‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 149 sur 160 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

époque très-moderDe; et les sapins qui couvrent les montagnes, semblent , à défaut d'inscriptions y ayertir qu'on a retrouvé Elatée (i). Les paysans en cultivant la terre aux environs et au milieu de ses décombres, en ont exhumé des idoles en bronze, des massues, des couteaux du même métal , et jusqu'à des vaseft étrusques y qu'on découvre en fouillant les tombeaux. Parmi ces objets d antiquité qui m'ont été offerts, j'ai vu un marteau de bronze à deux tranchants, du poids de six livres, semblable à celui des tailleurs de pierre ; quant aux vases, ils étaient tellement frappés de vétusté, qu'ils se brisaient au moindre choc; ainsi je n'ai pu en conserver aucun.

Un mille au midi des ruines présumées d'Elatia, on descend au village de Yelani (2). J'avais vu disparaître à l'orient des monts Olichiniens le Selleïs ou Achéron ; je retrouvais ici l'un de ses. affluents, dont les eaux viennent des environs de Paramythia. Si, comme le disent les ërudits du pays, cette rivière est le Gocyte, les lieux décrits par les mythologues commençaient à s^expiiquer. Torrent impétueux en hiver , lorsque les pluies et les avalanches des monts Cestriens inondent la campagne, les chaleurs du moii» de juin diminuent son cours; et après la canicule il ne traîne plus qu'un filet d'eau presque entièrement absorbé par les irrigations auxquelles on lemploie. Comme ses bords champêtres ne portent point les carac-

(i) EHatîa^ les sapins.

(1) Velani, le village des chênes valonlen.

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tèreê terribles dont les poètes ont chargé letirs tableaux , et que ses eaux sont celles de tontes les n- ▼ières qui deviennent nauséabondes par l'échaufifement du limon , je n^y vis rien de particulier» Mais il fallait aux Grecs des prodiges; et comme le Cocjte tombait dans l'Acbéron , qui n'a rien non jrfus de sinistre que son nom y ils avaient relevé l'importance d'un ruisseau torrentueux (i), afin d'en orner leurs enfers.

Deux lieues au midi de Param jthia , sur le côté oriental de la rallée, si on laisse à droite les villages de Garbonari et de Sevasto , en fiiisant le sud - est pendant une heure et demie, on arrive aux ruines de Pandosie, qui sont éloignées de trois quarts de lieue environ de la rive droite de l'Achéron. Les his> toriens et les géographes (a) qui ont parlé de cette ville comme d*une place importante, sont justifiés par l'étendue de son enceinte, dont la base est de construction cyclopéenne. Son antiquité et les nombreuses découvertes archéologiques qu'on ne cesse d'y faire journellement, et qu'on y ferait avec beaucoup plus de succès, si on pouvait y entreprendre des fouilles régulières , démontrent sa splendeur. C'est du sein de cette terre aussi TÎerge , puisqu'on n'en a retiré que des objets mis à découvert par le

(i) Omnia GrsBci sua in immensum toUnnt. M^gaob.

(i) Ces auteurs sont Démosthènesy Fayorinus , Strab., lib. VII» p. 3i4; Plin.y lib. IV, c. i ; Steph. Byc., p. 5i4; Théopomp., ^ 44,Hi8t. de l*Établis8. des Col. grec. t. i, p. ax^ à 33 1.

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