‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 44 sur 53 · DE MISSIS A ALEXANDRETTE PAR LES DÉFILÉS DE L'AMANUS · texte numérisé non relu

DE MISSIS A ALEXANDRETTE PAR LES DÉFILÉS DE L'AMANUS

Le Djebel el-Xourj population de cette montagne ni différentes époque* 5 chu (eau de Thlla on de* Serpenta; Kourd kalau, l'ancienne ville de Tardeqalaf Myrlandus; les Portes de fer on défilé des Portes de Syrie et de Clllcle) le Plnaru» et lasu*; antiquités de cette ville décrite* par les anciens} Palas, anciennement Dai> ; chdteanx arméniens; défilés dans les montagnes) raines diverses) Alexandrette \ description de cette ville $ le château de Gastlm ; le lias el- Kanclr et la vallée d'Arsous } Conclusion.

Le Pyrame partage en deux parties la Cilicie orientale. Nous avons décrit, dans les chapitres précédents, les principaux points situés sur la rive droite de ce fleuve ; maintenant nous allons pénétrer dans une région nouvelle dont l'aspect est complètement différent. La rive droite du Pyrame est une vaste plaine, tandis que la rive opposée est une région toute montagneuse qui, s'étendant du nord au sud , touche d'un côté au Taurus et de l'autre aux montagnes de la Syrie. Cette chaîne, qui est en quelque sorte le lien qui rattache les deux systèmes de montagnes de l'Asie Mineure et de la Syrie, portait chez les anciens le nom $ Arnanus et était considérée comme faisant partie de la chaîne du Taurus.

Quand on a traversé le pont de Missis jeté sur le Pyrame, on s'engage immédiatement par des sentiers diffi-

ciles dans les gorges de l'Amanus, le Djebel -M isst's, ou Djebel el-A our. Cette chaîne de montagnes est peuplée de

Turkomans et d'Arméniens indépendants, circonstance qui a fait donner à la région septentrionale de l'Amanus le nom de Giaour-dagh, ou montagne des infidèles. A toutes les époques, cette contrée montagneuse a été occupée par des peuplades rebelles à tout gouvernement. Les Grecs et les Romains donnaient la qualification de Galiciens libres, Ki/.cxtot ftitftfpcç, à ces indomptables montagnards qui, sous la conduite de chefs éprouvés et maîtres de forteresses imprenables, repoussaient tout joug étranger.

Au temps où Strabon écrivait sa Géographie, la totalité de l'Amanus faisait partie du royaume de Tarcondimotus personnage d'un rare mérite, qu'à cause de ses exploits les Romains avaient décoré du titre de roi. Ce prince occupait toute la montagne; il laissa son royaume à ses fils 2.

Au moyen âge, les chroniqueurs des croisades avaient donné aux montagnes Amanides le nom de nions de Aventuris, qucWilIebrand nous a conservé*.

Non loin de Missis se trouve le château des Serpents, Ilan-/ialessij forteresse arménienne située sur les hauteurs de l'Amanus, position qui répond exactement à l'emplacement du château de Thila, mentionné par Willebrand *, et qui n'est autre que le château de Thil cité par le connétable Sempad5 comme faisant partie des fiefs dépendant de la couronne de Sis. Suivant une légende qui a cours chez

1 Plularque, in Ant. 61 . — Cicéron, adfamil., liv. XV, cp. i.

« Strabon, XV, 5.

1 Itinér.y p. 440.

*Itinér., p. 440.

5 Chron. du royaume d'Arménie.

C1LICIE ORIENTALE. 469

les Turkomans, ce château était jadis la résidence du scheik Mcran, le roi des serpents '. Ce personnage, moitié homme, moitié serpent, dit la légende, aurait été tué dans un bain de Tai sons où il se serait rendu pour enlever la fille du roi de la ville (sic). Ce qui a donné lieu à celte légende, c'est la présence de nombreux serpents aux abords de ce château. Il y a quelques années, ces reptiles étaient encore en grande vénération dans la contrée, et les Turkomans du voisinage avaient été exemptés d'impôts à condition de fournir chaque jour plusieurs jarres de lait pour la nourriture des ophvdiens qui avaient érigé leur demeure dans les ruines du château. Lors de mon exploration, ce château ne m'a pas semblé servir de retraite à un grand nombre de reptiles, et même je dois dire que je n'y ai vu que quelques rares caméléons. M. le docteur Kotschy, qui visita l'Ilankalessi après moi , n'a trouvé dans ses ruines qu'un seul serpent a.

