‹ Voyage dans la Cilicie et dans les montagnes du TaurusChapitre 9 sur 53 · RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE DE LA CILICIE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE DE LA CILICIE

L'histoire primitive des régions voisines du Tanrus est vague et pleine d'obscurités qui ne permettent pas toujours d'en saisir les principaux faits. Les auteurs anciens ne nous ont laissé, à cet égard, que des relations incomplètes, souvent contradictoires , mais qui cependant doivent nous servir de guide, car l'imagination ne saurait suppléer à l'histoire.

Les anciens ont divisé les Ciliciens en deux classes distinctes : la première, dont Homère a parlé, et après lui Strabon, était en Mysie, dans le voisinage de laTroade; l'autre s'était établie vers le mont Tau ru*, sur les côtes de la Méditerranée. Les Ciliciens s'étendaient dans l'Asie Mineure, jusqu'en Cappadoce, et formaient une nation puissante.

Après avoir été assujettie à la domination des Assyriens, la Cilicie passa sous le gouvernement des Mèdos, qui s'y firent représenter par des satrapes. Hérodote 1 rapporte qu'un roi ou satrape de Cilicie , fut médiateur entre Cyaxare, roi des Mèdes, et Alyatte, roi de Lydie. La Cilicie était la quatrième 2 des cinq provinces que le grand roi possédait en deçà de l Euphrate ; elle payait un tribut annuel de cinq cents talents d'argent.

Lorsque Cyrus le Jeune marcha à la tète des Grecs contre

* Hi$t.t I, 74.

• Hérodote, flttt., liv. III.

son frère Artaxerxès, Syennosis, dont on connaît les monnaies 4 , était satrape de Cilicie et avait son palais à Tarse. Il fut contraint , dans cette circonstance, de contribuer pour une forte somme d'argent, ce qui n'empêcha pas les Grecs, qui avaient éprouvé quelque résistance de la part des Tarsiotes, de saccager la ville et le palais 2.

Alexandre marchant contre Darius passa heureusement les défilés des montagnes sans avoir à combattre, et s'empressa de marcher sur Tarse 3, où il faillit mourir de la fièvre, pour se porter ensuite sur Issus; là il combattit l'armée persane, la mit en pleine déroute et entra en Syrie.

Après la mort d'Alexandre, la Cilicie avec Tarse, sa métropole, tombèrent au pouvoir d'Antigone, auquel succéda Démétrius Poliorcète, son fils. C'est alors que Séleucus Nicator, roi de Syrie, s'empara de la Cilicie et de l'Asie Mineure, qui furent annexées à l'empire des Séleucides.

Antiochus IV Epiphanes passa en Cilicie avec une armée, afin de réduire les villes de Malins et de Tarse* qui s'étaient révoltées. Dans la suite, les peuples de la Cilicie, fatigués des guerres acharnées que se faisaient les rois Séleucides, appelèrent à leur secours Dicran, roi d'Arménie, que les auteurs occidentaux nomment Tigrane. Antiochus X Eusèbe fut chassé par ce prince, et resta caché pendant plusieurs années. La Cilicie était alors gouvernée par Magadates, lieutenant de ce même Antiochus.

Quand Lucullus vint attaquer Tigrane, celui-ci, à l'ap-

1 DeLuynes, Numism. des Satrop., p. M et suiv.

• Xénophon, Expéd. I.

5 Arrien, IHst. II, c. m. — Quinte-Curce, liv. HT, 5, 6.

* Machabôes, liv. II, ch. rv, 30.

Si VOYAGE EN CIL1CIE.

proche du général romain, s'empressa de retirer ses troupes de Cilicic, Tan 66 avant J.-C.

Antiochus XÏÏl, l'Asiatique, fils d'Eusèbe, rentra dans ses États, que Tigrane venait d'abandonner. Lucullus ne l'en empêcha pas ; mais Pompée, qui terminait la guerre contre Mithridate, chassa les princes Séleucides de la Cilicie, qu'ils n'avaient pas eu le courage de défendre a. Cette province tomba au pouvoir des Romains, 64 ans avant l'ère chrétienne.

Durant les troubles qui désolèrent le royaume des Séleucides sous les deux Antiochus, Gryphus et Cyzirénien, une grande partie de la Cilicie qui en dépendait parvint à secouer le joug. Ce pays, qui, ainsi que le dit l'histoire, aurait été gouverné par un prince du nom de Tarcondimotus, ne formait pas à cette époque un Etat particulier. Ce prince dut sa couronne aux Romains, qui, de l'avis de Pompée, voulurent reconnaître sa valeur militaire et le dévouement dont il avait fait preuve lors de la défaite des pirates a. Tarcondimotus s'établit avec le titre de roi dans la Cilicie supérieure \ et légua ses États à Philopator, auquel succéda Tarcondimotus II.

Dans une autre partie de la Cilicie existait, bien avant la conquête romaine, uue autre famille princière qui gouvernait Olba et les provinces de lTsaurie, au sud d'Iconiuin ; elle se composait de prêtres- rois voués au culte de Jupiter et au service du temple d'Olba. Polémon, avant d être roi

1 Moyse de Khoivne, Ilist. d1 Arménie, liv. II, ch. xiv à xix.— Appien, Syr.,

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