‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 108 sur 160 · Trawnik, trente-cinq yillages; idem · texte numérisé non relu

Trawnik, trente-cinq yillages; idem

7. Kiapha-Crabous (le sommet du crodiet), dotose vîDages; nombre des habitants inccmna.

S. Pesa, trois mille familles catiioliqaes, et douze cents mabométanes.

(x) Dans lltîneraire d*Antonin , les distances depuis Dyrracbium jusqu'à Bysance sont cotées , depuis cette ville juqu*aux portes clodiennes M. P. XLIII.

Scampi M. P. XX

-CHAFlTaS XXIT. Sst

sont calculés à six cents spâbis ou timarlots , et dans le cas de guerre les habitants pourraient armer en sus sept mille hommes, en levant un soldat par famille mahométane. Tels sont les revenus et les forces du pachalik d'Elbassan , qui produit du blé , du mals^ de rhuBC) du vin, et parmi les fruits, des coings d une grosseur prodigieuse. On y trouve aussi des chevaux de montagnes d'une vitesse admirable , deê bœufs et de nombreux troupeaux, qui font la ri-» chesse principale des Albanais nomades.

Je pense qpe le second pachalik de la moyenne Albanie ) dont je viens de faire connaître les parti'' cularités essentielles, dépendait du pays des Eor*» dètes (qu'il ne fai^t pas confondre avec les Eordes de la Macédoine),* puisqu'on retrouve ici les mines dé Daulas, et dans le nom du Genossus (que les habitants appellent Scombi et Tobi), le souvenir de deux villes citées par Ptolémée (2). Il me paraît aussi que le canton de Pekint est le méiçe^ que les historiens du siècle de Scanderbeg nomment Seouria.

Ce voivodilik, qui s'étend, comme je l'ai dit, sur les deux rives du fleuve..Tobi,.cdmpte dans son arrondissement tretite village habités en grande partie par douze cents Seimilles catholiques dépendante^ pour le spirituel de l'archevêque de DnrasEza Ain«i il ny a de Mahométans qua Pekini, bourgade detrois cents feux, d'où il y a cinq lieues nord jusqu'à Du^

(i) Éop^rrcl dîciHitiir Pto1em«ô cajus nrheê XxA^airtTc, Ai^^fi«', Ao^ac Paudoi.) Gr,,Jnt.,\iih. I, C..34. • •

3aâ VOtAGt DANS LA CRECBf

razzO) troÎB lieaes et un quart avec Cavailha , et sept milles jusqu'à la mer.

Après avoir traversé le fond dangereux du 6e« nussuS) sur lequd il n*j a de ponts que dans la vallée d'Ëlbassan , dans une heure et demie de marche ) on arrive par le travers de Bosti , grand village situé au penchant des montagnes qui se prolongent au septen* trion, vers la vallée du Drin. Sur la gauche , on dé* couvre l'Adriatique et ses plages inhospitalières, où Ion aperçoit à de grandes distances quelques tours et des villages isolés. Dans la direction de*Bosti, on voit plusieurs hameaux , des plans très-étendus d oli* Tiers» une culture tracée par de profonds sillons, qui attestent la force du sol végétal, comme les habitants annoncent, par leur vigueur, ces Guégues auda* cieux nés pour la guerre, dont la haute Albanie se glorifie» Là, tout est féroce, tout est armé^ et les femmes^ dédaignant le voile et les fuseaux, sont chargées d*énormes. pistolets et d'armes, indices de la barbarie qui semble avoir fixé dans ces lieux le siège durable de son empire.

• A une lieue de Bosti, en laissant sur la même ligne Courtchiari , on arrive au bout de trois milles à Cavailha, petite ville bâtie sur une colline qui se rat* tache à la masse centrale des montagnes de la Gan* davie. Cechef4ieu du second voivodilik ou seigneurie de la haute Albanie , dont la population est de quatre cent trente fiimilles turques, est éloigné de trois lieues et un quart de Pekini, de sept d'Elbassan, de six de Tyranna^ de trois de Durazzo, et ne présente au*

CBÂPIT&B XXIT. 323

cune particularité à rattention du voyageur. Dans cette périphérie, la juridiction du Yoivode et du cadi 5*étend sur trente-cinq villages mahométans et qua* rante-six autres habités par des chrétiens latins , qui ne possèdent guère que six mille individus, tandis que les autres en renferment au-delà de dotixe mille cinq cents^ sans compter les colbans ou bergers. Ces no* roades errant de montagnes en montagnes, exempts de tributs , de redevances , ne se rappi^ochen t des villes que pour échanger le superflu de leurs produits contre des objets appropriés à leurs besoins. Cavailha jouit d'un territoire trop riche , pour ne pas être sous la tutelle de quelque voisin puissant Aussi le bey, qui tient ce voivodilik, après avoir été long-temps tributaire «lu visir de Scodra, est actuellement sous le patronage de Capelan pacha de Croie, créature et à son tour tributaire du satrape de lanina.

Deux chemins différents conduisent de Cavailha â Scutari ou Scodra^ capitale ancienne du royaume de Gentitis, prince des Illyriensi et maintenant chef- lieu du sangiac de la haute Albanie ou Gué* garia. Le premier s^ouvre dsoit au nord sur les débris d^une voie romaine , qui existait probablement, lorsque César (i) , doublant le col du prc^ montoire de Dyrrachium, en s appuyant aux montagnes de rillyrie, parvint à faire sa jonction avec ua de ses corps d armée , que les vents contraires avaient forcé de prendre terre aux environs d'Alessio. Ce chemin est reconnalssable par les débris dune chaussée

(l) De Bello ciyili, lib. UI.

ai.

