Pausanias, II
SUR L’ILE DE RHODES
par Apollodore1, par Conon dans Photius\ par Philostrate3 et surtout par Lactance*. « A Lindos,ditcepère de l’Eglise, il y a des sacrifices en l’honneur d’Hercule qui sont bien différents de tous les autres rites usités ailleurs; car, au lieu de se servir de bonnes paroles, su pifju'a, comme disent les Grecs, on célèbre ces sacrifices au milieu des injures et des imprécations, et c’est violer la cérémonie que de laisser échapper, même par mégarde, pendant qu’elle a lieu, un seul mot favorable. Voici la raison que l’on en donne, si toutefois il peut y en avoir une pour des choses si puériles. Hercule, ayantdébarqué en cet endroit et pressé delafaim, aperçut un laboureur qui travaillait et il lui demanda de lui vendre un de ses bœufs. Celui-ci refusa, alléguant que toute l’espérance de sa récolte reposait sur ses deux bœufs. Hercule eut recours alors à sa violence ordinaire, et parce qu’on ne voulait pas lui donner l’un de ces bœufs, il les prit l’un et l’autre. Cependant l’infortuné laboureur, à la vue de ses bœufs immolés, se vengea par des malédictions de l’injustice qui lui était faite; ce qui réjouit fort notre héros, en homme facétieux et plaisant qu’il était. En effet, tandis qu’il préparait le repas à ses compagnons et qu’il dévorait les bœufs d’autrui, les plaintes amères et les imprécations du pauvre paysan n’excitaient de sa part que des moqueries et de grands éclats de rire.
Plus tard, lorsque les honneurs divins furent dé-