Suivant cet auteur la région la plus élevée
est aussi la limite des neiges, au-dessus de laquelle on trouve cependant encore des localités particulières, où dans des années chaudes croissent non seulement des ly eh ens et des mousses , mais aussi des plantes d'une organisation plus parfaite. Il place cette limite des neiges sur nos Alpes suisses , à la hauteur de 8200 pieds au-dessus de la mer , tandis qu'en France et dans la Chili elle s'élève à 9600 pieds, aux limites de la zone torride à 12600 , et sous Féquateur même jusqu'à 13,404 pieds.
2. La région supérieure des Alpes , est la seconde division , mais ses limites inférieures ne peuvent se fixer qu'avec beaucoup de difficulté. Son extrémité supérieure touche aux neiges éternelles. Sur quelques-unes de ses montagnes se trouvent les habitations les plus élevées , ces petits hameaux, et ces chalets qui ne sont occupés que pendant 2 ou 6 semaines , par les pâtres , à l'époque du pâturage. On y rencontre encore des amas de neiges isolés dans des lieux profonds et ombragés.
3. La région inférieure des Alpes s'étend depuis la précédente jusqu'à celle où commence la végétation des arbres. Elle contient les pâturages alpestres , les plus beaux et les plus riches , ainsi que les habitations qu'on pourrait nommer moyennes et qui y sont très-nombreuses.
4. A peu près à 2700 pieds en ligne perpendiculaire au-dessous du domaine des neiges , se présente la région des arbres , où l'on voit déjà de grands sapins isolés, sous le large ombrage desquels îe bétail cherche un abri pendant les orages , et qui
portent en effet le nom de sapins d'orage , on de sapins d'abri , ( Wettertannen , Schirmtannen). Les plantes alpestres y croissent encore en grande quantité , mais les habitations d'hiver sont situées plus bas , à peu d'exception près , telles que Urscren et M un en.
5. En descendant de la région des sapins dans celle où croissent les hêtres , on entre dans la région subalpine. C'est là où l'on commence à récolter des foins , et où se trouvent les habitations inférieures des pâturages alpestres , ou les chalets inférieurs , (Vorsassen). Mais le degré d'élévation , où les hêtres peuvent végéter, varie infiniment sur les différentes montagnes de la Suisse. Sur le Righi et sur d'autres monts des cantons de Schwytz et d'Un ter walden , on en trouve encore à la hauteur de 4072 pieds au-dessus de la mer.
6. On arrive ensuite dans la région supérieure des montagnes qui produit déjà des noisettiers , des ormeaux , des tilleuls , des érables , des cerisiers , des chênes et même des poiriers.
7. La région inférieure des montagnes, se distingue par la croissance du noyer , qui dans les cantons de Schwytz 5 Uri et Unterwalden prospère encore à la hauteur de 2724 pieds au-dessus de la mer et dans FOberhasli à ceJle de 2835 pieds. Ici la poirier et le pommier atteignent toute leur perfection et sont très-abondans.
8. Enfin on descend dans la région de la vigne y qui croit au bord du lac de Zurich jusqu'à la hauteur de 17.00 et sur le lac de Thun jusqu'à
celle de 1800 pieds. Cette plante y produit des fruits qui , s'ils ne sont pas très-bons , mûrissent au moins et peuvent être employés à faire du vin.
Nos lecteurs peuvent trouver toutes ces observations infiniment plus détaillées , sous le rapport de la botanique > dans l'ouvrage même de Wahlenberg: De Vegetatione et climate in Helvetia septentrionali inter Jlumina Rhenum et Arolam , Turici 1813. Il nous suffit d'en avoir donné ici de légères indications , qui peuvent être appliquées non seulement à la première de nos petites cartes, mais encore à plusieurs des subséquentes.
Nro. 2.
Dessin graduel des hauteurs de quelques montagnes et endroits remarquables , particulièrement dans VOberland bernois.
Dans les derniers teins on a sû lier une foule d'observations intéressantes sur la physique , l'histoire naturelle , la géologie , et même sur la nature humaine , à celles (Jue l'on a faites sur les différentes hauteurs de la terre et de ses montagnes. C'est ainsi qu'on a découvert un trésor de connaissances , presque tout-à-fait inconnues aux anciens. Il y a peu de points sur le globe où de pareilles recherches pourraient être plus importantes et plus attrayantes qu'en Suisse. . Ici l'on peut , en suivant ieès traces et les indications de Saussure , Traîles , Weiss , Ebel , Wahlenberg et d'autres savans ,
faire une riche moisson de remarques essentielles , en observant les faits nombreux , que l'on a sous les yeux.
Nous nous bornerons à fournir quelques matériaux qui se rattachent à notre dessin graduel et que nous offrons aux voyageurs , d'après le plan de Mr. Sigismond Wagner de Berne , et les indications numériques qu'il a rassemblées. Nous devons cependant les faire précéder de quelques observations générales , après lesquelles nous donnerons trois ou quatre tabelles, qui serviront de complément , et de points de comparaison à notre feuille.
On ne trouve chez les anciens géographes grecs et romains que des notices très-vagues et peu suffisantes sur les hauteurs des montagnes. Quelques fois ils tombent, à Fenvi des poètes, dans les plus grandes exagérations à cet égard , d'autres fois ils , les ravalent d'une manière surprenante. Plutarque par exemple dans sa vie de Paul Emile , rapporte d'après l'assertion des géomètres , que la hauteur d'aucune montagne , ni aucune profondeur de la mer ne surpasse l'étendue de dix stades. S'il parle du petit stade d'Aristote , cette somme ne comporte que 3120 pieds , tandis que le fameux Mont Olympe , dont la hauteur est de 6093 pieds , suivant Bernouilli , serait presque du double plus élevé. Si l'on admet le grand stade , ou stade Alexandrin d'environ 114 toises , (proprement 114 toises ,9 pouces, 73Aq lignes), on arrive à 6840 pieds, ce qui n'atteint pas encore la limite des neiges.
Jos. Simmlcr dans son savant ouvrage De Aljjibus , a rassemblé d'une manière piquante , quelques-unes des opinions des anciens , sans omettre les allégués de Polybe dans Strabon, où i! compare toutes les hautes montagnes de l'Olympe ? le Felion, rOssa y le Taygete , l'Haemus avec les Alpes et prétend que l'on pourrait gravir toutes les premières dans un jour , tandis qu'il en faudrait au moins 5. pour parvenir au sommet des dernières. — Mais on sent facilement comment de pareilles données sont insuffisantes, pour la mesure des hauteurs. Il était réservé à la géométrie des âges recens , au perfectionnement des instrumens trigonométriques, et à l'invention du baromètre de jetter des lumières plus satisfaisantes sur cette partie de nos connais--, sances. Il a fallu cependant encore bien du tems pour obtenir des observations exactes, et le père Kircher ou Rirchner , s'est trompé au moins de 45,000 pieds , lorsque voulant indiquer la hauteur des montagnes d'après la projection de leurs ombres , il donne au pic des isîes de Canaries , ceîîe de 60,000 pieds , tandis que les plus hauts mesura* ges barométriques du père Feuillée ne portent Fêlé* vation de cette sommité qu'à 2213 toises, soit 13,278 pieds.
Cependant cette même montagne nous prouve combien les sciences et les arts sont encore de nos jours insuffisans , lorsqu'il s'agit de déterminer les hauteurs , quoique des géomètres expérimentés ayent entrepris de le faire avec le plus grand soin et de diverses manières.
Humboldt dans son Voyage dans les régions équinoxiales du nouveau continent , (vol. I. p. 435), rapporte 14 mesurages différens du pic de Ténériffe, qui différent de 1700 jusqu'à 2600 toises les uns des autres. Il a accordé à trois d'en tr 'eux assez de confiance , pour qu'il croye pouvoir déterminer la véritable hauteur de cette sommité à la moyenne de ces trois nombres , savoir à 1909 toises , soit 11,454 pieds. Si une telle diversité a pu exister à l'égard d'une montagne aussi importante à la navigation et qui a été si souvent mesurée , combien le plus grand nombre des calculs de hauteurs des montagnes de la Suisse ne doit-il pas être vague et incertain ! Plusieurs d'entre elles ont à peine été mesurées une seule fois , souvent elles ne l'ont été qu'au moyen du baromètre ou très-superficiellement ou avec des instrumens imparfaits. L'élévation du Montblanc , dont on s'est le plus souvent occupé, est indiquée par André de Gy de 14892 pieds ; par Tralles de 14793 ; par Schuckburgh de 14691; par Saussure de 14676; par Pictet de 14556; par Sennebier de 14514; par de Luc de 14346. Mr. de Lindenau rabaisse même ce colosse jusqu'à 13566 pieds , et dans un autre endroit à 13356 pieds ; Facio l'avait déjà porté seulement à 13275 pieds. — Les calculs de ces géomètres sont souvent indiqués diversement dans différens ouvrages. Ainsi Tralles dit que Schuckburgh donne au Montblanc 14700 pieds de hauteur , (voyez son ouvrage sur Y Elévation des montagnes les plus connues du canton de Berne ^ à Berne 1790) . et Ebel cité le même auteur comme ayant admis celle de 14446 pieds. Outre ceux
îà, je connais encore quatre autres calculs qui ont été faits d'après les formules de Bouguer , de de Luc, Trembley et Laplace , et qui donnent chacun des résultats différais. Je renvoyé à cet égard au nouvel ouvrage de Miltenberg Sur les hauteurs de la terre, etc. (Francfort sur le Mayn , ISIS in 4.), que j'ai cru pouvoir suivre avec toute confiance , à défaut de meilleurs , en raison des nombreux rapprochemens que Ton y trouve.
Puisqu'il y a autant de divergence entre des savans aussi célèbres , à l'égard du Montblanc , la plus renommée et la plus visitée de toutes les montagnes , nous n'adopterons qu'avec beaucoup de discrétion les indications des hauteurs des autres sommités de la Suisse , et nous nous garderons bien de mettre de l'opiniâtreté à accorder la préférence à l'une plutôt qu'à l'autre.
Nous n'exagérerons cependant pas notre scep* ticisme , là où l'on a pris des mesures trigonomé* triques , comme Tralles l'a fait pour les 13 mon* îagnes de l'Oberland , dont il fait mention dans son, ouvrage que nous avons cité plus haut. Mais quant aux élévations qui n'ont été indiquées qu^ d'après des mesurages approximatifs ou qui n'ont été mesurées qu'au moyen du baromètre , quoique avec soin et plus d'une fois , nous n'y ajoutons pas une fois implicite et nous permettrons volontiers qu'on Jes augmente , ou qu'on les diminue de 100 ou 200 pieds j sans nous en formaliser.
On a commencé à observer avec plus d'atten- tion les hauteurs des montagnes de la Suisse de-
puis que Scheuchzer parmi les indigènes , et Cassini parmi les étrangers , ont publiés leurs ouvrages. Dès-lors Walser , Mariotte , Micheii > Pfyffer et d'autres , s'en sont occupés avec plus ou moins de zèle , jusqu'à ce, qu'à l'époque la plus récente, Muller d'Engelbcrg , Weiss de Strasbourg 7 Ebel et Escher , se soyent acquis de nouveaux mérites à cet égard , soit par de nouvelles données , soit en faisant connaître et en rassemblant celles que l'on avait fournies auparavant. En même tems Studer et Relier , de concert avec Ebel et Weiss ont consacré leurs peines à rectifier les/ dénominations et à livrer des dessins plus soignés et plus exacts, avec assez de succès. Je laisse ici de côté ce qui concerne la minéralogie et la géologie.
Grimer dans le 3e vol. de son ouvrage Sur les glaciers de la Suisse, p. 18, a déjà donné un tableau comparatif des hauteurs des montagnes étrangères ; il accorde une estime particulière aux raesurages de Micheii , rédigés pendant qu'il était prisonnier à Aarbourg. Ils furent publiés à cette époque dans une Vue des contours des hautes montagnes de la Suisse , qui ne se trouve plus dans les librairies ni dans le commerce , sans qu'on ait lieu d'en regretter la perte. Il parait que les calculs de Micheii étaient tous beaucoup trop exagérés. C'est ainsi qu'il estimait la hauteur cîn Wetterhorn à 14616 pieds , celle du Schreckhorn à 16344 , et celle de la Jungfrau à 16020 pieds , ce qui parait erroné non seulement dans le fait, mais aussi dans les rapports réciproques de ces sommités puisque généralement
lement la JungfraUj passe pour avoir au moins 200 pieds d'élévation de plus que le Sehreckhorn.
