Conon. apud Meurs., Rhod., c. vi
SUR L’ILE DE RHODES
auxquels se joignirent quelques Pélasges, il alla aborder en Crète, puis à Rhodes. A partir de cette époque, les Doriens commencèrent à prédominer dans cette île dont ils occupèrent les trois villes. Ils s’établirent aussi dans l’île de Cos et sur le continent asiatique, à Cnide et à Halicarnasse : c’est alors que se forma la confédération qui prit le nom d’Hexapole dorique et qui se composait des six villes suivantes, Lindos, Ialysos, Camiros, Cos, Cnide et Halicarnasse.
Des trois cités Rhodiennes il est probable que Lindos était la plus importante comme ville forte et ville commerçante, attendu qu’elle avait une acropole imprenable, un port principal assez vaste, et qu’en outre son territoire étant très-rude avait forcé ses habitants à chercher ailleurs que dans la culture du sol un but à leur activité et un . moyen de vivre et de s’enrichir. En effet, les environs de Lindos ne sont que pierres et rochers. Dans l’antiquité, Philostrate1 s’exprime ainsi quand il en parle. « La région la plus âpre de Pile de Rhodes est occupée par les Lindiens. La terre produit à la vérité des raisins et des figues; mais elle ne peut être labourée, et elle est impraticable aux chars. » Aujourd’hui la vigne et le figuier, qui autrefois y prospéraient, y sont devenus rares; il en est de même de l’olivier qu’on n’y voit plus qu’en petit nombre et d’un aspect chétif, et qui jadis, s’il faut ajouter foi à une épigramme de l’Anthologie grecque2, y donnait des fruits supérieurs en qualité à ceux des oliviers de l’Attique.