‹ Voyage dans l'Oberland bernois (volume 3)Chapitre 1 sur 9 · PRÉFACE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE L'AUTEUR

JL/epuïs quelques années plusieurs personnes,

tant suisses qu'étrangères, désiraient un ouvrage. particulier sur XOberland bernois. Les voyageurs , surtout ceux qui se rendaient de Berne dans ces belles contrées, cherchaient un livré qui pût les guider dans leur course ; ceux qui en revenaient en désiraient également un qui retraçât à leur souvenir les scènes pittoresques dont l'aspect les avait tant enchanté. Un Bernois, par la proximité de ce pays, par la facilité de le parcourir, par les communications fréquentes avec ses habitans , était, mieux que tout autre, à portée de l'entreprendre et de tirer parti dans sa description de toutes les ressources nécessaires.

H existait cependant dans quelques Iivresdes données utiles pour cet ouvrage j mais- il était

assez difficile de se les procurer. Elles étaient devenues insuffisantes, depuis que le Public avait été accoutumé à d'excellens récits de voyages , tels qu'il en a paru plusieurs dans les derniers tems. Nous avons déjà indiqué et apprécié dans notre introduction ceux où l'on trouvait des indications sur l'Oberland. En i8i4, M. Kônig de Berne, peintre distingué, donna dans son Voyage dans les Alpes (Reise in die Alpen ) quelques nouvelles directions plus étendues sur les routes à suivre. Cet ouvrage estimable, dont le prix est très - modique, pouvait déjà satisfaire, jusqu'à un certain point , l'attente des voyageurs ; mais la concision avec laquelle il était écrit, montrait combien il restait encore à dire et à éclaircir sur ce sujet II laissait encore à désirer des cartes exactes, commodes à porter avec ioi, et les dessins de quelques vues remarquables. En général , il est trop réserré pour ceux qui ne peuvent pas faire le voyage.

J'ose donc me flatter qu'aucun ouvrage antérieur ne rendait le mien superflu; mais je serai le premier à l'envisager comme tel, dès qu'il en aura paru un meilleur. J'aurai* voulu pouvoir encore eu différer l'impression

pendant deux ou trois ans, afin de le rendre plus digne de voir le jour , mais le moment actuel , où l'Europe commence à respirer après les longs orages qui l'ont agitée, où les étrangers reviennent visiter la Suisse; ce moment, dîs-je, était trop favorable, pour ne pas en profiter etpour retarder l'exécution d'une entreprise calculée sur les tenu de paix, dont nous jouissons' maintenant. Elle était, pour ainsi dire, commandée par l'aflluence extraordinaire des voyageurs, avides de directions pour parcourir les différentes parties de la Suisse.

Peut-être, puîs-je espérer de leur offrir ici assez- de choses utiles et intéressantes pour éviter le reproche de n'avoir pas bien exécuté le plan que j'avais formé depuis long - teins. Des voyages répétés dans l'Oberland et mes propres observerons m'en ont fourni les bases principales^Quelques ouvrages nouveaux, tels que celui de Kônig et l'excellent Voyage, pittoresque de l'Oberland par Stàpfer, ont augmenté les nombreux matériaux que j'avais recueilli dans d'autres ouvrages plus anciens. De toutes parts , j'ai reçu de nombreux et utiles renseiguemens. L'estime qu'inspirent la plus

grande partie des personnes qui ont bien voulu me les communiquer, me persuade que leur coopération donnera seule un grand intérêt à mon travail.

Lorsque je récapitule tout ce que ces respectables protecteurs et amis ont eu la comr plaisance de me fournir , je ne sais auquel Je dois exprimer le plus de reconnaissance.

Je dois cependant commencer par M. Wyttenbaeh , pasteur de l'église du Saint-Esprit à perne. Ce doyen des naturalistes de la Suisse et de ceux qui ont décrit les Alpes, m'a permis de profiter de son érudition, du fruit de ges lectures, de ses connaissances en littérature et de ses observations. M. le professeur Meissïier, qui fut deux fois mon compagnon de yoyage dans l'Oberland , a bien voulu me fournir des secours abondans. MM. les professeurs Studer et Trechsel ont contribué, avec une extrême complaisance , à rectifier nos cartes géographiques. M. Kasthofer, inspecteur de$ forêts, qui connaît. parfaitement l'Oberland, jusques dans ses moindres détails, m'a livré plus de matériaux que je n'ai pu en employer» ne voulant pas donner trop d'étendue aux morceaux qui concernent l'histoire naturelle

dans cet ouvrage. Je dois à M. Sigîsmcmd dé Wagner plusieurs notices et indications de divers genres. Enfin, les pasteurs dans les différentes vallées de l'Oberland , MM, Immer à Unterseen , Lutz à Gsteig , Weber à Lautepbrunnen, Lehmann à Grindelwald, Kasermann à Meyringen , Bullinger à Hasli im Grund »

ont facilité mou travail par les renseignement de bouche et par écrit, que j'ai obtenus de leur obligeance. Je ne puis assea leur témoigner ma gratitude pour tous les détails intéressaos qu'ils m'ont communiqués en si grande abondance , que je n'aurais pas eu assez de place pour les insérer dans mon ouvrage, sans en éliminer mes propres observations.