Mais je passe à quelques tableaux comparatifs , qui pourront être placés utilement à côté du dessin graduel de notre carte Nro. 2', dussent-ils même s'en écarter quelques fois. Ils pourront donner lieu à diverses observations qui feront plaisir à quelques lecteurs. Nous avons désiré de présenter à l'oeil un aspect rapide et commode de l'élévation graduelle des hauteurs les plus remarquables. Nous laissons au génie inventif de quelque artiste national , le soin d'en exécuter un dessin plus pittoresque, dans le genre de celui de Goethe (Hauteurs de l'ancien et du nouveau monde, TVeimar 1813). Nous avons trouvé la manière de Mechel trop diffuse dans son Tableau des hauteurs principales du g lobe. . publié à Berlin 1816. Celle de Humboldt, qui ne donne que de simples contours s dans sa belle feuille intitulée : Géographie des plantes sous les tropiques , à Paris 1805 ? ne nous a pas paru assez claire. Nous avons préféré de donner à notre dessin la forme de marches d'escalier, qui peut être exécutée sur une plus grande échelle , dans les interstices de laquelle , on pourrait insérer plusieurs des indications ci -après qui n'ont pu y trouver place.
Hauteurs et profondeurs de quelques productions de l'industrie humaine et de quelques monumens des arts.
(Les mesures sont indiquées autant que possible en pieds de roi.)
L'homme , en observant , en dirigeant . en per-
fectionnant toute la nature terrestre , parvient suivant la loi de Dieu , qui ordonne , que la terre lui soit soumise , à dépasser toujours plus par ses forces , ses facultés , son industrie et sa science , par la fermeté et l'énergie de sa volonté, les bornes du monde extérieur qui l'environne. Quelques chétives que soyent d'ailleurs les oeuvres de ses mains , il est cependant parvenu à s'élancer audessus de toutes les hauteurs de la nature, que l'on a pu calculer avec quelque certitude , et à pénétrer dans Fécorce de la terre , plus avant qu'aucun gouffre naturel , à moins qu'on ne veuille considérer avec Ebel , les montagnes , avec leurs vastes vallées , comme des fentes de cette écorce.
Gay Lussac s'est élevé dans un ballon aérostatique à 3600 toises au-dessus du niveau de la mer . . . 21600 pieds
M. de Humboldt a monté sur le Chim-
borasso jusqu'à la hauteur de . 18138 — -
La coupole de l'église de St. Pierre à
Rome est élevée de . . . 487 — Suivant quelques observateurs la pointe de la croix au-dessus de cette coupole a 503 pieds d'élévation.
La plus haute des pyramides d'Egypte à
Ghize, Cheops .... 448 —
La tour de St. Martin à Landshut . 454 — -
La tour de la cathédrale de Strasbourg 445 — (Suivant d'autres 494 et 438)
La tour de St. Etienne à Vienne . 425 —
La haute tour de Salisbury en Angleterre 410 —
La tour de St. Michel à Hambourg . 402 pieds
La tour de St. Pierre, ibidem . . 367 — La tour de la cathédrale de St. Nicolas à
Fribourg en Suisse . . . 365 ■•— -
La tour du château à Dresde . . 355 — »
L'église de St Paul à Londres . . 338 — -
La pointe du dôme à Milan . . 336 —
La tour de la cathédrale à Basle . 250 —
Le monument à Londres . . . 202 — La tour de la cathédrale à Berne est élevée au-dessus de la platte-forme à sa
plus haute pointe , de . . 191 — • La tige nue de quelques espèces de palmiers atteint la hauteur de 180 pieds. Anciens monumens de briques près de
Cholula dans la nouvelle Espagne 172 — De pareils monumens près de Tecti-
huacan . . ■ . . . 170 -—
La colonne Trajane à Rome . . 135 —
L'obélisque du Lateran , ibidem . 133 —
L'obélisque de la place St. Pierre, ibid. 124 — •
La colonne Antonine 3 ibidem . 117 —
La colonne de Pompée près d'Alexandrie 114 — La plus grande profondeur , à laquelle on ait pénétré dans les mines , est
évaluée à 3000 —
Hauteur de quelques cascades.
Le Staubbach dans la vallée de Lauter-
brunnen . . ... . 925 pieds
Nant d'Arpenas dans la vallée de Cha-
mouni . . . . . . 800 pieds
La chûte de la Tosa sur le Gries dans la
vallée de Formazza . . . 600 — La chûte du Tequendama dans l'Amérique espagnole .... 540 —
Pissevache ou Sallenche dans le Bas-Val-
lais . . . . de 270 à 300 —
La chûte du Niagara dans l'Amérique
septentrionale à peu près . . 200 — La chûte supérieure du Reichenbach près
de Meyringen .... 200 —
La chûte de la Linth au pont du Panten-
bruck , dans le canton de Glaris 196 — Hauteur perpendiculaire de la chûte de la
Reuss au pont du Diable . « 100 — Cataracte du Rhin près de Schaffouse
de 75 à 80 —
Je ne me souviens pas d'avoir vu nulle part une indication de la hauteur de la superbe chûte de l'Aar près de la Handeck sur le Grimsel; elle peut avoir de 150 à 200 pieds de haut.
Hauteur de quelques lacs de la Suisse.
Ici les données sont si vagues, que nous avons cru devoir en alléguer souvent plusieurs pour le même objet. Il est intéressant de comparer la hauteur de nos lacs avec celle des lacs du Mexique, qui
sont situés dans des plaines fertiles et de 7000 à 7100 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Le Trùb-See sur la montagne du Joch ,
dans le canton d'Unterwalden . 6720 pieds
Le Todten-See (lac mort) , sur le Grim-
sel . . . . . ' 6600 à 6630 ~~
Le lac d'Oberalp près d'Andermatt , dans
la vallée d'Urseren . . . 6224 —
Lac près de l'Hospice du Grimsel . 5778 —
(Dans la partie la plus reculée de son étendue , il a 62 pieds de profondeur).
Lac sur le mont Pilate . . . 5625 — Lac d'Oberblegi , dans le canton de Gla-
ris . . . . . . 4420 —
Lac de Joux , dans le Jura de 3004 à 3054 —
(Sa plus grande profondeur est de 150 pieds).
Lac de See-Alp , dans le canton d'Ap-
penzell . . . . . 3052 —
Lac de Brez ou de Bray , dans le canton
de Vaud . . . . 2121 — .
Lac de Lungern , dans le canton d'Unterwalden ..... 2320 —
Lac de Brienz à peu près . . 1790 — (Sa plus grande profondeur est estimée à 1000 pieds).
Lac deThun, suivant les uns 1787, peutêtre plus exactement . . 1780 — *
(De nouvelles mesures faites par des ingénieurs français ne lui ont donné que 1756 pieds. Sa plus grands
ro
profondeur près du Nase est estimée de 700 à 720 pieds).
Lac de Sempach environ . . 1590 pieds
Lac des quatre cantons , (sa profondeur va jusqu'à 900 pieds , et à quelques endroits on n'a pa pu la sonder).
Suivant les uns sa hauteur est de 1314 à 1320 pieds. Weiss lui en donne 1392. Trembley et Keller 1350, et les mesures des ingénieurs français 1358 —
Lac de Morat , dont la profondeur est de
162 pieds . 1322 — 1330 — 1344 —
LacdeNeuchâtel, (profond, dans sa partie méridionale , de 325 pieds ) , suivant Saussure 1320 pieds , suivant Tralles 1340 —
Lac de Bienne , (profond de 220 pieds) , il est situé 8 pieds plus bas que le précédent au-dessus du niveau de la mer , donc suivant Saussure à 1312 , suivant Tralles à . . 1332 —
Lac de Zug , suivant Keller 1320 pieds ,
suivant les ingénieurs français . 1301 — (Près de la ville de Zug il a 180 pieds de profondeur , on dit qu'à l'endroit nommé Wilde Strick , il en a 200 toises).
Lac de Zurich , suivant Usteri 1279 pieds,
suivant les ingénieurs français . 1300 — (Sa profondeur entre Meilen et Au est de 600 pieds).
Lac de Wallenstadt estimé à . . 1299 pieds (Cette indication parait être beaucoup trop basse , de même qu'une autre de 1400 pieds , pourrait bien être trop haute).
Lac de Constance 1089 pieds, suivant les ingénieurs français . . . 1246
(Il est profond de 648 pieds près Môrsburg ; d'après les indications d'Ebel , sa profondeur entre Lindau et Mehrerau est de 363 toises).
Lac de Genève , suivant de Luc 1128 pieds , suivant S chuckburgh 1 1 52 pieds , suivant Pictet . . . . 1134 — -
(Sa profondeur près d'Evian est de 620 pieds, et près des rochers de Meilleries de 950 pieds).
Lac de Lugano .... 882 — Lac de Corne , suivant les uns 693 pieds,
suivant d'autres . . . 65b — Lac majeur , suivant Pini 762 pieds , suivant Oriani 646 Yi pieds , suivant Saussure . 636 —
(Sa profondeur près de la chapelle de la Bardia est de 335 pieds).
Hauteur de quelques passages de montagnes , en Suisse et dans les pays limitrophes.
Le Joratj derrière Lausanne . . 2772 pieds
La Hulftegg , entre le canton de Zurich
et le Toggenbourg . . 3250 pieds
L'Etzel , entre la vallée de la Sihl et le
lac de Zurich . . . . 3310 — La Bramegg dans l'Entlibuch . . 3420 — Le Brùnig , entre la vallée de Hasli et
Unterwalden . . 3114 à 3579 — Le Hacken, entre Schwytz etEinsiedien 44/0 — La Dent de Jamant, entre le canton de
Fribourg et celui de Vaud . 4572 — Le Bragel, entre Schwytz et Glaris 5160 — Le Joch ou Jauchli, entre la vallée d'En-
gelberg et le Melchthal . . 5560 — La Reulissen , entre la Lenk et Lauenen 5590 — Le Luckmanier dans les Grisons . 5740 — Le Spliïgen dans les Grisons . . 5928 — ■ La grande Scheideck , entre Grindelwald et Hasli , suivant Keller 5830 , suivant d'autres 6284 , suivant Tralles 6045 — Le Col de Calmot, entre la vallée d'Ur-
« seren et les Gj'isons . . . 6054 — Le Simplon dans le Haut-V allais . 6174 — • La Scheideck du Wengen-Alp , suivant
Keller 6260 , suivant d'autres . 6284 — Le mont Cenis , entre la France et le
Piémont 6360 —
Le St. Gothard , hauteur du passage ,
suivant Tralles 6357, . . 6390 — Le Grimsel , hauteur du passage , suivant
Tralles 6570 , suivant d'autres . 6604 — (Elle, paraît esimée trop bas).
Le petit St. Bernard dans le Piémont 6750 —
Le mont Julier dans les Grisons . 6830 pieds Le Joch , entre la vallée de Genteln et
celle d'Engelberg . . . 6952 — La Gemmi , entre le Kandersteg et les
bains de Loësch , suivant Tr ailes 6985 — Le Col de Balme, entre Chamouny et le
Vallais ; . . . . 7086 — Les Surènes, entre Engelberg etUri 7132 ou 7215 — LeSasten. entre la vallée de Gadmen et
Uri .... 7180 ou 7322 — (D'après les nouvelles mesures de Frey 6981 pieds.) Le G ries dans le Haut-V allais . 7336 — Le Ravil, entre la Lenk et le Vallais 7532 — Le grand St. Bernard dans le Bas- Vallais,
hauteur du couvent . . . 7548 — LeFurka, entre le Haut-V allais et lêSSt.