A une demi -journée à l'est du château des Serpents se trouve un vaste khan bâti au sommet d'une montagne, sur la route qui conduit en Syrie par un défilé appelé anciennement Portes dç Cilicie, et aujourd'hui Kara-kapou, ou Porte noire. Ce caravansérail, qui, suivant Ainsworth3, a été construit sur l'emplacement de l'ancienne Tardequia, est à huit heures au sud-est de Missis. Il fut bâti aux frais de El Rhamadan-oglou, au xv* siècle. El Rhamadan-oglou éleva , comme on sait , beaucoup d'édifices religieux en Cilicie, fit établir des khans et des fontaines publiques, etc.

• Itinir. de Constantinople à la Mekke, p. 22.

- Dr Kotschy, Reise inden Cilicisclien Taurus Hier Tamis.

3 Travcls in A$ia Mnor, t. II, p. 89.

Le khan dont nous venons de parler servait d'étape et de refuge aux caravanes, notamment à celles de Bagdad et d'Alep, qui entraient en Cilicie pour se rendre ensuite à Constantinople.

El Rhamadan-oglou avait entouré ce khan d'un mur de 'lix mètres de hauteur et d'une circonférence de trois milles, ce qui lui donne l'aspect d'une forteresse. A l'intérieur est une belle mosquée construite en pierres de taille, comme le reste du monument, où pouvaient trouver place plus de deux mille voyageurs avec leurs bagages et leurs bêtes de somme. Ce khan est connu sous le nom de Kourdkalah (le château du loup). Cette belle et utile construction tombe maintenant en ruines. Dès le commencement du xviiie siècle, elle n'était déjà plus fréquentée que par quelques familles de malheureux Turkomans' qui, aujourd'hui encore, s'y réfugient pour se soustraire aux fièvres de la plaine.

A une journée à l'est du khan de Kourd-kalah, des ruines assez importantes marquent l'emplacement de la ville d'^piphanie, l'ancienne Myriandus *, qui était élevée sur la voie qui conduisait aux Pyles Amanides, situées entre le Guzel-dagh et YJAma-dagh, montagne qui fait partie de la chaîne de l'Amanus.

Après avoir traversé dans la direction du sud-est une plaine d'une longueur d'environ cinq kilomètres, on arrive par un sentier resserré entre deux rochers à une grande et belle arcade eu granit noir assise sur le roc de l'un et de l'autre côté du chemin. C'est cet étroit défilé que les anciens

1 Paul Lucas, Voy.f 1. 1, p. 364.

* Xénophon, Anabas. I, 4.— Strabon, xnr, 5.

désignaient sous le nom de Pfles de la Cilicie, et auquel Y Itinéraire de Constantinople à la Mekke 1 donne le nom de portes de Timour, Timour-kapou a, que les Turkomaus ont altéré en celui de Demir-kapou , porte de fer, ou Karakapou, porte noire.

Une fois qu'on a traversé le défilé, on arrive bientôt à une courbe assez profonde formée par le sinus Issicus, connu de nos jours sous le nom de golfe d Alexandrette . En appuyant vers le sud, on traverse le Déli-sou, petite rivière qui, dans l'antiquité, portait le nom de Pinarus a. C'est sur les rives de ce cours d'eau que doivent se trouver les ruines d'/ssus, ville célèbre par la victoire remportée par Alexandre sur Darius. Quinte-Curce 4 avance un fait que nous signalons à l'attention des voyageurs. ïl paraîtrait, selon lui, que le héros macédonien aurait élevé sur les bords du Pinarus, qui baignait Nicopolis, trois autels en l'honneur de Jupiter, d'Hercule et de Minerve. Ces monuments existaient encore au temps deCicéron, qui en parle dans ses Lettres*. Hérodien les mentionne aussi dans son Histoire °.

Patas ou Baîas, l'ancienne Baice, est située au sud et à peu de distance du Pinarus. C'est une bourgade ruinée, assise sur un terrain légèrement incliné aboutissant à la mer. Au commencement de ce siècle, Paîas avait quelque importance elle servait de résidence à un aga redoutable,

1 Page 23.

• Ainsworth, Travels, t. II, p. 89-90,et Mém. sur les Portes de Cilicie.