Je ne dois pas omettre quelques tnanns*crits très - intéressans , relatifs aux vallées de Lautérbrunnen et de Grindelwald , dont ML le professeur Studer, qui les tenait de feu son frère, M. Studer , secrétaire de préfecture à Langn.au, m'a permis de faire usage.

Si , malgré toutes ces excellentes ressources, mon ouvrage est encore incomplet, on peut eu inférer que le sujet est inépuisable. Il existe»

en effet, bien des doutes, bien des incertitudes, quelquefois même une ignorance totale sur une foule d'objets. C'est pourquoi je n'ai pas voulu donner à mon livre le titre de Description, mais plutôt celui de Voyage dans VOberland. — Cette dernière forme me permettait de garder le silence sur ce dont je n'étais pas parfaitement instruit, sur ce que je n'avais pas vu par mes propres yeux et •ur ce qui était encore incertain ou douteux.

Je voulais que mes tableaux fussent vrais, exacts, détaillés et aussi agréables qu'ils pouvaient l'être.

Je n'ai pas eu l'intention d'écrire exclusivement pour les savans ; mais j'ai cherché à ne pas paraître superficiel , autant qu'à éviter trop de sécheresse. Peut-être n'aurai - je contenté personne, en désirant de plaire à tout le monde: Les savans me trouveront, sans doute, trop diffus et trop minutieux dans quelques descriptions ; d'autres me reprocheront de m'être, appesanti sur certaines explications^" Cependant, je serai satisfait, si chacun trouve au moins quelques pages agréables dans mon livre et si personne ne regrette la peine de le lire en entier.

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Je réclame l'indulgence du lecteur pour m'ètre étendu, peut-être trop longuement, sur quelques-unes de mes connaissances favorites, comme , par exemple , sur la nomenclature des montagnes, les traditions populaires, la mythologie des Alpes, etc. — Ces objets n'avaient presque pas été traités jusqu'à présent, et cependant ils peuvent ouvrir un vaste champ aux réflexions et à de nouvelles recherches.

Ils paraîtront peut-être plus intéressans dans ce moment, où l'on s'attache avec tant de zèle, en Allemagne, à tout ce qui est relatif aux antiquités de. cette nation et à ses. anciens usages.

L'éditeur de cet ouvrage s'est appliqué à en rendre l'usage et l'acquisition plus faciles, en séparant le petit Atlas portatif du corps du livre, de sorte qu'on peut les acheter séparément, sans que le prix en ait été augmenté. 11 est vrai que les deux parties de ce travail, qui paraissent en même tems et qui tendent toutes les deux au même but, ont ensemble une étroite correspondance î cependant, je conviens que le livre demande plutôt à être lu, avant de se mettre en route pour l'Oberland, ou quand on veut y retourner une se-

conde fois , ou enfin, quand on ne peut pas le visiter. H peut aussi être utile aux personnes qui séjournent quelque tenu à Interlacken et qui en font le centre' de leurs différentes excursions dans les vallées environnantes. L'Atlas portatif, au contraire, est plus particulièrement utile pendant le voyage, afin qu'à chaque pas on puisse s'orienter et retrouver les dénominations de tous les objets que l'on apperçoit Nous avons mis surtout le plus grand soin à cette partie. Il contient aussi quelques grandes feuilles qui, devant être ployées pour s'adapter au format , auraient été incommodes, étant placées dans le corps de l'ouvrage, et trop sujettes à être froissées ou déchirées. On a ajouté un texte explicatif à cet Atlas, pour lui donner plus de clarté et pour eu rendre l'usage plus utile.

Nous devons aussi demander excuse pour quelques répétitions et quelques fautes d'impression qui se sont glissées dans ces feuilles. Horace permet à l'auteur d'un long ouvrage de s'endormir quelquefois en l'écrivant, et j'espère qu'on voudra bien me passer quelques négligences.

Si j'avais pu prévoir la longueur de celuici, qui s'est toujours plus étendu par les matériaux intéressons que je recevais pendant que je l'écrivais , j'aurais tâché de le resserrer et j'aurais surtout abrégé l'introduction. J'aurais usé plus sobrement des citations de divers auteurs que j'y aï insérées. On voudra bien me les pardonner, en songeant qu'en ayant recours à des idées étrangères, d'ailleurs conformes aux miennes et peut être infiniment meilleures, j'ai trouvé un délassement à la fatigue d'écrire mes propres observations, et j'ai pu sauver de cette manière la monotonie du style et varier mes réflexions.

Je n'ai rien à observer sur les gravures jointes à ce Voyage. Elles sont toutes faites d'après de nouveaux dessins originaux, et on ne pourra pas leur reprocher d'être des copies ou des contrefaçons. Pour en éviter même le soupçon , au lieu de donner les dessins de quelques objets très-remarquables, mais trop connus , tels que la Jungfrau et le Staubbach, nous avons préféré en faire lever de nouveaux de quelques autres.

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