CHAPITRE XXVÏt. 38l
duit à Moachari, si on tourne au nord, on suit une rampe pratiquée au flanc des montagnes, qui donne entrée dans le cratère de Delvinaki, en laissant à droite une coupole arrondie couronnée d*une chapelle dédiée au prophète Élie , dont le culte a remplacé celui du soleil , sur les montagnes de la Grèce. Ce fut le x5 mai 1806, que je descendis pour la première fois à Delvinaki. Jusqu'alors je n*aTais vu dans rÉpire, que des Tilles ou des villages bâtis dans des lieux escarpés , d'autres attachés aux crénaux des montagnes comme des aires d'aigles! J'en trouvais là un placé au fond d'un entonnoir et caché dans une coupe formée de rochera , qui semblent le dérober aux recherches des voyageurs. La population était en fête, on célébrait un panégyri (i) composé comme au siècle de Rhée , des laboureurs et des bergers de la Thesprptie. Des danses* formées par les plus belles femmes de FÉpire, vêtues de bure blanche , la tête et le col enveloppés d'un schal de laine jaune semblable au voile de l'aurore, couvraient la place publique. Dans une autre partie du lieu des exercices, les jeunes gens parés de bluets et de fleurs de grenadier, formaient des chœurs séparés. Les vieillards assis à récart, paraissaient à leur gravité et par leurs suffrages, présider une de ces solennités
(i) Les panégyrit de la Grèce étaient, comme on sait, des •olennités on lètet pnliliqnes. On se sert maintenant du même mot pour désigner une fête de rillage, ou une foire oorerte au commerce. Ilavinyu^c, fête pnbUqoe, Herodot., lib. YI; foixe om marché, Cie. Tnscnlan.
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antiques, dans lesquelles llieureuse Grèce, mère des plaisirs, couronnait ses enfants au milieu des acdamations des peuples accourus à ses fêtes.
A peine descendu de cheval , je vins prendre part à Fallégresse publique, et les Gérontes qui m accueillirent avec amitié me donnèrent une place à ^té d eux. J'avais laissé mes Turcs au logis , avec défense d*en sortir, et cette attention qu'on sut apprécier, me valut des égards que sans cela je n aurais pas obtenus. J'étais à mon aise au milieu de ces bons Thés» protes, et je me crus un moment transporté parmi mes compatriotes , tels que je les avais vus aux jours de ma jeunesse , lorsque la France vivait dans Tinno* cence de ses mœurs aimables et folâtres !
A l'apparition des premières étoiles, on alluma des Émaux remplis de bois résineux^ et les voix discordantes des hommes qui alternaient avec les femmes ^latèrent; on chanta la gloire des rois chrétieniç qui chérissent leurs peuples, on dianta les charmes de la paix, en déployant les longues évolutions de la danse Roméîque. On se disposait i commencer la Pyrrhique, qui fut inventée, dit-on, par les Cretois, lorsqu'au signal donné par la simandra (i), les danses s'arrêtèrent , et les regards se portèrent du côté où
(i) 2i$p.avTpov. On sapplée aux cloches, ^ont Vusage est délendu en Turquie, par une plaque en fer, sur laquelle on frappe avec on marteau, pour appeler les fidèies ans exercices de k religion. Dans les Tilles , on se sert d'i^e ci^écalle ou -du mînis* tère d'un crieur (appelé xpo^ucy mot qui répond au xvpo^ des anciens) pour annoncer les offices. yoy€z pour le Simantron, Saint-Ephrem, t. m, p. 357.