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Enfin, sur un troisième fragment j'ai ln ces quelques mots :
-f- Ci g]it dame Marie de Ganc
D'autres débris, que la pioche a mis à découvert, ne m'ont procuré ni un nom, ni un titre qui pût jeter quelque lumière sur les personnages qui avaient été enterrés dans la petite église de Giaour-koi ; on ne pouvait lire que quelques parties de mots qui n'étaient pas de nature à me mettre sur la trace d'une découvert*' historique.
Il est évident que ces dalles sépulcrales recouvraient les restes de quelques-uns de ces Français qui passèrent en Arménie à l'avènement de «Léon ^ de Lusignan, dans la première moitié du xiv' siècle, et dont les fils partagèrent les infortunes et la captivité de Léon VI de Lusignan, dernier roi français d'Arménie, qui vint finir ses jours au couvent des Célestins, à Paris, en i3()3, après la prise de la forteresse de Gaban, en 1 3-5, année fatale où pour la dernière fois le lion, d'Arménie cessa de faire entendre ses rugissements dans les gorges du Ta unis.
A l'époque de la domination arménienne, les environs de Sis étaient très-peuplés, et la montagne au nord de la ville était couverte de monuments qu'y avaient élevés les rois roupéniens. Le P. Indjidji, dans sa Géographie, cite plusieurs localités et couvents, aujourd'hui ruinés et en partie détruits, dont les églises étaient riches et ornées d'inscriptions arméniennes.
Au nombre des localités citées par le P. Indjidji , on trouve Ar/iagaghnin (chêne royal), ancien monastère ruiné, élevé sur une montagne au nord de Sis; Boudroun-kalessi, à trois heures de la même ville et dans la même direction;
c'est un château en ruines sur les murailles duquel on voit, dit-on, des inscriptions latines ou françaises. Les autres localités voisines de Sis sont : Kaùour-Aa/essi, village où existe encore un ancien donjon ; FéAé, autre village dont l'église est forl ancienne ; Trazarg, appelé par les Latins conventus trium arcium, à une journée de Sis, avec un ancien monastère ruiné ; Anton-kalessi (château d'Antoine), improprement appelé Andal-kalessi sur la carte de M. Kiepert, ancien château situé à une heure et demie au nord de Sis, sur le pic d'une montagne.
Plus on avance dans le ïaurus, en suivant la direction du septentrion, là où stationne la trihu turkomane de Khozan-oglou, plus on se rapproche des limites extrêmes que le royaume d'Arménie avait jadis au nord. C'est là surtout que subsistent, à l'état de ruines, les châteaux les pluscélèhres du mont Taurus , ceux où se réfugièrent les Arméniens lors des invasions qui mirent fin à leur domination en Cilicie. On trouve d'abord Pardzerperl (château élevé), appelé jiujourd'hui par corruption Bersbert. Les ruines de ce château sont situées à une journée de Sis, à l'extrémité septentrionale de la Cilicie. Les rois d'Arménie y déposaient leurs trésors. De l'année 1080 à 1095, Pardzerpert fut la résidence des princes arméniens de la Cilicie. Fahga est situé à l'ouest du précédent ; c'était un château qui servait de résidence aux barons d'Arménie de la famille de Roupène, avant qu'ils eussent transporté le siège de leur gouvernement à Pardzerpert. Le château de Vahga, aujourd'hui en ruines, est entouré par les maisons du village du même nom, habité par les Arméniens. On trouve dans ce village plusieurs églises qui sont dédiées, Tune aux archanges, les autres aux saints Thoros (Théodore), Minas et Georges. L'ancien mo-
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iiastère de Saint-Jean, dont l'église est placée sous le vocable de la Vierge, n'offre plus que des décombres.
Le château de Gaban est situé au milieu des montagnes, dans les environs de Vahga. C'était, sous les Arméniens, une forteresse importante et d'un difficile accès. Quand Léon VI eut été obligé, après la prise de Sis, de quitter sa capitale pour se soustraire, lui et sa famille, à la vengeance de ses vainqueurs, il se retira à Gaban, où il soutint un siège de huit înois contre les Égyptiens. Enfin, pressé par le manque de vivres, Léon capitula en i3*]d, et fut emmené prisonnier au Kaire. La Cilicie fut dès lors perdue pour les Arméniens, et leur royaume définitivement anéanti.
A quelques journées à l'est de ces forteresses, se trouve la ville de Marach, située dans la partie la plus orientale de la Cilicie, au milieu des montagnes, sur la rive gauche et à une heure de marche du Pyrame. Elle s'appelait dans l'antiquité Germaniciay nom que lui donne encore Aboulfaradj dans sa Chronique syriaque*. Après avoir appartenu, vers la fin du xie siècle, à un patrice grec, l'Arménien Philarète, qui gouvernait pour les empereurs de Byzance les villes d'Antioche et d'Edcsse, avec les contrées environnantes, elle passa sous la domination de Kogh-Vasil, puis sous celle des princes ou barons de Tell-Baschor. En 1 1 47, elle fut enlevée par Masoud, sultan Seldjoukidc de Ronieh ; enfin elle fut réunie aux États du roi d'Arménie, dont ello devait partager les destinées. C'est aujourd'hui un chef-lieu de province, qu'administre le pacha d'Adana, dont le gouvernement a été réuni à celui deMarach. La ville actuelle renferme plusieurs mosquées, des couvents, des bains et des
« Pages 129, 159, 173.
(III VOYAGE KX CILIC1E.
bazars. La forteresse est bâtie sur une éminence. I .es géographes turks rapportent qu'il y a dans ce château une mosquée appelée Kobiriyeh '.
Au nord de Pardzcrpert, de (iaban eî-de Marach se trouvent, enclavées dans les possessions de khozan-oglou, les deux villes de Zetthounel iTHadchin, qui forment comme un Etat indépendant, dont le chef de la tribu turkoniane de Kliozan*oglou es! le suzerain, les gouverneurs turks de la Karauianie n'axant jamais pu soumettre à un tribut régulier et réduire à l'obéissance les montagnards de cette contrée
Le Zeithoun (olivier est une bourgade plutôt qu'une ville, bordée de tous côtés par de hantes montagnes. Les habitants, tous Arméniens, sont torts et intrépides. Celle bourgade se compose de trois mille maisons et de douze églises. La principale est celle qui est dédiée à saint Jean; sa construction remonte à rétablissement d'une colonie arménienne, vers le \ne siècle On y conserve précieusement un Evangile manuscrit, orné de vignettes, qu'on appelle L'Évangile de saint Basile; il est renfermé dans une châsse en vermeil \ L'administration municipale est confiée par le chef de la tribu de Khozan-oglou, à quatre agas arméniens qui gouvei nent le canton, prélèvent l'impôt, dont une partie est donnée au chef turkoman, et une autre au patriarche arménien de Sis, chef spirituel de la contrée.
La ville d'Hadchin est située sur l'un des contre-forts méridionaux du Kartnès-clag/i , et placée, comme leZeithoun, sous la dépendance du chef de Khozan-oglou. Elle se coiu-
* Djihan-Numa. Ms.de la Biblioth. Impèr., p. 1710-1711.
* Cf. Revue il Orient, 1851. Mon Mém.sur les populations arméniennes indépendantes du Taurus.
* Revue d'Orient, l. c, p. 103.