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ÉCOLES SUPÉRIEURES

Nous voici arrivés aux sommités des corps enseignants et de l’instruction publique telle qu’elle est maintenant dans les trois duchés.

La formation de l'université sous l’ancien titre de lycée remonte à plusieurs siècles, et en 1601, Ranucio Farnèse la régénéra en lui donnant un code, des privilc'ges et des magistrats dont la juridiction, quelquefois indépendante des tribunaux, ressemblait en certains cas à celle qui jadis, en Allemagne et en France, protégeait et même jugeait les écoliers ; encore aujourd’hui elle conserve une partie de ses droits.

En 1768, sous le règne de l’infant don Ferdinand de Bourbon, cette noble institution fut améliorée et complétée par le Français Dutillot, grand ministre d’une petite»principauté italienne. Enfin,

en 1814, diverses modifications furent aussi apportées à son organisation, et successivement jusqu’en i83i, époque où l’on transféra une section, celle de droit, à Plaisance. Plus récemment encore le cours de philosophie élémentaire en a été disjoint et confié aux jésuites, qui ont également l’instruction secondaire à Parme et à Plaisance, dans la première ville depuis i836, et dans la seconde à dater de 1844. On a voulu probablement par cette disjonction , ne laisser à l’université aucun mélange de l’instruction du second degré et de la supérieure. Celle-ci brille donc actuellement pure de tout alliage et se compose des facultés suivantes : théologie, droit, médecine, chirurgie et art vétérinaire, mathématiques, chimie et haute physique.

La théologie emploie sept professeurs pour les divisions suivantes : théologie générale, dogmatique , morale , histoire ecclésiastique , langues orientales, grecque; ces cours exigent cinq ans et leur étude donne droit aux degrés académiques pareils à ceux que l’on obtient en France, savoir baccalauréat, licence et doctorat. Une centaine d’aspirants suivent annuellement ces cours.

La faculté de droit de Plaisance réunit huit professeurs, enseignant les institutions romaines, le droit canon, le droit civil, le droit pénal, la procédure civile et le droit administratif; il faut qua-

Ire ans pour achever les études que cette faculté impose et subir les examens procurant la licence.

Celle de médecine, de chirurgie et d’art vétérinaire a treize professorats; les cours qu’on doit y suivre demandent six ans d’application, et ceux de chimie et d’art vétérinaire trois. Les degrés académiques sont toujours semblables à ceux des autres facultés; mais le doctorat médical oblige le sujet qui l’a reçu d’accomplir deux années de pratique dans les hôpitaux, avant d’obtenir du protomédicat le diplôme de libre exercice.

Les cours de physique et de mathématiques durent trois ans, et six professeurs président les divisions d’introduction au calcul, de physique supérieure, de mathématiques transcendantes et des éléments d’astronomie, de mécanique, d’histoire naturelle, de chimie générale. En tout trentequatre professeurs et annuellement quatre cents étudiants, dont cinquante environ, arrivent au doctorat dans les diverses facultés scientifiques et littéraires.

Les moyens supplémentaires pour la pratique et la facilité des études sont :

\° Un cabinet de physique pourvu de nombreuses machines dont la plupart viennent de Paris;

2° Un riche mméum d’histoire naturelle;

3» Une collection de machines géométriques;

4° Un observatoire astronomique et météorologique, avec sa bibliothèque ;

5“ Un jardin de botanique;

0° Un cabinet d'anatomie ;

7" Un de patoholgie ;

8° Un dit des sciences médicales;

9° Un d’appareils chirurgicaux ;

10° Deux salles de réception pour les malades qu’on y traite par la clinique interne et externe ;

llu Un amphithéâtre d’opérations chirurgicales pourvu de nombreux instruments ;

12° Une bibliothèque médico-chirurgicale fondée et enrichie par l’habile professeur de chirurgie Rossi;

13° Un cabinet d’anatomie vétérinaire et comparée;

14° La clinique vétérinaire, avec son arsenal chirurgical;

Enfin les bibliothèques publiques , riches en précieux ouvrages et possédant :

A Parme , près de 400,000 volumes.

Plaisance

Guastalla

Borgolaro

Firenzuola

Le professorat de l’université de Parme a, de tout temps, offert des noms remarquables et quelquefois célèbres; nous citerons entre autres le philosophe Venine, l’historien Millot, le rhéteur Soave, le littérateur Pagnini, l’orientaliste de Rossi, l’astronome Cossali, le poète An gelo-Mazza, le jurisconsulte Romagnesi, le savant médecin Rubini, le professeur de chirurgie Rossi de Sarzanna et le prince actuel de la médecine italienne Tomtnasini, récemment nommé chevalier de la Légion-d’f Jonneur par le roi des Français.

INSTRUCTION PUBLIQUE. "g

A tous les moyens d’instruction il faut en ajouter qui sont indépendants de l’université, mais entretenus par l’Etat ou les communes :

A Parme. . . Académie des beaux-arts, instruisant 1 50 élèves. Ecole de chant 25

Plaisance. Institut Gazzoli de peint, et de scnlpt. 12 Ecole publique de langue française.

Guastalla. Ecole de musique instrumentale.

Dans plusieurs autres communes, il existe aussi des écoles de musique et de chant.

Tels sont les renseignements que nous avons obtenusde MM. les chefs de cette université et du zèle de M. Jules Lecomte qui nous les a procurés, et nous les prions de recevoir ici toute l’expression de notre gratitude.

Nous aurions voulu pouvoir ajouter à ce qui précède le nombre officiel et récent des élèves suivant les écoles primaires et secondaires des trois duchés ; nousy tenions beaucoup, comme devant offrir le critérium du degré de civilisation des classes inférieures; mais ne le possédant pas, nous devons nous contenter d’un document déjà vieux de onze années et publié par le colonel Serrislori. Cependant nous croyons qu’il offrirait peu de différence en le comparant à celui de 1846, si nous avions pu l’obtenir. Les populations peu aisées, surtout celles de la campagne, marchent assez lentement en Italie,

dans la carrière de l’instruction, et même en France que de constants efforts n’a-t-il pas fallu poulies déterminer à y entrer !

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