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Thucyd., VI, 4. — Hérod., VII

SUR L ILE DE RHODES. 219

blirent à Naucratis, il fallait que les Rhodiens possédassent dès les temps les plus reculés une marine puissante et un commerce très-étendu. La ville de Lindos , entre autres, était renommée pour l’excellence et la forme particulière de ses navires, surnommés viola hvdivot, vaisseaux lindiens ; ses marins justifiaient cet ancien proverbe usité parmi les Rhodiens et par lequel ils se vantaient que chacun d’eux était capable de conduire un navire : H^sîç dévot Podioi, dévot votvç, dix Rhodiens , dix navires.

Au nombre des gloires littéraires de Lindos, nous devons mentionner en première ligne Cléobule , l’un des sept sages de la Grèce et qui florïssait vers la fin du viic siècle. Diogène de Laërte1, qui nous a laissé quelques renseignements sur la vie de cet homme célèbre, nous apprend que, suivant certains auteurs, il rapportait son origine à Hercule, qu’il était remarquable pour sa force et sa beauté et qu’il étudia la philosophie égyptienne. Ce fut lui, nous l’avons déjà dit, qui reconstruisit le vieux temple de Minerve fondé par Danaüs. Poète aussi bien que philosophe, il composa trois mille vers de chants lyriques (ao^ara) et de griphes (yçtyoi, filets de pêcheur), espèces d’énigmes ou questions captieuses qu’on se faisait un jeu de proposer pendant le repas. Diogène de Laërte nous a conservé quelques-unes de ses énigmes et de ses sentences : il nous a transmis également une lettre qu’il aurait écrite à Solon pour l’engager à venir à Lindos, où il serait à l’abri de latyrannie de Pisistrate,

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