Les notaires
(r) 1667, époque du tremblement de terre qui couvrit dr ruines l'état de Raguse. La noblesse, qui perdit une partie àé
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préjugés étaient poussés à tel point, que les alliances s'appariaient invariablement en raison directe des quartiers. Mab, comme toute race qui ne se croise pas, s'altère et dégénère en dépit des parchemins , la nature se vengeait de Toutrage fait à ses lois, et un grand nombre de familles patriciennes étaient affligées du comidalis morbus d'Hippocrate. Cet avis du ciel leur disait en vain de se rapprocher de la noble condition de Thomme , pour conserver le type primitif de la vigueur esclavone; ib préféraient former une espèce dégradée, mais noble, plutôt que de déroger ! Par suite de la plus honteuse vanité, Torgueil des maîtres passait dans lesprit de leurs clients , de leurs valets , et de leurs serfs qui copiaient en grotesque les ridicules de leurs patrons. A 1 église (i) , au spectacle , au café, les nobles avaient
ms enfants y écraflés mus les déliris de la salle du conseil, où ils étaient assemblés, afin de recomposer sa corporation, y admit un certain nombre des meilleures familles de la citadinanza, qui ayaient surrécu à cette catastrophe. Elles furent déclarées nobles, et inscrites en cette qualité sur le registre du miroir. Mais, par un de ces caprices trop ordinaires, les souches mères prirent le nom de Salamanque, et les familles ennoblies celui de Sorbonne, sans qu'on puisse dire pourquoi on fut chercher ces dénominations ; si oe n*est qu'on voulait une distinction , au sein même des distincttOBS.
(i) Le recteur ne sortait jamais qu'en cérémonie, pour assister aux processions et aux €Hes publiques. L'almanach de Raguse indiquait aussi exactement ses promenades d'étiquette, que les quartiers de la lune. On voyait, aux époques consacrées à la manifestation de cette puissance, écrit en lettres rouges : Oggi sua iertniia ti porta al domof Sa sérénité sê rmd aujourd'hui au
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des places d'honneur, et nuls signes distinctifs, si ce n'était de s afKibler du costume de juges , sous lequel ils passaient la moitié de leur vie. Les dames , gentil donne Ragusee , avaient pour prérogatives des ehaises à porteur armoriées de blasons , et des préséances dans tous les lieux de réunion.
Le peuple, placé sous les pieds de la noblesse, formait trois classes distinctes. Celle de la citadinanza , ( ayant le droit de cité ) , pouvait être considérée comme la classe des affranchis dans lancienne Rome. Les femmes de cette condition étaient admises au théâtre , dans un rang de loges parallèles à celles des dames nobles^ qu elles effaçaient par leur beauté et par l'éclat de leur toilette. C'était là leur prééminence^ car elles étaient tenues de rendre des visites aux patriciennes, à certains jours marqués, tels que ceux des grandes fêtes, et quand leurs seigneuries étaient en couche. Alors le» gospodes^ ou dames nobles, leur accordaient Thonneur du tabouret, en ayant grand soin , dans la conversation , de ne pas leur donner le titre de madame^ mais en leur adressant la parole par leurs prénoms de Marie, Thérèse, ou Jean-
dome. Quelle sérénité et quelle pompe I Le recteur, vêtu d*une toge rouge réparée de mille pièces, marchait à la tète de son sénat, habillé de longues sîmanres noires frappées de vétusté. Ce cortège était précédé d'une musique composée en tout, d'un grand cor de chasse et d*nn violon, qui ne s'accordaient pas mieux que les prétentions de la Sorbonne et de la Salamanque. Le ridicule avait porté depuis long «temps un coup fatal à ces vieilleries, qui n'existaient que parce qu'elles avaient existé.
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neton; on veillait même à ce quelles n'eussent pas de noms de saintes trop distinguées. Une Atala^ une CélestinCf une Emrnaj auraient causé de grands scandales; mais les lois somptuaires avaient pourvu à 1 empêchement des progrès du romanesque (i). Quant aux hommes , presque tons s'appelaient Mathieu. C'était même, au grand déplaisir des partisans de Saint- Biaise, le nom pati'enimîque dominant dans toutes les familles de la république.
La seconde classe plébéienne était celle de la bourgeoisie, portion respectable de la nation, puisqu'elle comprenait les capitaines de vaisseau, hommes renommés pour leur probité, les marins et les consuls que le sénat chargeait de défendre ses capitulations et son pavillon à Tétranger. Leurs femmes n avaient ni tabouret chez les patriciennes , ni loges au thé&tre, oii elles n'étaient reçues quau parterre, et travesties, au lieu de domino, avec la capote de marin. Mais aux promenades et à l'église, elles se vengeaient dune caste décrépite, par lelégance de la mise, et par le/ avantages effectifs que la richesse donne sur les titres. Pour les hommes*,
(i) De mon temps, deuK capitaines arrivèrent à Raguse avec des Taisseaux achetés à l'étranger. L'un portait le nom de Nep^ lune, et l'autre celui de Fénus, h la lecture des pièces de bord, l'oligarchie frémit de cette innovation. Le sénat s'assemble. Les noms de Neptune et de Vénus, donnés à des bâtiments portant le paTÎHon de Saint Biaise? On crie à l'impiété, an sacrilège, et il est décidé, que le Neptune s'appelera ie Suint^FranfoU , et la Fénus, la Sainte-Thérèse!.,,