Gothard . . . . . 7795 — Le passage du Matterhorn , ou Col du
mont Cervin en Vallais . . 10284 — Le Col du Géant à côté du Montbîanc , dans la vallée deChamoimy , passage fermé depuis long-tems par les glaces . . . . . ' , 10518 —
Hauteur de quelques endroits , villes et villages en Suisse et dans son voisinage.
Bellinzone , suivant les uns 696 pieds , /
suivant d'autres . . . . 711 pieds Basle . . . , . 890 —
Aarau ....
ll40 Dieds
Genève ....
Yverdon, suivant les uns
Zurich .
Soleure ....
Bex dans le Pays de Vaud
Morat ....
Martigny en Vallais .
Lausanne .
Berne au bord de FAar 1560
, près de
l'hôpital , suivant Tralles
(Le point le plus élevé sur le grand bastion, suivant Trechsel 1792 pieds).
Sion en Vallais . . . . 1746 —
Thun . . . 1780 — 1788 —
Meyringen , suivant quelques-uns 1818 , suivant d'autres 1852 ^ et suivant d'autres encore .... 1935 —
Hasli im Grund .... 2030 —
St. Gall ...... 2086 —
Le Bourg d'Appenzell . . . 2135 — Lauterbrunnen , suivant Tralles . 2450 — Geissholz , village sur le mont Kirchhet
dans la vallée de Hasli , suivant Frey 2470 — Zweysimmen , suivant Relier 2820 pieds,
suivant d'autres . . . 2828 — Einsiedeln . . 2744 — 2938 — 2974 — Rougemont ..... 3036 —
Vallée du lac de Joux . . . 3054 — Chaux-de-Fonds dans le Jura . 3075 — Trachsellauenen au fond de la vallée de Lauterbrunnen »... 3079
Gessenay, suivant Keller 3090, suivant
Ebel 3108 pieds
Grindehvald , suivant Tralles . . 3150 —
Prieuré de Chamouny . 3144 — 3150 —
Engelberg dans le canton d'Unterwalden 3180 — •
Guttannen sur la route du Grimsel 319S — (D'après les nouvelles mesures de Frey 3297).
Village de Saxeten dans l'Oberîand bernois^ d'après les mesurages barométriques de M. le haut-forêtier Kasthofer 3359 —
Village de Habkeren aussi dans l'Oberland bernois , d'après le même 3360 —
Geschinen sur la partie septentrionale de
la route du St. Gothard 3396 — 3450 —
Airolo sur la partie méridionale de la
route du Gothard . . . 3540 —
Village de Eisenfîuh sur les montagnes audessus de Lauterbrunnen , suivant Kasthofer . . . ? 3675 —
Pommât sur la montagne du Gries dans
la vallée de Formazza . . 3888 —
Tschangnau dans l'Emmenthal s suivant
Keller . . . . . 3990 —
Village de Wengen sur les montagnes de Lauterbrunnen , suivant Kasthofer 4011 —
Village de Gimmelwald , ibid. , suivant le
même . . . . 4090 —
Obergestelen dans le Haut-Vallais , 4100 —
Village et vallée de Gadmen , dans
l'Oberhasli . . . 4128 — 4146 pieds (Suivant les nouveaux mesurages de Frey 3707).
Bains deLoësch dans le Vallais . 4404 — I/Aar à la Handeck sur la route du
Grimsel . .... 4421 ~~ Le village de Simplon , sur la montagne
du même nom . . . . 4548 — Village d'Urseren ou Andermatt sur le
Gothard . . . 4356 — 4446 — Village de Hospital sur le Gothard
4542 — 4566 — Couvent sur le Riglii . . . 4660 — La vallée de Meyenthal dans le canton
d'Uri , près Fâhringen ou Fernigen 4700 — Hinterrhein, village des Grisons 4770 — 4810 — La vallée d'Urseren sur le Gothard près
de Réalp 5000 —
Village de St. Pierre sur le grand St.
Bernard dans le Vallais ... . 5004 — Village de Mïirren sur les montagnes de
Lauterbrunnen , suivant Kasthofer 5156 — Silva plana dans le Grisons , suivant
Keller ..... 5580 — Hospice sur le Grimsel . 5628 — 5778 — (Suivant les nouveaux mesurages de Frey 7887).
Village d'été de Brueil dans le val Cervin
en Piémont . ... 6162 — -
Que Ton compare avec ce qui précède, les hauteurs encore beaucoup plus considérables de quelques endroits en Amérique, tels que la ville de Me, xico , près du couvent des Âugustins 7062 pieds. Santa Fé di Bogota 8082. Quito 9036. La ville de Micuicampa dans le Pérou 10950. La ferme d'Antisana sur les Andes 12606 ! Ce dernier lieu est probablement le plus élevé , qui soit habité par des hommes , sur la globe.
Hauteur de quelques montagnes de VOberland bernois.
Pour ne pas donner ici une liste trop longue de hauteurs de montagnes , nous nous bornerons à en citer quelques-unes des plus importantes de notre globe , entre lesquelles nous insérerons ça et là , celles de nos montagnes suisses , afin qu'on puisse faire des comparaisons. Plusieurs sommités de l'Oberland bernois y seront indiquées suivant les nouvelles mesures de M. l'ingénieur Frey , qui ont été commencées depuis quelques années sous la direction de M. le Professeur Trechsel , par ordre du Gouvernement du canton de Berne , mais dont tous les calculs n'ont pas été revus , ni confirmés par de nouvelles opérations.
M. de Humboldt , dans sa feuille : Sur la géographie des plantes , que nous avons cité plus haut , établit les élévations suivantes. Les plus petits nuages à 24000 pieds. Le Chimborasso à
20148 p. Il a vu voler un condor , ou grand vautour des Cordillières à la hauteur de 20004 p. audessus du niveau de la mer. Cayambe-Urcu 18330 p. Antisana 17958 p. Cotopaxi 17712 p. La montagne de St. Elias , dans l'Amérique septentrionale , 16974 p. Popocatepetel , dans la nouvelle Espagne 16584 p. Le pic d'Orizava 16332 p. Le volcan de Tungarahua 15264 p. Rucu - Pichincha 14988 p. Le Montblanc 14700 p. Les bancs de coquillages pétrifiés à Huankavelika 13368 p. Le Grand-Glockner dans le Tyrol 12000 p. Le mont Perdu dans les Pyrénées espagnoles 10578 p. L'Aetna 10278 p. Le Watsmann , dans le pays de Salzburg 9054 p. Le Canigou , dans les Pyrénées françaises 8762 p. Le Gothard, (sommité de Pettina) 8382 p. Le Vésuve (en 1793) 3630 p. \ (en 1805) 3054. Le Brocken dans les montagnes du Harz 3270 p. Le montHecla en Islande 3120.
Nous n'ajouterons à ces indications que celles de l'élévation de quelques hautes montagnes , qui d'après des calculs , ou une évaluation approximative , surpassent celle des sommités de l'Oberland, ou en approchent du plus au moins. Nous citerons en même tems, d'après Miltenberg5 les plus hautes cimes connues de tous les pays.
A. En Europe.
Dans les Appennins le Gran Sasso ,
(royaume de Naples) . . 8255 pieds
Loucyra dans les Alpes Cottiennes ?
(Dauphiné etc.) . . , 13548 —
Le mont Cenis , entre la Savoye et le
Piémont 11058 pieds
I/'Iseran , entre le mont Cenis et le grand
St. Bernard . . 10800 ~ 12403 —
Aiguille du Géant au Montblanc . 13044 —
Aiguille d'Argentière . . . 12564 —
Dent du Midi dans le Bas-Vallais , suivant Saussure .... 9805 —
Mont Breven , vis-à-vis du Montblanc ,
suivant Saussure . . . 7836 —
MontCervin , ou Matterhorn en Vallais,
suivant le même . . . 13854 —
Combin , au nord- est du grand St.
Bernard 13252 —
Mont V élan , la plus haute pointe du grand St. Bernard , -d'après Saussure . . . . . 10391 —
Mont Rosa , entre le Piémont et le Vallais , d'après Saussure . . 14580 —
Le Galenstock sur le Gothard au nord
de la Furka , suivant Mùller 11280 —
Le Legnone sur le lac de Corne , suivant
Pini 8640 —
Les Diablerets dans le Bas-Vallais , suivant Wild .... 9682 — {On les estime même à 11092 p.)
La Dent de Morcles , ibid. , suivant le
même .... . 8951
Le Molesson près de Gruyère . 6181 —
Le Titlis près d'Engeîberg 5 suivant Miïl-
ler ..... 10117 —
Le Pilate près de Lucerne , suivant Pfyf-
fer 7080 , suivant Mùller . . 6562
La plus haute pointe du Lâgerberg près
Regensberg , suivant Wahlenberg 3603
Le Sentis dans le canton d'Appenzell ,
suivant le même . . . 7671
La cime du mont Righi , suivant Usteri
5731 , suivant Wahlenberg . 5555
Le Dodiberg , entre le canton de Glaris
et les Grisons , suivant Mùller 11110
•Le Glârnisch , suivant le même . 8925
Stella dans les Grisons au nord de Splùgen, suivant Bergmann . . . 10485
Le Piz Valrhein dans les Grisons , suivant Placide a Specha . . 10220
La pointe de POrtler (Ortlerspitze) dans
le Tyrol , suivant Gebhard . 14416
Le Grossglockner clans le pays de Salzburg j suivant de Moll 12978 3 suivant Schiegg . . . . 11982
Le Dachstein , sur le Hallstâdter Schnee-
berg en Autriche . . . 8937
La pointe de Lomnitz , sur les monts
Carpates , suivant Rumi . . S100
La Schnee -Koppe , sur le Riesengebirg,
suivant de Gersdorf . . 4920
Le Schwarzv/ald sur l'Erzgebirge 3870
Le Brocken , suivant la plus haute évaluation de Placide Heimïch . 3562
Le grand Feldberg , sur la chaîne du
Tauaus 2605
Le Feldberg , dans le Schwarzwald (Forêt noire), suivant Bohnenberger 4386 pieds
Le Ballon de Sulz , ou simplement le Ballon , dans les Vosges , suivant André de Gy . . 4368 —
Le Marchairu dans le Jura , au canton
de Vaud , suivant Saussure . 5386 —
(Dans Falmanach helvétique pour l'an 1815 on ne lui donne que 4383 pieds).
Le mont Tendre dans la même chaîne
du Jura
La Dent de Vaulion, ibid. , suivant Saus-
La Dole , ibid. , suivant le même .
Le Chasserai, dans le Jura , près du lac
de Bienne , suivant le même
La Hasenmatt , près Soleure , suivant
Tralles .....
Le Pitton , la plus haute pointe du mont
Salève près Genève .
Le chalet sur le Weissenstein près de
Soleure , suivant André de Gy
La Gyslifluh près d'Aarau , suivant Tral-
les ......
Le mont Mezin , la plus haute sommité
des Cévennes , en France
Le Vignemale , la plus haute sommité
des Pyrénées françaises , suivant Vidal . . . . 10332 —
Le Cumbre de Mulhazem, dans les montagnes de la Grenade en Espagne 11Q81 —
te sommet des montagnes de Guada-
rama . . . . . 8000 pieds
Le Snowden, dans le pays de Galles en
Angleterre . . . . 3346 —
Le Ben Newis , en Ecosse . . 4108 —
Le Macgillyeuddys-Reeds , en Irlande 3193 —
Le Wester-Jokull , en Islande , suivant
Borda 4424 —
Le Sule-Tind, en Norwége . . 5524 —
Le Schneehâttan , en Suède . , 7620 — B, Èn Asie,
Une des sommités du mont Imaùs , dans
le Thibet , suivant Crawford . 23424 — (Suivant le Journal de Phys. 22917).
L'Ophyr , dans Fisle de Sumatra , suivant Pinkerton . . . 12976 —
La plus haute sommité du Masis ou
mont Ararat . . . . 12000 —
L'Ellbrus dans la chaîne du Caucase 9000 —
Tumel Mezereb , la plus haute sommité
du mont Liban , en Syrie . 8946 —
Le mont Sinaï en Arabie , entre 5000 et 6000 — C En Afrique.