* Arrien, Exp. Alex.

* Liv. III, ch. xii.

'Adfamil., liv. XV, op. iv.

• Liv. III, cb, xii.

1 Itinér. de Constantinople à la Mekke, p. 24.

472 VOYAGE EN C1LICIE.

Kutchuk-Aly, qui, constamment en état d'hostilité ouverte avec la Porte, attaquait et dépouillait les voyageurs. De tous les agas montagnards qui méconnaissaient l'autorité de la Porte, c'était le pillard le plus hardi et le plus déterminé

11 mourut en 1807, léguant son agalik à son fils, Moustikbey. La montagne de Païas se maintint encore longtemps en état de révolte, soit contre son souverain, soit contre Ibrahim-pacha qui, dans le cours de ce siècle, avait subjugué ces contrées. Aujourd'hui elle est complètement soumise , et Moustik-bey y gouverne en qualité de kaimakam du pacha d'Adana.

Au pied de la montagne de Païas et dans un site éminemment pittoresque, on voit les ruines d'un château qui doit être celui que Willebrand nomme CanameUa*, et que Y Itinéraire de la Mekke appelle Sakal-Toutan *.

Kinneir* rapporte avoir vu à proximité de ce château et sur une langue de terre qui s'avance dans la mer, les restes d'un monument antique ayant la forme d'un obélisque.

Eu avant d'Alexandrette, l'Amanus qui descend du nord au sud et vient former le cap Rosicus, aujourd'hui Ras el- JGanc'<>(hure de sanglier), s'élève brusquement sur les eaux du golfe, de manière à ne laisser qu'un passage étroit auquel les Romains donnaient le nom de Portes de Syrie. Ce défilé, situé près de Merles, et au nord d'Alexandrette, était formé par deux murs qui, partant de la montagne, se prolongeaient jusqu'à la mer. Ce que Ton appelle la colonne de Jonas pourrait bien être le pilier de l'une des portes qui

' Corancez, ttinér., p. 97-t02.-Barker, Lares et pénates. Ad Calcem.

« Itinir., p. 136.

'Page 24.

4 Vo,j.f t.I, p. 217.

avaient été pratiquées dans les murailles du défilé*. Procope 2 fait mention de la route qui, en passant sous ces portes, conduisait de Syrie en Cilicie, et nous dit que Justinien l'avait rendue praticable pour les chariots. Au xjiic siècle, le passage dont il s'agit portait le nom de Passas Portellœ* ou Portella, et Willebrand rapporte que l'arc de la porte qui le formait était en marbre blanc *. Ce revêtement de marbre, dont le chanoine d'Oldembourg a constaté l'existence, a du disparaître après son passage par les portes Syriennes, car Bélon 5 raconte que « l'arche moult antique estoit faicte de brique et de fort ciment qui est plus dur que pierre de taille. » Selon une légende qui avait cours à l'époque où Willebrand faisait son voyage, les restes d'Alexandre auraient été déposés, d'après son ordre, au sommet de cette porte fameuse, afin que les rois et les princes, passant sous cette voûte, eussent encore au-dessus d'eux les dépouilles du héros qui, de son vivant, les avait obligés à courber la tète devant lui8.

Près du défilé on voit un khan qui déjà existait au temps de Willebrand , et que le fils d'El Rhamadan avait fait reconstruire en partie, pour servir d'étape et d'asile à la caravane qui, de Syrie, se rendait en Asie Mineure.

Un cours d'eau que les anciens avaient surnommé le Cursus^ coule auprès du château de Merkès, dont le nom

1 Kinneir, t. I, p. 247. — Corancez , pages 103-107. — Barker, Lares ami renates, p. 59.

* Edif., v, 5.

5 Sanuto, Secr. fid. crue, tiv. III, ch. h, p. 1 l. 4/fmér.,p. 435-6.

6 Observ. sing., liv. II, ch. cvii, f» 288.

• ltinér., p. 436.

veut dire château du centre1. Ce cours d'eau se jette à la mer, à peu de distance du défilé. C'est ce même château de Merkès, assis sur la montagne, à l'est des Portes dont il défendait l'approche, que Willebrand appelle castellurn r. gis riigrum- , et les chartes et les documents occidentaux, /V*grinurn *, dénomination que l'on retrouve dans les auteurs arméniens du moyen âge, sous la forme Ncgîwrtz*. Ce château appartenait au roi d'Arménie et défendait, outre les Portes, l'entrée d'un autre défilé connu de nos jours sous le nom de Bagras-Bcli Boghaz. S'il faut en croire Paul Lucas5, l'intérieur de cette forteresse était, de son temps, fort endommagé , et l'entrée en était fermée par des portes de fer.

