’est un bouleversement confus et un véritable chaos de pierres entassées appartenant à des constructions jetées à terre. On reconnaît cependant encore les traces d’une chapelle, celles d’un bâtiment qui semble avoir élé la demeure du gouverneur de la place et les restes d’une vingtaine de petites maisons écroulées qui devaient servir d’habitations aux soldats. On remarque aussi plusieurs magasins voûtés taillés dans le roc ou maçonnés et surtout une magnifique citerne parfaitement conservée, profondede 7 mètres et en mesurant 12 sur chaque face.

Si les débris antiques qui autrefois devaient exister sur cette acropole ont entièrement disparu , c’est qu’ils auront été employés comme matériaux de construction, lorsque la forteresse fut bâtie.

Quel était jadis le nom de celte localité? Les habitants lui ont gardé celui de Camiros, etHamilton1 pense que ce sont là les ruines de l’une des trois anciennes cités de l’île. Il fait observer que l’épithète de blanche donnée par Homère2 à Camiros ( âpyivé&na K a{j.zïpov) s’accorde très-bien avec l’apparence des lieux. Mais, comme le montre M. Ross,3 l’assertion de

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