Pic de Teyde , dans Fisle de Ténériffe ,
suivant Bouguer . . . 12429 — (Suivant Jonstone 11394; suivant Cordier 11406 pieds etc.)
La plus haute sommité du mont Atlas , dans le royaume de Maroc , est estimée . .... 12000 —
Le Tafelberg (la Table), sur le Cap de
bonne Espérance , suivant La Caille 3666 —
D. Dans l'Amérique méridionale.
Le Chimborasso , suivant Don Juan
20280 , suivant Bouguer . . 19320 pieds (Les autres sommités remarquables ont déjà été indiquées plus haut y d'après M. de Humboldt).
E. Dans l'Amérique septentrionale.
Le grand Pic , sur les frontières de la Louisiane et du nouveau Mexique ,
suivant Pike 18581 —
(Voyez les indications ci-dessus ).
Le Washington dans les États-Unis de
l'Amérique 9379 —
Le Waitshills , ibid. . . . 7316 —
F. Dans les Indes occidentales.
Les Montagnes bleues dans Fisle de la
Jamaïque 5828 —
Le Volcan sur la terre souffrée dans la
Guadeloupe. . .... . . 9794 —
G. Dans les terres Australes.
Mowna Roah dans Fisle d'Owaïhi , Tune des isles de Sandwich , suivant Horner . 13524 —
La montagne d'Egmont dans la nouvelle
Zélande 3 suivant Forster. . 14370 —
Une de montagnes de Tisle d'Otahiti ?
suivant le même . . . 10230 —
Si cette liste est un peu longue , c'est parce que nous désirions offrir, autant que possible, à tout voyageur, d'où qu'il vienne, des points de comparaison pour les lieux , qu'il aurait déjà visités , soit avec les montagnes de FOberland, soit avec celles du pays qu'il habite , afin qu'il puisse faire des rapprochemens sous différens rapports. Il pourra encore par ce moyen , en conserver dans sa mémoire une image plus claire. Maintenant nous allons indiquer les hauteurs des montagnes du canton de Berne , en suivant la gradation depuis les plus basses jusques aux plus hautes , et en ajoutant les noms des auteurs qui les ont alléguées , ce qui pourra donner la mesure du degré de confiance que Ton doit y ajouter.
Le Gurten près de Berne , suivant Trech-
sel 2897 pieds
(I/Uetlisberg près de Zurich 2790 , le signal sur l'Albis 2613). Le Zwirgihubel (colline du Zwirgi) , en descendant la grande Scheideck dans la vallée de Hasli , suivant Frey 3042 — Le mont Bantiger près de Berne , suivant
Trechsel . . . . 3239 —
(La partie la plus élevée du Jorât dans
le Pays de Vaud 3018).
(Le mont Pèlerin au-dessus de Char»
donne , ibid. 3831).
Le Napf dans l'Emmenthal , suivant Relier 4950-, suivant Weiss . . 4345 — (Le Wildkirchlein , dans le canton d'Appenzell 4610).
Le Pfaffenkopf à Hasli im Grund, suivant Frey 5738 pieds
(Le mont An vert dans la vallée de
Chamouny 5724).
(Le Mole dans le Faucigny 5735).
Le Wylerhorn , à côté du Brùnig , suivant Mùller . . . . —
La Suleek dans la vallée de Saxeten , d'après une estimation approximative
d'Escher 6240 —
(Le Molesson , suivant André de Gy 6281 pieds).
Le Tannhorn sur le Brienzer-Grat , suivant Wahlenberg . . . 6532 «-*
L'Erzeck ou Balmereckhorn , sur le Hasliberg , (mont de Hasli), suivant Frey 6761 —
Le Stockhorn , suivant Tralles . 6767 —
Le Hohgant , entre Tschangnau et Hab-
keren . . . . . 6834 —
Le Gummgrat sur le Hasliberg , s. Frey 6929
Le Morgenberghorn dans la vallée de
Saxeten , suivant Tralles . . 6990 —
Le Tschingel- ou Kaltbrunnenhorn , visà-vis de Meyringen , suivant Frey 718£ — (La tour d'Ay près d'Aigle 7188 , suivant d'autres 6815 pieds).
Le Rothhorn sur le lac de Brienz, s. Frey 7257 —
Le Niesen , suivant Tralles . . . 7340 — (Le Mondberg près de PfefFers 7396).
LePfrùndlistock dans la vallée de Gadmen,
suivant Frey . . . • . 7684 —
Le Hohenstollen sur le Hasliberg , derrière
Meyringen, suivant le même. . 7688 pieds
Le Lauberstock sur le Hasliberg , suivant
le même 7708 —
( Le mont Breven dans la vallée de Chamouny, 7836).
Le Benzlauistock près de Hasli im Grund ,
suivant le même .... 7809 —
Le Tellistock dans la vallée de Gadmen,
suivant le même . . ... 7964 —
Le Faulhorn entre le lac de Brienz et
Grindehvald , suivant Tralles . 8020 — ( On donne la même hauteur au Schwarzwaldhorn, qui en est voisin).
Le Radlofshorn dans la vallée de Gadmen,
suivant Frey ..... 8067 —
Le Juchliberg ou Jauchli sur le Grimsel ,
suivant le même .... 8094 — (Le Haut Wallenstock dans le canton dUnterwalden , 8080).
Le Hânglihorn au fond de la vallée d'Engst-
len, suivant le même . . . 8146 —
Le Zinken sur le Grimsel, suivant le même 8307 —
Le Heuberg, au passage du Susten, an fond
de la vallée de Gadmen, suiv. le même 8418 —
Le Nâgelis-Grâtli sur le Grimsel, suivant
le même 8609 —
(Suivant Millier, 9975).
Le Sidelhorn au passage du Grimsel, suivant Frey . . . . . 8634 — (Suivant Tralles, 8580 -, suivant Mûl- Ier, 8673}.
I/Engelhorn (peut-être est-ce plutôt le Stellihorn ? ) sur la Scheîdeck de Hasli, suivant Frey . . . 8769 pieds
Le Wildgerst près du Faulhorn , suivant
le même 8923 —
Le Mâhrenhom près de Guttannen, suivant
le même . 9039 —
(Suivant Mùller, 9182).
Le Bromberg sur le Grimsel , suivant Frey 9241 —
Le Wendenstock dans la vallée de Gadmen, suivant le même . » . 9332 (Suivant Mùller, 9476).
Le Wellhorn sur la grande Scheideck ,
suivant Frey 9496 —
(Le Buet en Savoye , 9492 ).
Le Dossen ou Tossenhorn à côté du glacier de Rosenlaui , suivant le même 9684 — « (L'Oldenhorn dans la valLée de Gsteig au Ghâtelet 9530)..
Le Steinhaushorn sur la route du Grimsel ,
près de Guttannen suivant le même 9712 —
Le Hùhnerthalstock dans la vallée d'Ur-
bach , suivant le même . / . 9932 —
Le Gerstenhorn sur la route du Grimsel, près duNâgelis-Grâtu' , suivant le même . . . . . 10037 —
Le Ritzlihorn derrière Guttannen , suivant le même . 10125 — (Suivant Mùiler, 10130).
Le Hangend-Gletscherhorn dans la vallée d'Urbach , suivant Frey . 10164 — (Suivant Mùller, 10070).
Le Steinberg au fond de la vallée de
Gadmen, suivant Frey . . 10286 pieds
Le Sustenhorn postérieur ibid. , suivant
le même . . . . . 10760 —
LeDoldenhorn entre les vallées d'Ôschi-
nen et de Gastern , suivant Tralles 11287 —
La Blùmelis-Alp ou la Frau au fond du
Kienthal, suivant le même . 11393 —
Le Balmhorn entre la vallée de Gastern
et le Vallais , suivant Mùller. 11415 —
L'Altels , ibid. , suivant Tralles . 11432 —
Le Wetterhorn entre les vallées de Hasli et de Grindelwald, suivant le même. . . . . 11453 — - (Suivant Frey, 10466).
L'Eiger ou Eiger extérieur dans le Grindelwald , suivant le même . 12268 —
Les Viescherhôrner ( Pics de Viége ) ,
ibid. , suivant Tralles . . 12500 —
Le Schreckhorn dans le Grindelwald,
suivant le même . . . 12560 —
Le Mônch ou Eiger intérieur dans la vallée de Lauterbrunnen , suivant le même . . . . 12666 —
La Jungfrau ibid. , suivant le même 12872 —
Le Fins ter aarhorn au milieu de la mer de glace , entre Grindelwald , Lauterbrunnen et le Vallais, suivant le même . ... . 13234 — (Suivant Frey, 13176).
La limite des neiges sur les montagnes , suivant MM. de Humboldt et Wahïrnbcrg, commence sous Féquateur , ainsi qu'à 3 degrés au nord et 3 degrés au sud de cette ligne , à la hauteur de 14,784 pieds; mais la neige peut descendre jusqu'à celle de 12,600 pieds. A 20 degrés de Féquateur, cette limite est à 14,166 pieds ; sous la latitude de 35 degrés , elle se trouve à environ 10,800 pieds sous 40 degrés de latitude, à environ 9600 pieds; sous AS degrés de latitude , de 7692 à 7800 pieds. Dans les Pyrénées , elle commence, dit-on, à 2440 mètres ( dont 29 sont égaux à 90 pieds ). Miltenberg lui assigne pour ces mêmes montagnes , la hauteur de 8718 pieds. Humboldt a calculé , que sur les Alpes de la Suisse , la limite des neiges commence sur les montagnes isolées , à la hauteur de 2700 mètres , et sur les sommités dont -l'élévation surpasse 3100 mètres, à celle de 2530 mètres.
Dans le nord de la Suède , cette limite est entre 3100 et 4100 pieds ; mais , par des circonstances particulières , il existe encore de la végétation à 2000 pieds plus haut. Sous Féquateur, la végétation cesse tout-à-fait à la hauteur de 18,000 pieds. Enfin , en Islande , la limite des neiges est à 2100 pieds ; dans le Kamtschatka , à 3500 ; en Silésie , elle doit être à peu près à 6400 pieds ; sur le revers septentrional des Alpes suisses , à environ 7812 ; mais du côté de l'Italie , elle est à 8400 pieds. Ces dernières données sont celles de Wahlenberg.
Nro. 3.
Hou Us de Berne à Thun.
Nous avons été entraînés , peut-être , trop loin dans le commentaire que nous venons de donner sur les deux premières feuilles de notre Atlas. La nudité apparente de leur aspect , d'un côté , de l'autre, la richesse du sujet, nous ont conduit à y insérer plusieurs indications ou observations qui, à rigueur , leur seraient étrangères. Nous pourrons être d'autant plus brefs pour les suivantes , que notre voyage contiendra toutes les explications nécessaires , et que les cartes en elles - mêmes fournissent matière, par l'abondance des objets qu'elles renferment, à d'amples réflexions.
Dans celle que nous avons sous les yeux, on a cherché à diriger principalement l'attention sur les deux routes qui conduisent de Berne à Thun. L'une, qui passe par Mûnsigen , est plus courte d'une lieue que l'autre , qui traverse les villages de Belp et de Kirchrïorf; mais cette dernière est plus agréable sous plusieurs rapports , et plus variée. Cependant, nous conseillerons toujours de choisir la première pour aller à Thun, et de réserver la seconde pour le retour , si l'on doit revenir à Berne. Les plus beaux points de vue de celle-ci se trouvent à Wabern , Mùhlidorf, Kirchdorf , Uttingen et sur le pâturage commun de Thun; sur l'autre route , ils sont à Mûri , Almendingen et sur le Helmberg.
Le dessin du terrain , dans cette feuille , ne présente pas -, dans les ombres , l'exactitude la plus rigoureuse et la plus détaillée , comme , par exemple , pour Kirchdorf et ses environs. Mais cette contrée est trop coupée par des collines et des forêts, pour qu'on eût pu la représenter et indiquer toutes ses variétés avec une entière précision.
Quant à l'orthographe des noms propres , on a suivi presque généralement la prononciation usitée , autant que l'étymologie et la signification des mots ne s'y opposaient pas directement.