Âlexandrette , appelée par les Orientaux Scande rotina , est située à huit heures de marche des Pyles de Syrie et du khan d'El Rhamadan-oglou *. Suivant Strabon, Alexandre, immédiatement après la bataille d'Issus, aurait fondé, sur le théâtre même de sa victoire, une ville à laquelle il aurait donné son nom. Ce géographe ajoute que, dans la même région, le vainqueur de Darius aurait aussi établi une colonie, dont le nom de Nicopolis devait rappeler éternellement le souvenir de son triomphe7. Cependant Eustathe' dit que Nicopolis est le surnom qu'Alexandre avait donné à Issus, afin de perpétuer la mémoire de ses exploits. Étienne de

• Itinér. de Consiantinoph à la Mekke, p. 2*.

* Itinér., p. 435.

5 Commémor. Arch. de Venise.

4 Sempad., Chron. rns. À

6 Vby.,t. I, p. 365.

« Sanuto, Uv. III, part, xtv, ch. 11.

' Slrabon, xiv, 5.

•Eustathe, ad Dyon., v. 419.

Byzance * affirme, de son côté, qu'Issus était appelée Nicopolis, afin de rendre durable le souvenir des succès d'Alexandre. Ptolémée % au contraire, établit une distinction entre Issus et Nicopolis, et il assigne à cette dernière une position méditerranéenne autre que celle d'Issus 3 .

Dans l'antiquité, Alexandrette était une simple bourgade, transformée au moyen âge en une place fortifiée faisant partie du royaume d'Arménie *. C'est dans cette ville ' que mourut le comte Etienne de Bles qui , avant le siège d'Antioche, l'avait occupée '.

De nos jours Alexandrette est peu considérable; les émanations pestilentielles des marais qui l'entourent en ayant rendu le séjour dangereux. Cependant Alexandrette a acquis dans ces derniers temps quelque importance sous le rapport commercial ; elle est la résidence des agents consulaires des puissances européennes et le port d'Alep. Kinneir° et d'autres voyageurs qui l'ont visitée après lui, n'y ont remarqué aucun monument antique; toutefois, nous devons signaler les ruines du cbâteau bâti par lbn-Aly Daoud , sous le kbalifat de Vasik 7 .

Willebrand rapporte qu'il y avait à l'extrémité des montagnes de l'Arménie, et à quatre journées d'Antiocbe, une forteresse de premier ordre, ayant trois enceintes de murailles. Ce château fort, qui faisait partie du royaume d'Arménie, à l'époque de Léon II, et auquel il donne le nom

« De urb.y v° Iooc<.

tGêogr., V.8.

» R. Rochette, Hi»t. des col. grec,, t. IV, pages 436 et suiv.

* Willebrand, Itmèr., p. 435.

« Robert moine, Hv. VI. .

• Vo.,., 1. 1, p. 220-227.

' Itinir. de Constantinople à la Mekke, p. 24.

de Gastim, était de son temps le sujet d'une querelle que les Templiers soutenaient contre le roi 4. Les Templiers qui le possédaient s'en étaient vus dépouillés par Léon II qui voulait se venger de l'Ordre, parce qu'il avait pris parti contre lui dans l'affaire de la succession d'Antioche. Les Templiers se plaignirent au pape Innocent III, et à la suite d'une correspondance de plusieurs années , les chevaliers du ' Temple, ayant fait la paix avec le roi d'Arménie, rentrèrent en possession du château de Gastim.

En 1265, Malek el-Mansour, prince de Mania, et ses troupes, marchèrent sur Darbesak 2, forcèrent les passages qui donnent entrée dans la Cilicie, et battirent l'armée arménienne. Celle-ci s' étant réfugiée dans ses places fortes, Malek el-Mansour la poursuivit, s'empara de la forteresse [de Gastim3], occupée par les Templiers, et massacra les gens qui la défendaient *.