624 VOTA⣠DANS Lk ChÈG£,

qui existent encore jusqu^à Seraso. Mats les torrehU rayant rompue en plusieurs endroits , elle n'est guère pratiquée que pendant Tété, lorsqu'on peut, sans Crainte de s enfoncer dans les marais^ suivre ce rac*tDourci, ou bien par les caravanes que leurs intérêts appellent dans la vallée de Croie. Dans les autres saî^ sons, et plus ordinairement, les voyageurs qui mar^ 'i[;lient par relais de postes ou menzils^hanés ^ doivent passer à Durazzo , et suivre ensuite la côte de la mer jusqu'à Alessio^ qui est TAcrolisse des anciens et là tille appelée Lestron ( Aeç-pcov) par les Byzantine. En èortanl par ce chemin de Gavailka, dans vingt minutés au nord-ouest , on arrive au bord de VUluleus ou Spimatza , qui vient du mont Eridan maintenant appelé montagne d'Iscamp , du nom de Scampes , ville que les itinéraires romains fixent à soixante •> trois mille pas de Dyrrachium. Après avoir guéé la Spir* natza qui tarit en été , on fait le tiord plein l'espace de cinq milles , ayant à droite un grand nombre de villages ) des camps de bergers et des vastes lisières de forêts de chênes propres à la construction. Etifin en ra^ battant à loccident durant une lieue , on entre à Du^ razzo 9 chef^lieu du troisième voivodilîk de la haute Albanie.

Je ne répéterai point ici (i) <!e qu'on trouve dans

(a) yorez Scylaz , Thucydide 4 Aristote , Polybe » Scym. , Diod. , Strab., Plut., Appian.y iElian., Pausan., Dio. , Sozom., Coost. in Themat.y Nicetas, etc., etc., parmi les auteurs grecs; Caesar, Clcer., Tit.-LiT., Mêla., Lucan., Plin., Solin., Fest., Vitruv., etc. , pour les auteurs latins.

pALStEB., Dt Greec. Jntîq.^ Ilh. I, c 19, p. 1 13.

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CHAI»ITAE XXIT. 325

tes auteurs anciens au sujet d*Epidamne et de Dycra« chium y dont la situation et l'origine sont connues* Réduite en colonie romaine par Auguste (i)> érigée en métropole de toute rillyrie , puis en duché par Tem* pereur Michel, prise et occupée par les Normands aux ordres de Robert Guiscard , soumise enfin par .Bajazet JI, conquérant de l'Albanie, Durazzo, malgré les tremblements de terre quelle a éprouvés, malgré les oatastrophes de tant de> sièges et de guerres, dont elle fut le théâtre , (Nrésente encore dans ses décomr Jt>res, les traces.de deux enceintes distinctes. Ce fait, que je retrouve .consigné dans Anne Gomnène (2), sert à distinguer TEpidamne pélasgique qui fîit l'acropole des fondateurs de cette ville, de Djrrachium, devenue dans la suite la ville de commerce des Grecs, des Romains et de tous les conquérants qui se sont .succédés sur ce promontoire que l'Adriatique bat de ses flots orageux, contre lesquels les vaisseaux n'ont pour asile qu'un ancrage peu tenable , et un mouillage mal abrité (3).

. (i)Dio.,Ub. XL

(3) Aim. Coamen. dk que Robert Guiscard oampa tja milieM des ruines d'Epidamne, lorsqu'il faisait le siège de Dyrrachium, qu'elle distingue ainsi de la irDle primitive : Kal M Ivtoc tô*v

'>jiàÇaç irtinyvuTo. Lib. h Joannes Scylîtzes CnropalatM , ûi ireviarlo, p. 855, edit. Reg..; Cçostantin, in,Them,;Dtxip,f m Chron. eam recenset in Macedoniam. Palmer. Ibid,

(3) Terribiles ratibas tuttentant mœnia caates

loniumqae fureiu, rapido cam toUitvr aiutro, Templa donotqae qoatit, spumatqae in calmina pontut. Luciiï., lib. VI.

3^6 TOTAGE DANS LA GRSCE,

Diirazzo , bftiie sur les ruines de Djmchium y de laquelle on retrouve chaque jour quelques débris historiques, est une place murée, garnie de canons, et fortifiée à la turque, qui renferme dans son enceinte quatre cents familles mahométanes, et un corps de janissaires commandés par un voivode. Pftr la rouille des institutions qui soutiennent encore de leur force d'mertie l'empire ottoman , cette forteresse, comme toutes celtes des cotes de la Grèce, est une ^ille de guerre, une anarchie, un repaire de pirates, un séjour d'assassins , et le réceptacle impur des scélérats qui peuvent s'échapper des c6tes de Tltalie. Hors des murs de la moderne Poneropolis (i), on voit le Varochi ou faubourg habité par six cents familles catholiques romaines, qui y ont une église dédiée à saint Roch, restaurée au prix des aumônes accordées à son vénérable pasteur en 1809, par un général français. Cette basilique , b&tie par les Normands , était naguère encore la cathédrale de l'archevêque latin ^ qui a été forcé de transférer sa résidence à Corbina, dans le pachalik de Croie , à cause des persécutions des Turcs de Durazzo, auxquelles il ne pouvait plus résister. Ministre de paix, ce prélat, redevable de se» jours au troupeau que le ciel lui a confié , sans perdre de vue Fégiise de Dyrrachium, s est rapproché des Mirdites, sujets fidèles du grand-seigneur, parce qu ils sont des chrétiens purs, mAis qui , en respectant Tau-

Ci) Poneropolis, TÎlle àti méchants; ce nom fut donné primitl-vement à mie autre TÎUe que Philippe avait peuplée de sacrilèges. C'est maintenant Philippopolis.

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