L'idiome corrompu du pays , un accent tantôt dur , tantôt négligé , mais consacré par l'habitude 9 intervertissent le plus souvent , encore de nos jours , comme dans les siècles des anciens poètes de l'Allemagne, et des plus antiques monumens delà langue allemande même , les voyelles dont les noms sont composés. Il en résulte une manière de prononcer tellement en usage , que l'on a été, pour ainsi dire, forcé de la suivre dans l'orthographe de plusieurs dénominations de villages. — C'est ainsi que l'on a écrit Mîinsigen, Vechigen , Rubigen , au lieu de Munsingen , Vechingen et Rubingen, qui sont probablement les noms originaires de ces endroits. D'un autre côté, on a conservé la consonne n dans le mot d'Almendingen , qui se prononce aussi Almedingen, parce que la racine étymologique de ce nom paraît l'exiger ainsi. Si l'espace nous le permet , nous donnerons dans notre voyage une petite
dissertation sur les noms propres de notre pays , qui pourra jeter quelques lumières sur cette .partie de la science des langues.
Nro. 4.
Carte du lac de Thun.
Les étrangers et les nationaux seront peut-être frappés , en voyant cette carte , de la petitesse de Fangle que forme ici le lac , au promontoire de la Nase , en la comparant avec d'autres dessins , et même avec la réalité.
Il est possible, en effet, qu'on n'ait pas assez marqué cet angle , et que , peut-être , aussi la direction du rivage supérieur du côté du Lombach ne soit pas aussi verticale; elle aurait dû paraître un peu plus- penchée vers le point d'Oèerkchlen.
Il faudrait de nouvelles mesures bien exactes pour décider positivement s'il y a de Terreur. Mais en verra au premier coup d'œil , que cette feuille contient une grande abondance d'indications et de dénominations. Nous n'aurons donc rien de bien important à y ajouter. Si l'on a omis quelques hameaux , ruisseaux , forêts ou pâturages , c'est en partie à cause des divergences d'opinions entre les personnes qui ont bien voulu fournir les matériaux pour la composer; en partie, parce que le dessinateur n'avait pas parcouru lui-même ce pays-là; et enfin , de crainte de trop surcharger le dessin , et de justifier les reproches qu'on nous a déjà faits à cet égard.
Ainsi que dans la précédente carte, quelques noms propres ont été admis dans celle-ci , tels qu'ils sont défigurés entièrement ou jusqu'à un certain point par la prononciation. Ainsi l'Emdthal (vallée d'Emd) au pied du Niesen est transformée ici en Mehnthal, quoiqu'évidemment elle tire son nom du mot Emd qui signifie regain, seconde récolte du foin. On a adopté aussi les noms usuels de Leissigen et Dârligen, qui s'écrivent dans les aocumens Leensingen ou Leuxingen et Datlingen. Le voyageur préfère de s'en tenir aux dénominations qu'il entend répéter dans le pays ; c'est ainsi qu'elles se gravent dans sa mémoire. Il vaut donc mieux , peut-être , les lui présenter aussi dans une carte , quand même le purisme du langage et l'exactitude géographique paraissent en souffrir.
Le traversée du lac de Thun dure de deux à cinq heures, suivant le vent, le terris et le nombre des rameurs. On en jouira mieux en le remontant le matin, tandis que la soirée est préférable pour le redescendre. En allant de Thun à Neuhaus on côtoyé le rivage au nord-est. L'aspect des villages de Hilterfmgen , Oberhofen , Gunten , Ralîigen , Merligen et de la campagne de Leeraa , fait alors un charmant effet. Depuis Merligen, on peut suivre un sentier assez rude pour se rendre à pied à la caverne de Saint-Beat , et redescendre de là à Sundou Sunklauenen pour regagner le bateau. Ce chemin est long et pénible , mais on en est recompensé. Les embellissemens que l'on fait chaque année dans la campagne de Leerau augmentent le charme ro-
mantique de sa situation. On y construit maintenant une tour qui donnera l'illusion d'une ruine antique.
Si , au lieu d'aborder à Neuhaus , où Ton trouve d'ailleurs une bonne auberge et des chariots , on voulait se rapprocher par eau d'Unterseen , on pourrait continuer le trajet en passant près des ruines de Weissenau jusqu'à la Bûche , d'où l'on peut gagner à pied ce bourg, en faisant une promenade très-agréable.
En descendant le lac de Thun , l'on peut , pour varier , se diriger sur Leissigen et Spiez sur la rive opposée , et se rafraîchir dans ce dernier endroit , dont le site gracieux au fond d'une baye , au mUieu des vignes et des noyers , est encore embelli par les bâtimens de la cure , de l'église , du château avec ses terrasses et ses tours, qui , placés en gradins les uns au - dessus des autres , offrent un aspect riant et pittoresque. On pourrait se rendre ensuite , toujours par eau , en passant près d'Einigen , aux bancs de sable formés par l'embouchure de la Rander, et monter à pied au pont construit sur cette rivière , remarquable par la hardiesse de sa structure ; puis , à l'ancienne tour de Strattlingen , d'où l'on a de très-beaux points de vue. Enfin , l'on côtoyerait la jolie campagne de G watt ou Bellerive ., et les bosquets de la Schadau , pour arriver à Hofstetten ? où l'on débarque ordinairement.
Il ne faut pas négliger de visiter la ferme et
le petit bois de Bâchi (Bâchigut et Bâchihôlzlein) jusques à la cascade du Hùnibach. Il n'y a rien de plus délicieux sur les rives du lac de Thun. On aurait tort de voyager à pied sur l'une où l'autre de ces rives. Le plaisir ne balancerait pas la longueur du chemin ; s'il s'y trouve cependant quelques parties intéressantes , telles que de Thun à Oberhofen, de Merligen à Sundlauenen, où l'on a toutefois des forêts longues et sauvages à traverser, et de l'autre côté , de Leissigen à Spiez et de Bellerive à Thun.
Les plus belles vues de la contrée représentées sur cette feuille, sont celles du château de Thun, du Bâchihôlzlein du côté de la ferme , de la tour de Strâttlingen , de l'auberge d'Oberhofen , de Sigriswyl, de la caverne et du mont de Saint -Beat, d'Àschi et d'Oberhohlen , au-dessus duquel s'élève la Waldegg , montagne que l'on aurait dû , peutêtre , indiquer au bord de la carte.
Nro. 5.
Plan de la vallée d'Unterseen et d'Interlackerij. nommée communément le Bb'delein.
Ce plan , levé à Unterseen , principalement d'après les mesures de M. F arpenteur Fisch? et d'après les indications très-soignées de M. le peintre Stâhli, est particulièrement destiné à l'instruction de ceux qui voudraient séjourner dans cette charmante contrée et la parcourir dans leurs promenades. Notre voyage
indique en grand détail les chemins que Ton doit suivre , les points de vue et les jouissances que l'on y trouve. On a cependant arrangé depuis lors au printems dernier (1816) deux sentiers tout nouveaux, aussi commodes que la localité le permet, sur Je gra .d et le petit Rugen. Le dernier } qui contourne la colline jusques à Matten , est particulièrement agréable. Sur le grand Rugen , lorsqu'on sort du bois près du pâturage , on jouit d'une très-belle vue dans la vallée de Lùtschinen , sur les deux Eiger et la Jungfrau.
Nous avons un reproche à faire à cette carte , au sujet du dessin des hauteurs derrière Gsteig et Bônigen. Plusieurs points , tels que la Kirchegg et la Hasleregg , y paraissent trop détachés de la montagne principale, et trop isolés. Nous croyons d'ailleurs qu'elle est aussi fidèle que la dimension de l'échelle pouvait le permettre , et nous ne trouvons aucune rectification essentielle à indiquer ici. Nous ferons seulement l'observation, que l'on est convenu, depuis peu , de donner au beau point de vue connu sous le nom de Rugenhùbeli , celui d'Abendhùbeli (colline du soir), ce qui convient d'autant mieux 5 que c'est surtout le soir que le paysage s'y présente de la manière la plus agréable , tandis que la vue du Hohbùhl est beaucoup plus avantageuse le matin.
En général, cette contrée abonde en sites et en points de vue enchanteurs. Il n'y manque qu'une belle cascade ^ pour que tous les délices de l'Oberand y fussent réunis. Derrière le bourg d'Unterseen,
près
près d'Oberhohlen sur la Waldegg , sur le chemin qui conduit au grand Rugen , et sur le Rugenhùbeli , la vue est plus ouverte du côté du lac de Thun et de la partie inférieure du Bôdelein. Le cours de l'Aar et le milieu du vallon se présentent le mieux depuis la Goldey et le Hohbùhl. De ce dernier point, on voit au loin dans trois directions tout-àfait différentes. Le petit Rugen pourrait cependant lui disputer la préférence , depuis qu'on y a arrangé des promenades et fait des trouées dans la forêt ? qui laissent voir quelques tableaux détachés et délicieux.
Unspunnen , Wilderswyl , Gsteig , Bonigen 9 Ringgenberg offrent aussi des points de vue charmans et très -variés , particulièrement lorsqu'on monte à quelque distance sur les hauteurs qui s'élèvent derrière ces villages. L'un des plus agréables est celui du Sattlerhùbeli, à droite, vis-à-vis le château et l'ancienne église d'interlacken.
Ceux qui veulent séjourner dans cette contrée, trouveront des logemens très - commodes dans les maisons du Hoheweg, nommément dans celle du négociant Seiler. On est aussi très-bien servi dans les auberges d'Unterseen et d'interlacken, et Ton peut trouver encore d'autres jolies habitations à choix , à Aarmùhle , Unterseen , Matten et Bonigen.
Les propriétaires s'arrangent tous les jours mieux pour procurer aux étrangers dans leurs maisons, les aisances que Ton trouve dans les villes.
Nro. 6.
Vue du Hohhuhl près d3 Interlachcn.
Un voyage complet dans l'Oberland offre à peine autant de charmes et de variété , relativement à la vue j que Ton en trouve ici , en faisant une courte promenade sur le Hohbûhl. Nous n'avons pu en donner qu'un faible image, puisque nous devions nous borner à indiquer les noms des endroits , plutôt que de soigner l'exécution du dessin. Il ne faut donc pas se représenter les masses de montagnes 5 qui ceignent l'horizon , aussi nues et d'une teinte aussi monotone , qu'on les voit dans cette planche. Quelques-unes d'entre elles , s'élevant à une hauteur plus imposante , que l'espace ne nous a permis de leur donner^ couvertes d'une neige éblouissante, se dessinent sur l'azur d'un ciel pur. C'est ainsi que se présente la Jungfrau avec la chaîne contiguë , dans tout l'éclat de sa magnificence. La Schwalmeren aussi ne se dépouille jamais assez de sa neige, pour paraître aussi tachetée qu'on la voit ici. La belle pyramide du Niesen à droite , les montagnes du Hasli à gauche , se colorent dans le lointain d'une teinte azurée. "Les côtes et les arêtes des Alpes, plus rapprochées offrent des formes et des nuances plus variées. La couleur sombre des forets de sapins , la verdure claire des pâturages , le gris blanchâtre de quelques roches calcaires , ïa teinte plus foncée de quelques autres masses de pierres, alternent de la manière la plus gracieuse et forment des raj^es et des marquetteries innom-
brables auxquelles le jeu de la lumière et les ombres des nuages donnent à chaque instant un coloris différent et admirablement diversifié.
Le point d'où ce dessin a été levé , a été choisi par M. Stâhli , à quelques cents pas au-dessus de la rotonde du Hohbùhl , afin qu'elle pût figurer ellemême sur le premier plan. Elle masque \ il est vrai , mie partie d Interlacken • mais cela est compensé ? parce que le point de vue se présente avec plus d'étendue et de cohérence.
