VOYAGE DANS LA GREC BV
lumières du sérail de Diidza. Des gens apostés aux environs, par ordre du pacha, nous invitèrent en son nom, de monter au couvent du prophète Élie, oit notre logement était préparé , et nous y mîmes pied à terre^ vers les huit heures du soir. Nous étions à peine en possession de la cellule qui nous était desti* née,qu on vint nous prier de descendre au palais. Nous voulûmes en vain donner des excuses pour différer notre visite, on insista en disant qu on nous recevrait dans letat où nous étions , et nous y consentîmes.
Ma curiosité était vivement piquée: j allais voir enfin un homme trop fameux , un nouveau Thésée, un vieux guerrier couvert de cicatrices, un satrape blanchi dans le métier des armes , le Pyrrhus moderne de TÉpire ; on m'avait dit tout cela. Nous arrivons aux portes du sérail; qui roulent en gémissant sur leurs gonds ^ nous traversons une cour silencieuse ^ nous montons un escalier ténébreux , une trape se hausse , un rideau s% lève y et nous nous trouvons dans la salle daudience d'Ali pacha , qui nous attendait en pied. 11 nous salue , il embrasse M. Bessières , et reculant par un meuve* ment de titubatibn , il se laisse tomber dans langlo d un sopha , sans paraître m avoir aperçu. Cependant un spectre à barbe blanche vêtu de noir, qui se trouvait avec lui, m'honora d'un léger mouvement de téta pour me dire, que j'étais le bien venu. Cette scène, oii figurait un secrétaire grec prosterné dans Fattitiida de la frayeur, était éclairée de la lumière vacillante d'une bougie jaune placée sur le plancher, qui permettait de distinguer les objets et les personnages.
Après les compliments ordinaires, on appela le drog«