CHAPITRE XX?fl
paysans criaient que cétait un ivrogne (i), un homme incapable. Le visir dit pour toute réponse, qu'il vou-lait sa tour dans Tëtat où elle était y lorsqu'il l'avait nommé Belouk-bachi ou Capitaine ! A quoi le papas répliqua y sans se déconcerter, qu'il ne l'aurait pas, « quand tu devrais, dit*il, me faire pendre, ce qui ne sera pas. — Bon» dit le visir, cela est particu* lier. — D'abord, seigneur, je n'ai au monde pour tout bien que ma femme, qui est vieille, et quatorze ehèvres qu'elle mène paître dans les montagnes. Quand on vendrait tout cela, il n'y aurait pas de quoi faire construire la porte de la tour; mes en* nemis le savent! Mais ce que votre altesse parait ignorer , c'est que ces hommes , si zélés pour son service, lui doivent depuis plus de douze ans, les dîmes du vin. Eux qui me taxent d'ivrognerie, ils font payer le vin aux pauvres , et ils le boivent. — C'est ainsi qu'on me sert , repartit en soupirant le visir , puis on s'étonne comment je suis pauvre (a) ; et cela fait par an ? — Plus de dix mille x>ques de vin , sans compter l'eau- de • vie qu'ils distillent. — Oui, du vin, de l'eau-de-vie! je n'ai personne, personne au monde dans mes intérêts; voilà comme on me ruine; et cela fait? — Plus de quatre mille piastres par an, seigneur, au bas mot. — Voyez, cinquante mille
(i) iTTogney |Aift6dipoic> Aoairâç; de pareilles înTectÎTef ne le* «raient pas reçues devant nos tribunaux; mais ici tout se fait et se dit, à la manière Jet héros d'Homère,
(3) Ali pacha aime à dire qu'il est pairrre, t7u.ai frwxoc; le pauvre homme a pUis de cent millions dans ses coffres à Tebelcn et è Argyro-Gastron.