Les dénominations contenues dans cette feuille m'ont quelquefois embarrassé. Il arrive ici ^ comme dans tout FOberland, que chaque endroit, et presque chaque personne , donnent des noms difFérens aux mêmes sommités , montagnes , ou gorges. L'on ne sait lequel choisir. Les voyageurs et les habitans des villes adoptent souvent tel de ces noms, soutiennent obstinément que celui qu'ils préfèrent est le véritable , et il en résulte de la confusion , et quelquefois même un changement total de la dénomination reçue jusqu'alors. On est cependant assez d'accord sur les plus importantes , qui s'impriment le mieux dans la mémoire de l'étranger. Les beautés essentielles du pays, les principales cimes, les grandes chûtes d'eau , les glaciers , ont conservé , au moins depuis un demi-siècle , les mêmes noms. Ceux des montagnes subordonnées , des forêts , des pâturages ont moins d'importance -, ils sont d'ailleurs si nom» breux , que l'on ne peut en citer que quelques-uns ? lorsque cela est nécessaire , pour indiquer la liaison des montagnes principales, et pour satisfaire ceux qui voudraient entrer dans de plus grands détails,
Nro. 7.
Carte des vallées d'Interlachen 3 de Lauterlrunnen > de Grindelwald et de Hasli.
La multitude des objets représentés dans cette feuille et dans la suivante , l'impossibilité de visiter toutes les parties de ces contrées ont pu donner lieu à plusieurs inexactitudes que Ton pourra , peut-être 9 corriger dans la suite. On pourra aussi y insérer quelques douzaines de dénominations de plus5 que nous connaissons , si celles , qui y sont déjà , ne paraissaient pas suffisantes. Il sera plus essentiel d'indiquer ici quelques rectifications que m'ont fourni un dernier voyage fait cet été (1816) dans TOberland, et des observations antérieures.
On a peut-être eu tort de placer le nom des Iseltenhôrnlein (cornes ou aiguilles d'Iselten) en avant sur la croupe de Breitlauenen. Quelques personnes ne veulent y trouver que le Gummihorn , que d'autres nomment aussi le Daumenhom. On aurait dû simplement placer le nom de Hunnenfluh entre Zweylùtschinen et Steinhalde. Le nom de Mônch sur la Stellifluh, dans la vallée de Lauterbrunnen , n'appartient proprement qu'à une petite sommité de cette montagne , qui est indiquée plus positivement dans la carte Nro. 8. On la nomme ordinairement le petit Mônch, pour la distinguer du grand Mônch, nommé communément dans le pays der innere Eiger (l'Eiger intérieur). H s'entend que la route qui conduisait jadis dans le Vallais en passant derrière les deux Eiger , n'est indiquée que d'après des traditions
et des conjectures. Il y a au-dessus de Wergisthal et d'Intramen ou Itramen deux grands pâturages , qui prennent leur nom de ces deux hameaux entre lesquels coule le ruisseau du Wergisthalbach, et qui auraient pu être indiqués sur la carte. C'est au dessin du revers de la grande Scheideck du côté de la vallée de Hasli , que quelques corrections auraient été le plus nécessaires ; mais nous n'avons pas voulu différer davantage la publication de cette carte annoncée depuis si long-tems. g116^1168 pâtres du Schwarzwald et de Rosenlaui ne donnent le nom de Zwisckbà'ck qu'à une petite partie de la montagne et non à un vallon particulier. — Le nom de Schwarzwald-Gletscher ne se trouve pas à la place où ce glacier est indiqué au-dessus du Schwarzwald. Près de FEselsruck ou du Grâtlein (petite arête) de la grande Scheideck, les habitans du Grindelwald exploitent encore deux autres pâturages ? le Bidem et le Alpbigeln , qui ne sont pas désignés sur la carte. Le local dans l'angle entre la Scheideck et TOberburg, qui forme le pied ou plutôt le genou du Wetterhorn , se nomme dans la contrée la Hengstern , et c'est là que, suivant quelques personnes , le Reichenbach prend sa source , tandis que d'autres la placent, ainsi qu'on l'a fait dans notre feuille, au petit glacier bleu (das blaue Gletscherlein ) , d'où sort aussi le Giessbach. On a omis de nommer le pâturage de Schonenbiïhl- Alp , audessous du Wellhorn, et tout à côté, là où l'on a indiqué les bains de Rosenlaui , devrait se voir aussi le pâturage de Rosenlaui- A lp >, au travers duquel coule le Wehsbach. Ce ruisseau , qui sort du glacier
de Rosenlaui, forme, avant de se réunir avec le Reichenbach , une cascade digne detre vue. On aurait dû placer les bains de Rosenlaui sur l'autre rive du Reichenbach, entre l'auberge du Schwarzwald et le pâturage de Breitenboden. Au-dessous de ce dernier , et tout près du Raltbrunnen est situé celui du Grindelalp. La dénomination de Breiten-Grindelboden , écrite en gros caractères et composée des deux précédentes, n'est pas exacte et peut donner lieu à quelque méprise, étant placée sur la carte derrière l'auberge du Schwarzwald.
Il faut encore observer que la sommité du Kaltbmnnenhorn est nommée par plusieurs habitans de la contrée communément le Tschingel et que les maisons entre le Zwirgi et le Reichenbach portent le nom de Bey der Sage. Il y aurait ainsi bien des choses à rectifier ou à ajouter au dessin d'une contrée aussi restreinte. La première fois que je l'ai parcourue , je me suis trop fié à mes devanciers , et je n'ai pas recueilli moi-même des renseignemens assez détaillés sur tous les objets particuliers. J'avais même négligé de visiter les bains de Rosenlaui.
Encore une observation au sujet du JVellhoim et du Wetterhorn me paraît nécessaire pour ceux qui passent la grande Scheideck en venant du côté de la vallée de Hasli. Dans celle-ci on donne généralement au Wellhorn le nom de Wetterhorn , et à ce dernier celui de la Jungfrau , ce qui est tout-à-fait en contradiction avec les dénominations que Ton donne dans tous les écrits à ces sommités.
Il est en général très-difficile de débrouiller les véritables noms des montagnes dans 'cette contrée. Quelques pâtres ne connaissaient pas le Stellihorn; mais il 7 a aussi tant d'aiguilles différentes sur la chaîne qui s'étend au nord-est à côté du glacier de Rosenlaui , qu'on peut à peine les distinguer. Ces sommités sont assez indifférentes aux habitans , parce qu'elles s'élèvent dans les airs roides et nues , sans leur être d'aucune utilité. Les côtes même par lesquelles on y monte sont stériles et ne leur paraissent pas dignes de porter un nom , n'ayant à leurs yeux aucun caractère particulier.
Je n'ai rien d'important à dire de plus sur cette carte. Le nom de Bûrglen au-dessus de Husen sur le Hasliberg désigne un ancien village qui, suiyant la tradition, a été détruit par la chute d'une montagne; mais on n'est pas positivement d'accord sur la place où il était situé. Sur Je lac de Brienz audessous d'Engi est une rade nommée Bottenbalm, d'où part un sentier tantôt rude et escarpé , tantôt facile et agréable, qui conduit en deux heures et demie à l'une des cascades supérieures du Giessbach, entre les pâturages de Axalp et de Bâttenalp. Ce site romantique se nomme In Bottchen. Je me fais un devoir d'indiquer aux amateurs cette chute d'eau , d'autant plus que l'ayant visitée en dernier lieu, j'ai pu me convaincre de toute sa beauté.
Je ne saurais par où commencer et oùm'arrêter si je voulais citer les points de vue remarquables, que contient le pays représenté dans cette feuille,
L'Abendberg , la Suleck, Eisenfluh , l'Iselten-Alp , la Wengenalp , le Faulhorn, la Hohe Burgfîuh, le Rothhorn près de Brienz , Falcheren , le Zwirgi , le Kirchhet en offrent de très -in ter ess ans , suivant les goûts différens des voyageurs , soit par le vaste horizon qu'ils embrassent, soit par le rapprochement des divers objets , soit par d'autres avantages. Ceux du Rothhorn et du Fauîhorn surpassent peut - être à cet égard tous les autres par retendue de la vue dont on y jouit.
Nro. 8.
Carte des glaciers entre VOberland bernois et le
Vallais.
Cette feuille est spécialement destinée à servir de guide dans un voyage au Grimsel et au glacier du Rhône, suivant le texte de notre description. Il est agréable d'avoir sous les yeux Faspect complet de la mer de glace , qui s'étend depuis le Grimsel jusques près de la Gemmi. Nous regrettons que l'espace ne nous ait pas permis d'y faire entrer tous les glaciers et les chaînes de montagnes situés à l'orient , jusques à la vallée de la Reuss , d'autant plus que la vallée de Gadmen et de Gentel font partie du pays d'Oberhasli,
Nous espérons cependant que cette carte satisfera ceux qui voudront parcourir ces montagnes et qu'elle leur sera utile, quoiqu'elle ne soitpas non plus
sans quelques défauts. On ne nous fera pas de reproche , si quelques-unes de ses parties , qui ont déjà été traitées en grand détail dans la carte Nro. 7, le sont ici d'une manière plus superficielle. Il était suffisant de retracer les objets principaux , pour rendre plus claire la liaison des vallées avancées , avec les régions supérieures des hautes montagnes. On voulait aussi y faire entrer la partie la plus reculée de Lauterbrunnen , parce qu'elle est décrite dans le voyage ; mais on a omis par mégarde d'inscrire le nom de la vallée de la Sèfi-Liïtschinén , et Ton s'est borné à indiquer le torrent qui le lui donne. Je crois aussi qu'on aurait dû assigner une place particulière au Gspaltenhorn , entre le Tschingelhorn et les Rothen Zâhnen, au lieu d'admettre , comme on l'a fait ici , suivant l'opinion de quelques personnes , que ces trois dénominations sont propres à la même montagne.
Nous avons adopté les noms des régions les plus hautes et les plus sauvages des glaciers et de la plus grande partie des localités du Vallais , sur la foi de ceux qui nous les ont fournis , n'ayant pas encore visité nous-mêmes ces contrées. Nous avons cependant tâché d'y mettre la plus grande exactitude:, mais nous accepterons avec reconnaissance les redressemens qu'on voudra nous indiquer à cet égard.
Nous n'avons malheureusement pas pu profiter pour la route du Grimsel et la vallée d'Urbach, d'un plan qui vient seulement d'être fini et qui a été levé
et dessiné par M. l'ingénieur Frey, pour le Gouvernement de Berne. Mais nous avons vu avec plaisir qu'il nous aurait fourni peu de rectifications à faire dans cette carte. Seulement il nous a paru que nous n'avons pas tracé assez distinctement l'arête de la montagne qui s'étend depuis le Pfaffenhorn au Mâhrenhorn , sur la route du Grimsel , et que nous ne lui avons pas donné assez de rondeur à l'orient. Peut-être n'a -t- on pas rendu d'une manière assez tranchante les neiges qui couvrent quelques sommités et quelques croupes de montagnes. Ces caries n'ayant pas été enluminées sur place , on n'a pas pu le faire dans la suite avec autant d'exactitude qu'on l'aurait désiré. D'ailleurs , on désespère presque , depuis quelques années , de pouvoir indiquer avec certitude , quelles sont les montagnes qui ne sont pas toujours couvertes de neiges. Même la Suieck n'a été dépouillée jusques au mois d'Août de cette année ( 1S16 ) que par places de son enveloppe hivernale , et le Mettenberg de même, à ce qu'on assure. Notre carte donne d'ailleurs à ce dernier mont une teinte trop .bleuâtre.
Les amateurs des voyages sur les hautes montagnes retrouvent avec plaisir sur cette feuille le tableau du voyage de MM. Meyer sur la Jungfrau. Ces traces de la vie au milieu d'un pareil désert de glace ne peuvent que flatter l'œil du spectateur. Il aurait été trop puérile de peupler cette solitude de chamois, comme on l'a fait quelquefois dans d'anciennes cartes géographiques.
Nro. 9.
Vue du Faulhorn sur les hautes montagnes , etc.
