CHAPITRE Xt, iJ^S
les cavités souterraines d'un sol entièrement miné , tant il s'y forme de trous et de crevasses, surtout après la saison des pluies.
Par les rapprochemens de la géojpraplue ancienne , comparés aux détaib topographiciues et aux observations que je viens .d exposer, j*ai cru pouvoir désigner les iHiines de Gardiki , comme les restes du hiéron de Jupiter Dodonéen et de l'enceinte habitée par les S^Ues. Les constructions y entièrement pélasgiques, son.t parfaitement en rapport avec ce que dit Hésiode. L'emplacement où elles se trouvent, sur une montagne isolée, couverte de terre végétale, cultivée et par-tout cultivable^ abondante en sources, qui sortent de sa base, enveloppée de lacs, froide par sa position et à cause du voisinage des montagnes «neigeuses qui lenvirpnnent, signale évidemment le Tomoros dans la montagne de Gardiki. On reconnaît également la Hellopie , dans la vallée de Lanina , par ses moissons et Aes prairies. Au printems , c'est le parcours des nombreux troupeaux qui remontent des plaines de TAmphilochie^^ous la conduite des bergers valaques, vers les retraites du Pinde., dans lesquelles ils passent rété. ' On y voit au mois de mai une innombrable quantité <le chevaux, qui paissent l'herbe nouvelle, et dans toutes les saisons, des bergers stationnaires y dressent leurs camps,, autour desquels les bestiaux confiés à leur garde, vivent parqués en plein air. Enfin , les pâturages de cette vallée engraissent les animaux avec une telle promptitude, qu'on ne manque jamais d'y faire paître les moutons qui viennent de la Thessalie et des contrées voisines, avant de les livrer aux bou- /• lO
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chers de Janina. Cëuit donc à juste titre qu'Hésiode désignait la Hellopie, comme une contrée riche en moissons et en prairies. Car inépuisable, comme autrefois , elle nourrit les troupeaux , elle donne des légumes , et possède sans doute autant d'habitants que dans lantiquité , puisque c'est encore Templacement de la capitale, et la partie la plus peuplée de rÉpire.
En examinant dans son ensemble le bassin de Janina, on est porté à croire quil fut autrefois, comme celui de la Thessalie, noyé sous les eaux, a^ant que les tremblemens de terre leur eussent frayé l'issue souterraine (car je n'en connais qu'une), par laquelle elles coulent dans la Thyamis. Ce fait paraît d'autant plus vraisemblable, que Thistoire de Janina rapporte deux inondations arrivées en 1684 et i685 , qui couvrirent les quartiers bas de la ville, et élevèrent les eaux jusqu'à l'église de la métropole (i), qui domine le lac dans son état ordinaire , à la hauteur de plus de vingt -cinq pieds. J'ai vu moi-même, en 1811, la partie de la vallée appelée Lyco-stomo, et la chaussée du Zagori entièrement submergées pendant
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