PRÉFACE. . XXXIII
compte parmi ses littérateurs les plus distingués. Je ne serai point suspecté de partialité, si on se rappelle avec quel dédain les hommes ont été traités de tout temps par les despotes de VOriént, dont Torgueil, déguisé sous le masque d'une fausse philosophie , voit avec là plus coupable indifférence les catastrophes que Dieu permet , dans la sagesse de ses vues , pour élever ou pour abaisser ses créatures. Si la réponse de Tamerlan k Bajazet nous révèle ce qui se passe dans le cœur d'un conquérant barbare (i), l'histoire nous apprend à son tour que les caractères pei^rers et les sentiments atroces découlent naturellement de la tyrannie. Jamais un despote , ni un usurpateur, qui ne peuvent et ne doivent régner que par la vio-
(i) Le même jour que Mir-Timur (Tamerlan) prit Bajazet, il le fit «mener derant soi^ et 9 le considérant attentÎTement au ' filage 9 il se mit à lire : de quoi Bajazet indigné lui dit fièrement : « Ne te ris point de ma fortune, Timar; sache que c*est Diea qoi est le distribntenr des royanmes et des empires» et qn'il t'en pent arriver antant demain qu'il m'en arrive aujonrdlini. » Sur cela, Mir-Timur lui fit eette sérieuse réponse : « Je sais ce que tu me dis, et à Dieu ne plaise que je rie de ta mauvaise fortuit I Mais, en considérant ton visage, ceci m'est tombé en pensée, qn*jl faut que ces royaumes et ces empires soient devant Dieu et peut-être en eux-mêmes bien peu de chose, puisqu'il les distribue à un vilain borgne oomme toi et à un misérable boiteux comme moi. >
Bbkkiba, Voyage du Mogot, 1. 1, p. aa3) saS,
XYZIY P|ljl£-FAC£.
lence, puisqu'ils ffoot U produit ^ rinjpsticr, n'ont songé à rendre les pçuples beitreux. J^o* fanis de leurs œuvres j, ils se coiqplaiieot dans le crime, parce ^'il est leur élément, commç la vertu et la bienfaisance sont l'e^s^fice des princes légitimes que le ciel donne aw^ i^atiow pour veiller à leur bonlieur sur la terre. Çç^ faits admis, on ne sera plus éianné de la ,p^ versité du vbir AU pacha, qui, ppuvapt tfMit, a tout o^ , et semble avpi|- pris à ti)che d'é* puiser les fayeuf^ d'unis fprtuqç s^v^u^Ie dçnt il ne s'est jamais servi poMr &ire i|oe açlipn lïonprable. I^ récit de la vie désastreiif^ 4Va pareil homme n'étant pas une monstruosité fictive, sa marche m'^ «^rvi k dérppli^r jup système de politique propre ai)x ^opv^rnçments absolus , dans l'acception tout entière de cette dénominatiop. C'est aussi en dévoilait l'iniquité ténébreuse des combinaisons d'un ty-ran classique y que j'ai compris le sens de plusieurs passages de Tacite qu^on a trop loi^gtemps regardés pomme des sarcasmes ou deis exagérations. J'ai vu en frémissant, dans les hommes soumis au moderne Néron, les RomaïQS courbés spi^s le glaive du fils d'OEnobarbus, livrant bieiis, honneur, conscience, patrie, et jusqu'à leur vie, dont ils se dépouillaient sans employer la résistance naturelle que
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rbpmmç de bien eat tenu , par conscience et par devpû*, d oppo»^ aux attentats du despotisme, ^prèft c^ récit épouvantable des forfaits de la tyrannie, suit la statistique de la Grèce. Avec son exposition , recommence la discussion des auteurs anciens , pour mettre en parallèle la situaliop de c^tte contrée au temps de sa splendeur, ati^ eellfs où elle se trouve réduite. Cet aperçu, d^ns lequel je présente sommairement l'état d^ 1^ population du pays par lieue quarré^y est ac4qi|ipàgné de rjemarques sur les poids et jpesures. Le dépombreiAent approiiroatif des troppisau]^ paumas au tribut^ ainsi que tous les genres d'impositions inventés par les publicains 4^ I^ome, qui fie le cédaient en rien à ceux des 0iabométan9(i); les foipea instituées dès la plus liante antiquité, et qui subsistent encore, sont
(z) Agonies Pedankis (In DipinaL^ c. zo) &oa9 Aiit confiaitre nne partie «dèA agents employa par les fermiers.- gêné « xanx de Rome* teU que ceax ^î étaienf chargés de perceroir les dîmes, Wf do^fpes ,.et 1^ droits s«r les parcours, comme cela se pratigiie encore 4*P* H Torqiiie. Si decimoê ndùmaii, de* cumani apeUtuUur; si portupt , portitores ; si pascua puhUca^ peçuarii : -quorum ratio scrotum Jicitur, Ces financiers étaient aussi considéra pv les patriciens qolls le sont par les ministres de S. H. ; et Gcéron prçfes «e un profond respect poiyr eux » comme on le voit en plusieurs endroits de ses ouTrages, et notamment dans «es lettres à Atticns , qui remplissait les fonctions d*exacteur à Sieyoney lorsqu'il Finfite à presser la rentrée des sommes que cette Tille devait aux nahUs publicains de Rome.
Epist. lib. l , Epit*<r 19 ; liB. II, Epist. 1 et 90.