‹ Voyage dans l'Oberland bernois (volume 3)Chapitre 2 sur 9 · PREFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DU TRADUCTEUR

Xjorsqce, cédant aux pressantes sollicitations de l'estimable auteur et de. l'éditeur de cet ouvrage, j'en entrepris la traduction, je ne me dissimulai point les difficultés de ce travail , ni la peine que j'aurais à rendre le Voyage de M. Wyss, en lui conservant son originalité , dans une langue dont le genre diffère si -fort de celle dans laquelle il est si agréablement écrit La sévérité, je dirais presque la pruderie du goût français , n'admet pas une foule d'expressions , d'images , d'inversions et d'ellipses dans le style, qui enrichissent le langage de la poésie descriptive allemande et font supporter les longueurs auxquelles se laissent souvent entraîner les auteurs allemands par leur enthousiasme , et peut-être aussi par cette même facilité à exprimer les nuances des idées et des sentimens, et à rendre les objets avec une grande variété

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de deuils. Telle phrase qui est élégante, noble et souvent sublime dans cette langue .paraît triviale, commune ou ampoulée aux lecteurs français , si elle est traduite littéralement >

Dans cette description d'une partie de la Suisse si belle, si remarquable, dont l'aspect exalte l'imagination, émeut la sensibilité, il était naturel que l'auteur, entraîné par l'amour de son pays, employât un langage assorti à des impressions qu'il voulait transmettre à ses lecteurs, et le traducteur, obligé de le suivre aussi exactement que possible, n'aura pu , sans doute, éviter tous les écueils qu'il prévoyait et pour lesquels il réclame de l'indulgence.

M. "Wyss, en me remettant les feuilles de l'original , y avait cependant fait lui - même quelques retranchemens. 11 a supprimé pour la traduction des réflexions étrangères au sujet, certains traits particuliers, d'histoire, qui ne pouvaient intéresser que des Suisses et surtout plusieurs citations d'auteurs allemands, dont les écrits et les noms ne sont probablement pas connus des Français; quelques fois même, en laissant subsister les emprunts qu'il leur faisait, il a jugé superflu d'en indiquer les sources que trouveront dans l'original allemand ceux qui désirent les connaître.

Je me suis permis de proposer moi-même a M. Wyss quelques autres coupures qui me paraissaient convenables, et il y a consenti, d'autant plus volontiers , qu'elles ne portaient sur aucun objet essentiel. Je crois pouvoir affirmer avec lui que son Voyage, si instructif, si agréable à tant d'égards , est aussi complet qu'il puisse l'être.

Les digressions qu'on pourrait encore lui reprocher ne sont cependant pas dépourvues d'intérêt ; elles se rattachent ou à l'histoire nationale, à la connaissance des mœurs et des usages, ou aux sciences naturelles qu'elles servent à enrichir d'observations et de faits nouveaux.

Lorsqu'on voit tant d'étrangers affluer dans notre patrie, la parcourir dans tous les sens, en admirer les beautés jusques dans leurs moindres particularités , il est permis de se flatter qu'ils ne seront pas fâchés de trouver dans cet ouvrage, destiné a leur faire connaître un pays aussi intéressant que YOberland bernois, tous les détails, qui sont de nature à augmenter leurs jouissances.

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