Lactant., Inst. Div ., I
ÉTUDE
cernés à Hercule, par admiration pour sa force et son courage, les Lindiens lui dressèrent un autel, qu’il appela lui-même êouÇuyov, le joug des bœufs , et sur lequel il fallait immoler une paire de bœufs, en souvenir de ceux qu’il avait enlevés au laboureur. Quant à celui-ci, Hercule en fit son prêtre et il lui recommanda de célébrer toujours ses sacrifices avec les mêmes imprécations dont il l’avait accablé autrefois, parce que, disait-il, il n’avait jamais mangé avec plus de plaisir. » De là le proverbe grec A hdtoi rw Bvcriav, pour signifier un sacrifice fait sans respect et avec blasphème.
Sans m’arrêter à discuter l’explication ingénieuse que propose Heffter pour faire comprendre et jusqu’à un certain point pour justifier cette légende bizarre, en voyant dans les malédictions qui accompagnaient ce sacrifice une sorte d’expiation pour l’immolation du bœuf, animal 'Sacré chez les plus anciens peuples, je me bornerai à remarquer que depuis longtemps il ne reste plus aucune trace , à Lindos de l’antique sanctuaire d’Hercule, et il serait même difficile de dire dans quelle partie de la la ville il était situé.
J’hésiterai beaucoup moins sur la place que l’on doit assigner au temple d’Apollon Telchinien dont l’existence nous est attestée par un passage de Diodore1.
En effet ne serait-il pas permis de supposer que cet antique sanctuaire, bâti par les Telchines et qui renfermait une statue d’Apollon surnommé Telchinien, occupait l’endroit même où nous avons signalé les 1. y, 55.
SUR L’ILE DE RHODES
ruines d’un péribole hellénique et où se lisent encore sur une base de marbre les noms d’Apollon Pythien et d’Apollon Olios ?
Macrobe 1 nous apprend qu’à Lindos ce meme Dieu était révéré sous le titre de ïoipioç, parce qu’on lui attribuait la cessation d’une épidémie.
Nous savons aussi par Strabon 2 qu’il y avait chez les Lindiens un lieu appelé rà SpivOia, c’est-à-dire consacré à Apollon surnommé IfuvQevç [destructeur des rats). En Troade. Apollon3 était également adoré sous le même titre dans la ville de HpivOn qu’il avait délivrée des rats qui l’infestaient, et laquelle, d’après la remarque des scholiastes d’Homère, tirait son étymologie du mot cr phQoç, rat.
Si les rues de Lindos, à l’époque dePindare, étaient ornées de statues qui semblaient vivantes, dit le poète, et si l’art de la statuaire était alors répandu et perfectionné à ce point dans cette ville , il est probable que celui de l’architecture ne l’était pas moins, et que les sanctuaires consacrés aux différentes divinités que je viens d’énumérer et à celles dont je n’ai point parlé et qui y avaient des autels, répondaient par leur beauté, principalement le temple de Minerve Lindienne , à l’éclat et à l’opulence de cette cité.
De nombreuses colonies furent fondées par les Rhodiens , du xe au vie siècle avant l’ère chrétienne, à une époque par conséquent bien antérieure