A peu de distance du Ras el-Kancirestla vallée à'Jrsous, dans laquelle on reconnaît la position qu'occupait l'ancienne Rliossus que cite Strabon 5. Près de là se trouve un port qui, au besoin, pourrait servir d'échelle au commerce d'Alep, et remplacer la rade d'Alexandrette °.

Ici se terminent l'exploration et la description exacte de

« Willebrand, ltinèr. p. 4 34— Lettres d'Innocent III.

« Ce château est appelé Trapesach dans les Lettres d'Innocent III, Uv. V,

lott. XL1I.

• Sur Gastim, Cf. Raoul de Caen, ch. xlv. et Alb. d'Abc, liv. XII, ch. xx.

* Hist. des Sultans Ayoubiles et Mamelouks, dans les Extraits des historiens arabes des Croisades, par M. Heinaud. A

*Liv.XlV,v,§16.

c Corancez, p. 95.

la Cilicie, puisque Raoul de Caen 1 et Albert d'Aix 2 disent que la forteresse de Gaslim était la limite des possessions du roi d'Arménie du coté de la Syrie. Sans chercher à rien embellir, j'ai essayé seulement de raconter fidèlement les choses que j'ai vues, de décrire avec soin les monuments que j'ai visités et les lieux que j'ai parcourus. Je me suis attaché surtout à n'omettre aucune circonstance, comme à ne. négliger aucun détail se rattachant aux localités que j'ai traversées pendant mon exploration, et pouvant, tout en présentant les choses sous leur véritable jour, éclaircir des points douteux d'histoire, de géographie et d'archéologie.

Quant aux localités de la Cilicie et du nord de la Syrie que je ne connais que par les relations faites par d'autres voyageurs , j'ai dù me borner au récit succinct des faits le plus généralement accrédités. Sans doute il reste encore beaucoup à dire sur cette province célèbre qui, depuis les temps les plus reculés, fut sans cesse agitée par de grands événements et par la présence des armées des plus illustres conquérants de l'Asie. Aujourd'hui la Cilicie ne vit plus que par le souvenir du passé; les villes sont ruinées, les monuments sont détruits ; les campagnes sont désolées et ses habitants sont malheureux ; a peine restc-t-il dans la mémoire de quelques hommes un souvenir confus des brillantes épopées de son histoire; à peine trouve-t-on quelques symptômes de grandeur chez les populations nonchalantes de cette âpre et austère contrée. Un jour viendra cependant où l'Asie Mineure sortira de sa léthargie et reprendra le rang

« Chap. xlv.

« Liv. XII, ch. \\.

478 VOYAGE EN CILIC1E.

qu'elle occupait jadis au milieu des nations, l^e moment approche! Tout semble indiquer dans la marche actuelle des choses une régénération prochaine de la vieille Asie par les lumières de l'Occident. La France, qui vient de planter son drapeau sur la terre sacrée de l'Orient, si souvent arrosée du sang de ses enfants, ne sera pas la dernière à tendre une main fraternelle aux populations chrétiennes de la Cilicie, quand elles demanderont à s'éclairer au flambeau de la civilisation et à jouir des bienfaits de l'indépendance î

Monnaie d'argent du roi d'Arménie Léon II.

/fir tutf/rrwn

TABLE DES MATIÈRES

PREFACE. Pai.

FrolégomèncN.

Etat HnrsiQCx. 1.

Etat i«olitiqit. I.

Ri'.snu-' he l'histoire i»e la Cilh.if. &0

Journal du Voyage.

I. Les côtes de l'Asie Mineure a vol d'oiseau ; arrivée enCilicle ; le port de

Tarse ; débarquement ; la quarantaine et le lazaret ; Aly-Zeiffa ; mon évasion par le procédé Latudc ; course au clocher; Aly me fait cacher dans sa maison ; un homme dans un bocal C3

II. Un campement français; le consul Mazoillier; la saison de^ eaux au Tau-

rns ; M. de Lamartine et son drogman ; un héros polonais ; les gouverneurs passés et présenta de la Clllcle ; arrivée «Ton messager du pacha ; je guis fait Prince et Excellence TO

III. Une mésaventure ; le kha\adja itothros-Rok ; histoire d'une iillc enlevée

et d'un Turc assassiné ; Ruthros se fait coureur de u rancis chemins; il traite de puissance à puissance avec le pacha ; l'amitié d'un homme en échange d'an fusU 7T

