YOTAGB DANS LA GRECE
piastres et auunt d'intérêts , car ils mont sans doute ¥olé bien d'autres choses! Mon fils , je te fais Codjabachi ( primat) , à la place de tes dénonciateurs, qui resteront en prison jusqu'à ce qu'ils aient payé ce qu'ils me doivent. Le village rebâtira la tour brûlée à ses frais. Pour toi, sers -moi fidèlement. — 'Mais, seigneur, oii logerai-je ? Je suis nu, qui m'habillera? -^ Je te donne d'abord la maison de cet homme-là, » dit-il en désignant un des Cadja^bctchis destitués. Puis s'adressant à un de ses secrétaires : < Écris un bon sur les marchands de Janina, afin que pour F amour de moi^ ils aient à habiller le papas de la tête aux pieds, et comme il faut.» On allait appeler d'autres causes, lorsque je me retirai. Le conseiller , qui m'avait fait signe de me taire, me dit, quand nous fûmes éloignés : « Vous voyez un échantillon de notre gouver- « nement. C'est par-tout la même chose, en petit ou « en grand. Moi, qui suis Turc et favorisé du prince , « je ne pourrais pas dire si je coucherai demain dans « mon lit. Vous vouliez faire une remontrance pour « les habitants de Goucoulios; rassurez-vous, le sérail « ne sera pas bâti. Philippe ( surnom qu'il donnait à « Ali pacha, en faisant allusion au père d'Alexandre, «qui était un fourbe pareil), veut ruiner les habi- «tants, afin de les forcer à lui vendre leurs immeu- « blés, et à faire de leur village un tchiftlik ; voilà tout « le secret. Les Godja-bachis qu'on vient d'arrêter se- « ront dépouillés , comme le papas qui les remplace , « quand on Taura laissé s'enrichir. Voilà comme tout « marche! Les primats volent les Grecs, les Pachas les « avanisent \ le Sultan hérite des visirs, et il est pillé par