TOTAGE DANS LA GRECE
je jouissais du tableau général des objets pla* ces sous nos pieds ^ qui se dessinaient comme dans un panorama. Bientôt nous rencontrâmes des voyageurs et des femmes albanaises, qui filaient en conduisant leurs troupeaux. D autres retournaient déjà vers leurs villages , chargées d'énormes faix de bois , et roulant leurs fuseaux avec autant de facilité, que si elles n'eussent rien porté. Notre présence ne parut pas les embarrasser, et elles répondirent sans hésiter aux questions quon leur adressa. Dans une demiheure, nous eûmes dépassé le village de Moursina et les tours du défilé de ce nom , d'où nous plongeâmes sur la vallée de Drynopolis, dont Argyro-Castron est le chef -lieu. Après avoir parlé au chef des Dervendgis, on mit pied à terre, pour descendre la rampe pratiquée entre le flanc de la montagne de droite , et un torrent profond bordé par intervalles de touffes de lauriers- nobles rabougris, et dans une demi-heure, nous arrivâmes à un khan bâti près du village de Grapsi. Nous avions presque en face, à Test- nord-est, Liboovo; dans le nord-ouest, Argyro- Castron , villes que je me contente dlndiquer comme je les relevai , parce que j en parlerai plus amplement dans mes topographies.
A cinq cents toises du khan de Graspi dans la plaine, nous laissâmes à gauche un pont d'une architecture solide, et cent toises plus loin, nous guéâmes I4 rivière qui coulait autrefois sous ses arches^ avant de se rendre au Célydnus. Nous cheminions droit au nord-est, lorsqu^au bout d'un mille •t demi^ nous passâmes une seconde rivière ^ qui va