IV. Tarsous et ses monuments ; le tomlieau de Sardanapale ; je mets la ville

en émoi avec un peu de poudre; une mine «l'antiquité^ ; sans-urne des

Turks ; mon domicile envahi par les casas do gouverneur ; distribution

de coups de cravache ; l'art céramique à Tarse 83

V. Un mariage grec ; musique locale ; la demande en mariage par la fenêtre ; discussion du contrat à ciel ouvert ; le trousseau d'une jeune fille grecque; un dinerde cérémonie sans assiettes ni fourchettes; entrée de la mariée ; les coups de poing et le pain bénit ; la mariée s'évanouit ; un baptême arménien ; je suis parrain 90

VI. Le» lion* et les mauvais présages ; je m'égare dans les bois ; une jgréjhjg

rgnçontTOjJa perle ilu laurus 98

VII. Préparatifs de voyage; personnel composant la caravane; un moine défroque; le- /afin - ; I'oiiii><Mopoliij ; un serpent dans un théâtre ; le p->lle ; le- milita df Lama- ; un trophée mu un rocher; \illes fondes ; liaite dan- des tombeaux. . . . . . , , . . , , .. , , Ifli

VI H. Un village abandonné; Bothros s'introduit dans une maison parla cheminée; razzia; la bibliothèque d'un lettré turkoman ; toujours des ruina ; la ::anlf de nuit et la veillée mhi> la tente ; un sarco;jha^e converti en dépôt de tabac à fumer 1 07

IX. Campement de la caravane au bord de la mer; souvenirs de la dominalion romaine et du passage des croisés; le marchand d'odaU>gues ; théâtres antiques ; leur disposition ; points de vue ; tombeaux transformés, en habitations; le drapeau tricolore à Gorigos; arrivée à Mersinc; • le corps consulaire et la marine française fraternisent ; lampions ar-

chéologiques 113

X. Départ pour Adana ; S. Exc. Mehemet Zia-pacha ; un kief troublé ; cam-

pement» jÛrkomanâ et kurdes; l'ho-pitalilé de Mouita/a-bc) ; cuisine

turkomanc; le harem d'un chef turkoman; peinture exacte des odalisques ; étrange abus de» couleurs 1 19

XI. La ville de Sis ; le couvent patriarcal arménien; le patriarche Mikael II

et Louis-Philippe ; descente par un soupirail dans les caveaux du monastère ; horrible découverte ; les luis du sang au Taurus 125

XII. Une république dans les montagne» ; comment on s'y prend au Tauros pour faire lever une excommunication ; les Kurdes ; mon escorte e>t atta-

quée ; Itulliros et moi sommes blessé?; les llousdauan-oslou viennent nous renforcer; séjour à Anazarbe 1Î9

Mil. Chasse au sanglier ; je rencontre madame la princesse de Delgiojoso ; mon cuisinier passe à son service ; la messe dans les ruines du château de Tumlo ; un pressentiment équivaut à une réalité 133

XIV. Missis ; Aias ; Moustik-bcy ; un homme qui a peur des souris; une tribu

nègre dans lc> bols ; le feu de paille ; retour à Tarsous ; le vœu et la pénitence publique ; une confession à faire trembler ; Nedjmé j 37

XV. La légende de saint Georges ; apparition étrange ; un saint roué de coups ;

le jghlfllik de Bothros; le cortège d'un pacha au xix* siècle; son parapluie et son bonnet de nuit ; la grande chasse au Taurus ; l'once court encre! , . . . . . , , . . . , . . . . . . . . . . lAl

XVI. Excursion au Kulck-boghaz ; un ours pour 50 sons ; les gorges du Taurus ; nous nous égarons dans les montagnes ; un orage comme on en volt peu ; Alerte ! une rcnconlrc fâcheuse; le repaire d'un bandit ; l'Arnaout Méhémet-aga ; affreuse révélation ; nous sommes dans les griffes du lion ; lueur d'e.-poir. l.fiO

XVII. Il fait bon avoir des amis partout; les deux brigands; Bothros nous lire d'embarras ; profession de fol d'un bandit ; excursion aux ruines du château de Bo-anti ; suite de la chasse à courre ; mes adieux à l'Arnaout ; un moine gui ne pratique pas l'abstinence ; retour au tcbifilik de Bothros ; Départ 161

TABLE DES MATIÈRES

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