Une mauvaise étoile paraît avoir influé sur cette feuille , pour nous empêcher de la présenter au public telle que nous l'aurions désiré. Nous avions formé le projet de faire dessiner Fun des points de vue les plus remarquables de FOberîand, sur les chaînes les plus élevées de la région des hautes Alpes. Un tableau , où l'on voit l'enchaînement de ces colosses , où l'on admire la majesté de leurs cimes , est infiniment plus attrayant que celui d'une grande étendue de plat pays, où les objets.se perdent, se confondent, disparaissent même dans le lointain. M. Kônig ayant déjà publié Isabelle vue* de la G emmenalp , entre Beatenberg et Habkeren , nous choisimes le Faulhorn pour remplir le but de notre dessin. Un peintre habile , M. Stâhli , voulut bien prendre la peine de gravir deux fois cette montagne pour l'exécuter avec plus de soin. Quel fut notre chagrin 3 lorsque , notre ouvrage étant terminé , nous apprîmes que , déjà depuis quelque tems , il avait paru une gravure de l'estimable ingénieur M. le colonel Weiss de Strasbourg , sous îe titre de Vue des montagnes les plus élevées de la Suisse , dessinée sur le Faulhorn, dans le Grindelwald. Je me procurai à l'instant cette planche , et je vis avec plaisir que la nôtre pouvait encore soutenir la comparaison. Nous nous sommes étendus davantage à l'orient et à l'occident nous avons
donné une plus grande nomenclature des montagnes, et le point d'où notre dessin est pris, n'est point tout-à-fait le même que celui de M. Weiss , et présente certains objets d'une manière plus distincte ou au moins différente. — Nous osons donc espérer , qu'on ne lui refusera pas le mérite de la nouveauté, de l'abondance des indications, et d'être d'une grande utilité à ceux qui voudront monter sur lé Faulhorn.
Mais nous avons éprouvé encore une autre mésaventure. M. Stâhli s'était principalement appliqué à rendre , aussi bien que possible , les contours des montagnes et n'avait inscrit que les noms qu'il connaissait et qui lui avaient paru les plus importans , sans se piquer de nommer chaque aiguille , chaque croupe , chaque pâturage. Dans l'automne 1814 , nous nous décidâmes à gravir ensemble le Faulhorn , pour enrichir le dessin qui venait d'être fini de tous les noms qui y manquaient encore et que nous espérions de retrouver nousmêmes ou d'apprendre sur place.
Nous nous mimes en chemin , et déjà nous avions atteint , par un très-beau tems , les chalets de la Bachalp , d'où l'on n'a plus que deux lieues à faire pour arriver au sommet et où nous couchâmes , quoiqu'ils ne fussent pas habités à cette époque ; mais pendant la nuit le tems changea tout à coup; les vents , les nuages , la neige se réunirent pour nous priver entièrement de la vue. La saison était trop avancée pour permettre une
seconde tentative , et dès-lors les pluies et la quantité de neige tombée cet été (1816) nous ont empêché de faire cette excursion si désirée.
Il y aurait donc certainement encore beaucoup de corrections à faire à cette feuille , surtout à l'égard de la nomenclature. Nous avons exprimé les doutes qui nous restaient par des points d'interrogation. Cependant , la plupart des noms qu'elle contient sont tellement authentiques , que l'on peut les admettre avec une entière assurance. Nous avons d'ailleurs cherché à mettre cette vue en harmonie avec les meilleures cartes de la Suisse; mais lorsqu'on voit une telle quantité de sommités , de croupes s'élever les unes derrière les autres , les plus habiles peuvent encore se tromper. Il ne faut qu'un petit nuage, un effet de lumière faux ou défectueux pour induire dans une erreur, qui peut impliquer une distance de plusieurs lieues et donner le change sur la situation plus ou moins avancée des objets. Il y a outre cela un si grand nombre d'aiguilles dont on ne connait pas avec certitude l'élévation, qu'il est très-difficile de décider, si elles peuvent être vues de tel point donné , ou si elles y sont masquées. Je serais tenté de croire , par exemple , que l'on devrait trouver dans notre tableau le Blattenstock près de Hasli im Grund, et que c'est la sommité qui porte le Nro. 4. Je suis aussi dans le doute si le Nro. 34 est véritablement le Rinderhorn, ou si plutôt cette cime n'est pas cachée derrière des montagnes plus rapprochées. Dans ce cas -là , le Nro. 34 serait une de celles
qui bordent le défilé de la Gemmi , ou peut-être le Wilde Struuel.
On conviendra que la vue du Faulhorn est très - remarquable ; mais je ne puis pas lui donner la préférence sur celle du Rigliiculm. Celle-ci présente tant de beautés rapprochées et une terre si classique , le lac des quatre cantons , Lucerne , les petits cantons , Zug avec son lac , qu'elle ne peut être comparée à aucune autre. Cependant *on ne serait pas juste à l'égard du Faulhorn, en lui refusant l'avantage d'offrir , dans sa proximité , l'aspect des sommités les plus sublimes des glaciers de la Suisse.
II est fâcheux que la grande masse du Rôthihorn ôte la vue de la mer de glace , dont la pente du coté de la vallée de Grindelwald offre un coupd'œil superbe , et se présente surtout d'une manière admirable \ lorsqu'on monte depuis le Grindelwald sur le Faulhorn.
M. Keller , qui a dessiné le panorama du Righi avec tant de fidélité et de grâce, peut seul décider s'il vaudrait la peine d'exécuter en entier celui du Faulhorn , pour en faire le pendant du premier. Suivant l'assertion de M. Stâhîi , la vue de ce point est encore très -belle et très - remarquable au nord-ouest, au nord et au nord-est. Au nordouest s'élèvent en effet la Suleck, le Niesen et le Stockhorn. On apperçoit les montagnes du Siebenthal , jusques vers Zweysimmen. Quelques personnes
prétendent même y reconnaître la Dent du midi:, on voit une partie du lac de Thun depuis Spiez jusqu'à soji extrémité inférieure ; mais la ville de Thun est masquée par le promontoire de la Nase. Puis , on plonge dans un immense lointain au-delà de Burgistein, dans lequel l'on doit certainement entrevoir la ville de Berne. Le Jura termine les plaines de la Suisse. On distingue le lac de Neuchàtel et le mont Chasserai sur le lac de Bienne. Sur la prolongation du Jura, on apperçoit encore la Hasenmatt, et le Weissenstein derrière Soleure, jusques au Hauenstein , où cette chaîne se perd dans l'éloignement ; mais on prétend avoir reconnu encore au-delà les Vosges et la Foret noire , comme des vapeurs à l'horizon. Plus à l'orient et à peu de distance on voit depuis le Fauihorn le Beatenberg, la Gemmenalp, le Harder , l'Augstmatthorn, le Brienzer- et le Rieder-Grat , au-dessus desquels s'élève le Hohgant, et à côté de lui la Scheibenfiuh , avec le Zerkrauten Berg ( montagne égratiriée, ainsi nommée parce que , suivant la tradition populaire , le diable l'aurait égratinée ). Plus loin , se montrent le Pilate , le Sattel , le lac des quatre cantons , celui de Zug avec le bourg du même nom , et dans un vague lointain , quelques parties du canton de Zurich et de la Thurgovie ; enfin , le Righi et les Myten, derrière Schwvtz, les montagnes du canton d'Unterwald , telles que le Titlis et les Alpes Surènes , qui viennent se rattacher à celles que représente notre feuille.
D'autres pourront compléter ce modeste essai
de la vue du Faulhorn et acquérir à cette sommité le renom qu'elle mérite. En attendant on peut lire dans le Voyage dans les Aipe^ de Kônig ce que cet auteur en a dit, après l'avoir visitée. Elle n est pas à la portée des Dames ; la route qui y conduit n'offre pas toutes les facilités de celle du Righi \ ie Faulhorn est de deux, mille pieds plus élevé , et touche presque à la limite des neiges ; mais il présente en lui-même et dans tout ce qui l'entoure , toutes les merveilles des Alpes, et surtout, d'une manière incomparable , celles de l'Oberland. En y montant du côté du Grindelwald , on passe alternativement par des riantes prairies , par des sombres forêts de sapins , entre des rochers , à coté de plusieurs chalets , d'une cascade, par des riches pâturages ; enfin , auprès d'un petit lac tranquille et solitaire; en un mot, toutes les belles images de la région des montagnes se développent successivement aux regards avec la plus grande variété.
Nous devons encore expliquer la petite cartouche qui se trouve sur cette feuille et qui est destinée à donner une idée claire de la formation des glaciers. Nous avons emprunté ce dessin de l'ouvrage de Wahienberg : Rapport sur les mesures et sur les observations propres à déterminer la hauteur et la tempéiwture des Alpes de la Lapponie, traduit du latin en allemand , par Hausmann, à Gottingen 1812. C'est aux pages 26 et 27 que Ton trouvera tout ce qui peut servir à le faire comprendre.
Les
Les glaciers , dans le vrai sens de ce mot , sont de grandes couches de glace, qui se sont formées au-dessus des limites de la neige éternelle , et qui tantôt renfermées dans les vallons des hautes montagnes , y restent immobiles , et tantôt lorsqu'elles ne sont pas retenues , descendent d'un côté quelconque dans les vallées , en suivant la pente des monts. Ce mouvement s'opère soit par le propre poids de ces masses , qui les entraîne , lorsqu'elles perdent l'équilibre , soit , et le plus souvent , par la fonte et la diminution de la glace en-dessous et sur ses bords , là où elle touche la terre et les rochers, qui sont toujours imprégnés d'un certain degré de chaleur, particulièrement en été.
On peut observer cette fonte , lorsqu'on jette les yeux dans une crevasse des glaciers ; l'on voit alors des gouttes d'eau se former continuellement sous la croûte supérieure de la glace. Ces gouttes, en se réunissant au fond de la fente , filtrent et donnent naissance aux ruisseaux qui sortent de dessous presque tous les glaciers inclinés et qui entraînent sans cesse dans leurs cours des particules du sol, de l'éboulis ou du gravier , sur lesquels repose leur masse , de sorte que peu à peu elle se trouve séparée de sa base. Ayant ainsi perdu son point d'appui, ia glace doit s'affaisser par son propre poids et se rompre en plusieurs endroits. Il s'y fait, avec un grand fracas , des fentes , d'abord transversales au plan incliné, puis en long, d'où l'air s'échappe avec violence. Les blocs détachés glissent sur la pente de la montagne , jusqu'à ce qu ils trouvent un nou*
veau soutien qui arrête leur chute : souvent ils sont poussés par le poids de ceux qui étaient placés au-dessus. Ils sont ordinairement parallélipèdes presque rectangles , ou forment des pyramides à quatre faces. S'ils se trouvent placés sur un plan incliné de trente degrés et plus , les inférieurs tombent les premiers, les supérieurs suivent, tombent et glissent aussi , les pyramides se cassent et forment des cubes. Si l'un des angles de ces cubes s'enfonce dans une fente , celui qui lui est opposé reste en l'air et se présente de rechef comme une nouvelle pyramide , et bientôt toute la surface en est parsemée.
Notre petit tableau représente a) le sol sur lequel repose le glacier; h) la glace sur laquelle se forment des fentes d'autant plus grandes que le sol est plus incliné \ c) la neige qui couvre presque toujours le glacier et qui n'est pas encore transformée en glace. Ce manteau de neige n'existe ordinairement qu'au-dessus des limites de la neige éternelle, et ce n'est qu'en hiver qu'elle descend jusqu'à l'extrémité du glacier sur les Alpes inférieures • et même dans les vallées fertiles et habitées , comme à Grindelwald. On peut donc aussi, si l'on veut, se représenter sous c) ces bancs de sable et de pierresque l'on voit presque sur tous les glaciers qui ne sont pas trop escarpés. Ils proviennent des débris des montagnes et des sommités supérieures , entre lesquelles le glacier descend dans la vallée. Ces bancs que Ton nomme dans l'Oberland Gufer* sont placés en lignes très-régulières au milieu du glacier
et se déchargent soit de côté, soit sur les bords inférieurs de la glace qui les portait. Sous d) , l'on voit les blocs , les quartiers , les pyramides , que forme la glace en se brisant sur un plan fortement incliné. Les glaciers dont la pente n'est pas très-roide, tel que celui du Vorderaar sur le Grimsel , n'en produisent point ; mais il en existe en grande quantité sur ceux du Grindehvald et du Rhône; e) désigne enfin ces monceaux de pierres et de débris nommés Moraines, et dans l'Oberland Gandechen, qui doivent se former nécessairement au pied de chaque glacier et le long desquels coule l'eau qui en sort. Trois causes réunies les produisent , et elles sont très-importantes sous le rapport de la minéralogie , étant composées de pierres tombées des plus hautes sommités , où il serait trèsdiflîcile d'atteindre pour les observer. Elles contiennent soit des débris des hautes montagnes qui ont été apportés peu à peu par le glacier sur lequel ils formaient les bancs ou Gufer dont nous avons parlé plus haut , soit des fragmens de roches de différentes espèces et des éboulis que le glacier a rencontrés sur le sol qu'il a envahi et qu'il a poussés devant lui, soit enfin, des cailloux et des particules de rochers que les eaux ont entrain és en coulant sous le glacier et qu'elles ont amoncelés contre la moraine.
