CHAPITRE XIV
Origine et état actuel de Conitza. Topographie de son canton. Observation stir une erreur dans la carte de M. Palma, Points généraux de reconnaissance par les sommets des mon-* tagnes. Cours du Saranta-Poros , Jusqu'à sor$ confluent avec ÏAoûs ou Voioussa. Nombre des villages. Population. Particularités.
L'Aoûs ou Yoîoussa qu on passe sur un pont avant de monter à Conitza, prend comme je le dirai ailleurs ses sources , au- dessus de Mezzovo. Il est déjà grossi de plusfairsafStteiit», lorsqu'il débotidie dan« cette partie supérieure des gorges appelées par les anciens, Aço stena (AlîOÏSTENA), ou défilés de l'Aoûs. Ces vallées attribuées tour- à -tour à la
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Ghaonie, à rillyrie et à la Macédoine y étaient si différemment indiquées par ceux qui en ont parlé, que les géographes n'avaient pu les assujettir à aucun plan ; et tous s étaient égarés dans ce dédale. Il fallait donc avoir vu les lieux , étudié le cours des fleuves et des rivières, examiné la projection des montagnes pour débrouiller ce chaos de noms , de lieux , et de som* mets particuliers du Pinde, afin d entendre Tite- Live y le seul écrivain de l'antiquité qui fait un peu connaître TlUyrie grecque et l'Épire. Sous combien de dénominations TAoûs même n*avait*il pas été désigné par Strabon , par Pline et par tous les auteurs , avant l'historien Paul Jove qui lui donne enfin un nom consonnant avec celui qu'il porte de nos jours, VoïoussUy qu'il écrit. Vagiassa (i).
On peut en dire autant de Conitzaou Gonitza , ville ancienne de TEpire, si on en juge par une acropole pélasgique bâtie sur le flanc occidental du mont Konis perpendiculairement à la rive droite de la Voïoussa dont elle défendait peut-être le passage. Mais quel nom portait -elle anciennement ? Serait*ce
(i) Paul Jove écrit d'abord i'Aoûs d'un seul mot, Laous amnit. Puis, racontant comment Soliman partit d*Avlone, sur la nouvelle que les ti-oupes qu'il avait débarquées dans riapygie avaient été taillées en pièces, il dît qu'ayant résolu de faire la guerre aux Vénitiens, il laissa son camp d'Avlone, passa la Yoîoussa, ^tf^iitf^am amnem superat. Ce fait prouverait que son camp était à Apolïonie, et non à la Vallone, puisqu'il dut passer l'Aoïis pour se rendre {ad Communitiam) , Gomenizze, afin de surveiller le siège de Corfou, dont il donna la direction i Barberousse.
Lib. XXXVI,p. la et i8.