‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 139 sur 160 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

les dérivations, que les paysans savent pratiquer pour les employer aux irrigations de leurs chauips. Là, ce sont des batardeaux adroitement calculés ^ qui détournent une portion de ses eaux dans des aqueducs, pour les verser au milieu des maïs et des plants de tabac. Ici une pyramide hydraulique construite d'après les procédés des souterrazzis , élève sur les coteaux et jusqu'au haut des montagnes des eaux prises à une grande distance. Un village s'empare ailleurs d'un affluent du fleuve, pour répandre la vie et l'abon* dance dans des lieux élevés, où les moissons prospèrent par cette heureuse industrie. Ailleurs, on détourne les sources de leur pente naturelle ; et de quelque côté qu'on porte ses regards, depuis le pont de Raïco , on n'aperçoit au fond des gorges , au. penchant des coteaux , au faîte des montagnes , que champs de maïs, de millet, de calemboch, de tabac, qui croissent, comme sur le terrain le plus riche en eaux spontanées. Ces prodiges de l'agriculture , sont cependant le travail d'un peuple accablé de corvées , de redevances. Le village de Dogliani , que je viens de nommer, forme le sommet d'un triangle avec Sclavi et Solopia, dont les distances corrélatives sont de deux milles. La vallée dans laquelle ils sont situés est baignée par une rivière bordée d'une riche culture, sur laquelle il y a plusieurs moulins. A une lieue de Solopia, vers l'occident , est situé Mouchaga , à pareille distance inférîeurementBeza, enfin cinq quarts d'heure plus à l'ouest Calibaki, au-dessous duquel le fleuve s'enfonce dans un récipient qui sera décrit en son lieu. Les villages que je viens de nommes

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étaient la propriété des agas de Philates, et Us venaieiic de passer sous la domination d'Ali pacha , lorsque j% les visitai en i8ia. Déjà leur prospérité décroissait , lorsque des mahométans de GoAra, peuplade adonnée au commerce, qui avaient des comptoirs depuis Cons« tantinople, jusqu'au bazard des Plosqties de hi ville de Raguse, j apportèrent vers la fin de i8i3, les germes de la peste. Cette maladie , méconnue à son invasion , se répandit comme un incendie et dévora les habitants, à l'exception de quarante individus, qui en fuyant la mort , la répandirent dans tout leur canton. Le Cazi-di«Scala fut alors presqu^entièrement dépeuplé, et ce beau pays ne se relèvera sans-doute jamais au degré de splendeur , auquel il était parvenu , avant le double malheur de tomber au pouvoir d'Ali pacha , et d*être ravagé bientôt après par la peste.

Des tours de Vigla, où j'ai interrompu mon itinéraire direct de Janina k Philates , pour faire connaître le Cazi-Di*Scala, qui est un enclave de la vallée inférieure de la Thyamis, on découvre le canal de Gorfou, et la haute mer au-delà de Tile, quoiqu'on soit éloigné de plus de neuf lieues de la plage continentale de Kérachia. Sur la même montagne, à la droite des tours, on laisse une demi«lieue au nord, le riche village de Kéramitza, habité par cent cinquante Cimilles chrétiennes, dont les plus aisées font le commerce des bœufs destinés aux approvisionnements de Corfou. Après être descendu pendant une demi«heure i travers les précipices creusés par les torrents, on se trouve au bord de la rivière Kéranûsta , qui après avoir coulé du nord au midi, tourne à Toccident.

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