‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 95 sur 134 · Diog. Laërt, I · texte numérisé non relu

Diog. Laërt, I

Cléobule mourut à lage de soixante-dix ans et Ton mit sur son tombeau l’inscription suivante :

A vopa GÔyov K leoÊovlov otitoyQlpzvov KaranevOeï H de naTpa Aivdoçj 7 tovtm âyocllopLzvn.

« Le sage Cléobule n’est plus : Lindos, sa patrie, déplora sa perte, Lindos qui brille au milieu de la mer. »

Lorsque Cicéron découvrit en Sicile, dans la nécropole de Syracuse, le tombeau d’Archimède, oublié et inconnu déjà des Syracusains eux-mêmes, son émotion fut profonde, et il ressentit en même temps je ne sais quelle joie orgueilleuse d’avoir pu révéler, tout étranger qu’il était, aux compatriotes de ce grand homme la place où reposaient ses cendres. Tels et aussi vifs eussent été les sentiments que j’aurais éprouvés s’il m’eût été donné de retrouver, au milieu de la nécropole de l’ancienne Lindos, le marbre funéraire sur lequel était gravée cette inscription et de contempler le lieu où fut enseveli l’ami de Solon et l’un des sages de l’antique Grèce. Mais les tombeaux mêmes subissent la loi du destin, dit un poète1, et périssent à leur tour:

« Quando quidem data sunt ipsis quoque fata sepulchris, » et celui de Cléobule, dont Lindos devait s’enorgueillir après avoir été, sans doute, respecté longtemps et protégé par la vénération publique contre les injures des hommes et des siècles, a disparu peut-être depuis l’antiquité elle-même.

Le sage Lindien laissa une fille digne de lui, appe-

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