L'espace ne nous permet pas d'en dire davantage sur la formation , l'accroissement et la diminution des glaciers. Nous en parlerons plus au long dans l'ouvrage même.
Nro. 10.
Attitudes des lutteurs de VOberland.
Cette feuille devrait plutôt se trouver dans notre voyage que dans ce petit Atlas; mais nous avons préféré la placer ici, afin de ne pas courir le risque que les plis que l'on serait obligé d'y faire , pour l'adapter au format du livre 5 ne lui fissent du tort. Nous espérons d'ailleurs , que les voyageurs qui voudraient se procurer ces cartes et ces vues , ne seront pas fâchés de posséder le tableau d'une des particularités les plus marquées de la Suisse et de TOberland , et de l'emporter comme un souvenir de ses vigoureux habitans , à côté de ceux que f jurnit la nature inanimée dans ses montagnes 3 ses vallées , ses glaciers et ses cascades.
L'exercice de la lutte, nommée en Suisse Schwingen 9 est certainement connu chez îa plupart des peuples pasteurs de notre patrie ; mais depuis un tems immémorial , la canton de Berne a produit , soit dans FOberland , soit dans l'Emmenthal , les lutteurs les plus forts et les plus adroits. Longtems avant la révolution de 1798 , un certain nombre de c;es champions se rendait chaque année le Lundi de Pâques dans la capitale et donnait en public le spectacle de leurs combats, sur le petit bastion , pour contribuer aux fêtes de ce jour solennel. Ils attiraient un grand concours de spectateurs, et recevaient , par des dons volontaires , la récompense du plaisir qu'ils procuraient.
Depuis quelques années ces jeux ont faiblement recommencé ; mais le Lundi de Pâques n'étant plus célébré à Berne avec autant de pompe qu'autrefois, on n'y met plus le même intérêt, et si les deux fêtes des bergers , qui ont eu lieu , il y a quelques années , près d'Interlacken , n'avaient pas relevé l'éclat de cet usage national et populaire , il aurait été relégué dans ces fêtes champêtres connues sous le nom de Villages de montagne ( Bergdorf ) , dans lesquelles les habitans de l'Oberland se réunissent chaque année sur plusieurs de leurs montagnes.
Elles ont lieu ordinairement un Dimanche fixé d'avance et pendant la saison où les bestiaux occupent les pâturages les plus élevés , c'est-à-dire , à la fin de Juillet et au commencement d'Août et toujours aux confins de deux vallées limitrophes. Ainsi , une de ces réunions se forme sur le plateau le plus haut de la montagne où est située la Wengen-Alp , et une autre sur la grande Scheideck , au pied du Wetterhorn. La première est principalement visitée par les habitans de Lauterbrunnen et de Grindelwald; la seconde par ceux de Grindelwaîd et de FOberhasli. Il y en avait une fois uné autre très-célèbre sur le Breitenfeld . pâturage voisin du Brùnig, où se rendaient les habitans de Brienz et ceux du canton d'Unterwalden ; mais comme elle donnait lieu à de fréquentes querelles, elle a été interdite par les deux gouvernemens.
Dans ces fêtes , auxquelles accourt toute la jeunesse des environs , on danse, on se livre au
plaisir de la table, on jase, on s'égaye ; mais la lutte fournit toujours une des principales recréations. On y met de la solemnité , de l'importance, de la gravité. Le parti de F une des contrées qui se sont réunies , doit remporter la victoire sur l'autre. Celui qui fut vainqueur l'année précédente , s'efforce de maintenir l'éclat de ses lauriers , tandis que le vaincu cherche à effacer la tache qu'a subi son honneur.
L'on forme un cercle de vieillards experts , qui doivent mettre d'accord les combattans , s'il s'élevait quelque doute sur l'issue du combat , empêcher qu'ils n'emploient des ruses ou des artifices prohibés , et prévenir les rixes , ce qui ne leur réussit pas toujours , au milieu de la foule échauffée des champions et des spectateurs.
Des deux côtés s'avancent alors les lutteurs habiles , brûlans d'ardeur , pour soutenir la gloire de leur contrée. Les luttes des jeunes garçons qui donnent souvent ce spectacles aux voyageurs, ne sont que des jeux d'enfans , en comparaison des forces gigantesques qui se déploient ici. Chacun choisit son adversaire \ ceux qui n'en trouvent point attendent le moment de pouvoir succéder à un compagnon terrassé. Les lois et les règles du combat sont précises^ Un lutteur doit avoir succombé deux fois pour être déclaré vaincu , parce qu'il faut laisser quelque chance aux accidens. Il ne suffit pas qu'il soit tombé à terre ; souvent tous les deux tombent à la fois , de manière qu'il serait
difficile de de'cider lequel a le dessous. Il faut que le vaincu soit couché tout-à-fait sur le dos et que la plante de ses pieds ou ses talons ne touchent plus à terre. Même au moment de la chûte l'adresse peut encore arracher la victoire presque certaine 5 et souvent les deux combattans ont épuisé leurs forces , avant qu'elle soit complètement décidée.
Les noms des divers usages , des attitudes , des gestes , des momens du combat , du costume 3 ne sont probablement pas les mêmes dans toute la Suisse. Nous nous bornerons à donner ici ceux qui nous ont été fournis par quelques habitans de FOberland, qui vinrent à Berne au Lundi de Pâques en 1815 5 pour y lutter en public. On leur fit ensuite donner une représentation régulière de leurs exercices , dans un grand sallon , en présence de quelques spectateurs ? et tandis que M. Vollmar dessinait leurs diverses postures , je m'empressais d'en écrire , au crayon , les règles et les dénominations.
Nous n'avons retracé ici que six époques du combat, quoiqu'on eût pu en représenter un plus grand nombre. Il ne s'agissait d'ailleurs que de donner les simples contours des figures et de leur costume. Celui-ci n'est composé proprement que d'une espèce de caleçons courts ( Schwinghosen ) particulière à cet exercice , et d'une chemise. Lorsque le combat est sérieux , les pieds sont ordinairement nuds; dans tous les cas ils sont sans souliers et tout au plus recouverts de bas. Les
Nros. 3 et 5 montrent assez clairement la forme
des caleçons, ils sont de toile écrue et forte , ne descendent qu'à mi-cuisses et tiennent immédiatement au-dessus de la hanche. Ils servent à saisir et à tenir l'adversaire , et il faut qu'ils soient bien cousus, afin de pouvoir supporter tout le poids du lutteur lorsqu'il est soulevé en l'air. Cependant ils ne sont pas une pièce indispensable à la lutte. Un mouchoir attaché autour d'une ou des deux cuisses 'fait à peu près le même usage.
Il serait intéressant de comparer ce genre de joûte avec celles des anciens Grecs ; mais l'espace nous manque, ainsi que des notions précises sur les gestes et les pratiques qu'employaient les derniers. La nudité complète de ces athlètes devait déjà impliquer une grande différence dans le genre du combat , et la grande solemnité des jeux Olympiques , Isthmiques , etc. devait naturellement leur donner un plus haut degré d'exaltation.
Les nôtres se placent d'abord l'un vis-à-vis l'autre en attitude de combat et commencent par se tendre et se serrer la main droite en signe d'amitié. Le col de leur chemise est ouvert, afin que la respiration ne soit pas gênée , et les manches sont retroussées jusques au-dessus du coude. Leurs vêtemens ne doivent avoir aucun lien , aucune attache , et doivent être parfaitement uniformes. Si le combat se prolonge , la moindre gêne pourrait décider de la victoire , en fatiguant une partie du corps.
En-
Ensuite ils s'empoignent. Cela se fait à volonté debout ou à genoux , souvent la lutte se passe en entier dans cette dernière posture. Nous avons représenté dans notre première figure cette manière de s'attaquer à genoux. Ils saisissent mutuellement de la main gauche l'extrémité du canon du caleçon qui couvre la cuisse droite de l'adversaire, et de la droite la ceinture en arrière de sa hanche gauche.
Alors la lutte commence , et peut unir à l'instant même , comme une partie d'échec par le coup du berger, lorsqu'un des champions pousse l'autre de côté, en le serrant avec la tête, et le fait tomber. Mais il n'y a qu'un imprudent qui puisse se laisser prendre ainsi par surprise, et lorsque deux lutteurs forts et^adroits sont aux prises, il se passe souvent un quart d'heure avant que l'un ou l'autre tâche de renverser son adversaire. Il faut ordinairement pour cela qu'il quitte la posture dans laquelle il se tenait comme enraciné , et qu'il cherche , au moyen des pieds ou des mains , à en prendre une autre. L'adversaire qui guette ce moment-là , profite souvent de l'avantage que lui donne alors son ennemi. C'est ainsi qu'ils tournent long-tems à la même place, attendant toujours un moment de faiblesse, au point qu'ils en prennent des vertiges.
Ils ne suivent pas un ordre fixe dans l'emploi de leurs divers efforts , secousses , finesses , et mouvemens ; mais il en est un fort dangereux , qui n'est pas admis comme de bon jeu et qui est reprouvé comme félonie, parce qu'il peut facilement occa-
sîoner la fracture des bras du combattant. Nous l'avons représenté sous le N.° 3 , et Ton se convaincra aisément de la force avec laquelle la tête et les deux mains pressent sur la partie supérieure de ce membre.
La posture N.* 2 consiste essentiellement à tirer la jambe gauche de l'adversaire pour lui faire perdre l'aplomb de sa position.
Sous les N.os 4 et 5, on voit les attitudes nommées crochet intérieur et extérieur (innere und aussere Hachen ) \ elles consistent à passer une jambe , soit en dehors , soit en dedans autour de celle de l'adversaire et à le cramponner pour le renverser. En même tems , on porte les deux mains sur son dos et l'on saisit la ceinture de ses caleçons pour le faire tomber par surprise en arrière ou sur la tête.
Enfin, sous le N.° 6, l'on vait un des efforts les plus singuliers, qui fait toujours un grand effet sur les spectateurs. L'un des combattans soulève l'autre et le tient en l'air en le faisant tourner jusqu'à ce qu'il croye pouvoir le jeter à terre sur le dos. Il est beau de voir la force qu'exige un pareil tour; mais il est tout aussi intéressant d'observer l'adresse et la présence d'esprit du lutteur ainsi soulevé. Il tâche de se roidir et de ne jamais perdre de vue son avantage. Souvent il force son adversaire à cesser de le faire tournoyer et à le poser à terre pour recommencer la lutte.
En général, il est très -intéressant de voir un homme trapu , fort et musculeux se mesurer avec un autre plus grand , plus élancé et plutôt adroit que vigoureux. Leurs moyens différens , employés dans le même but, offrent un contraste piquant et font mieux connaître la nature de ce genre d'exercice, dans lequel tantôt la force irréfléchie et tantôt la dextérité et la prudence peuvent obtenir des avantages égaux.
Il serait inutile de faire mention de quelques autres postures , dont nous n'avons pu donner le dessin et que l'on comprendrait difficilement sans en avoir l'image parlante. Celles que nous avons représentées suffiront, sans doute , pour donner une idée claire de ces jeux. On pourrait , si le public paraît le désirer, en faire le sujet d'un mémoire particulier et plus détaillé, et saisir cette occasion pour les comparer avec les combats des boxeurs anglais , qui sont ordinairement plus terribles et plus sanglans 5 et rappellent moins les luttes de l'ancienne Grèce.