CHAPITRE XIT. I7I
bitées par des Mahométans, deux églises , autant de mosquées, la demeure épiscopale et un sérail dans le* quel Ali Pacha relègue les femmes auxquelles il ac» corde une retraite. C'est là ce qui se trouve de remar» quabledans cette yille, qui du reste ressemble à toutes celles de la Turquie, pour Tirrégnlarité de ses mat* sons et la malpropreté de ses rues étroites et sans alignement. Le magister et le médecin gagé par la commune ( dottor condottato) , qui furent mes guides bénévoles, n*eu jugeaient pas aussi défavorablement. Indépendamment de son ancienneté qu ib faisaient remonter à Antigone Gonatas , pour prouver qu'elle tenait son nom de ce prince macédonien, ils ne cessaient de me vanter la beauté de son site , qu'ils mettaient au-dessus de celui de toutes les autres villes. Le médecin , Zantiote d'origine , qui avait été alguazil ou côme sur les galères de Saint-Marc , ne partageait pas tout- &-faitcet enthousiasme, il me dit même confidentielle* ment que lairde (]onitza était extrêmement mal-sain, ses eaux de mauvaise qualité et les Turcs la race la plus méchante du monde, avant qu'Ali Pàcha les eût plojés sous son joug. Comme il était assez bon observateur , je recueillis dans ses entretiens , diverses particularités sur les fièvres qui sont périodiques à l'automne et au printemps, sur les limiques ou épidémies que le vent du midi semble exhumer des fanges de VAoûs , quand ce fleuve abandonne les terres d*alluvion , pour rentrer dans son lit pendant l'été. Il avait observé depuis quelques années, une complication de fièvres malignes avec les pleurésies, dont la saison est celle des équinoxes , et je pensai