CHAPITRE XIX. S
que les Romains ayant renversé les soldats de Philippe , pénétrèrent dans leurs retranchements. Ils s'avançaient même dans le défilé où ils étaient déjà compromis y quand soudain le cri de guerre se fit entendre derrière les Macédoniens. Ceux-ci découvrant les Romains sur leurs têtes, sont frappés de terreur. La confusion se met dans leur armée, ils fuient ; et la difficulté des lieux , Tétroitesse du défilé, qui empêchent les Romains de les poursuivre , et au détachement du tribun de leur couper la retraite , font qu'ils parviennent à se retirer avec une perte peu considérable, (i)
Le roi qui avait pris la fiiite au premier moment, revenu de sa frayeur, s'arrêta à cinq milles du champ de bataille, prévoyant avec raison quil ne pouvait être poursuivi à cause de la difS culte des lieux. En effet les vainqueurs , après avoir forcé avec peine le camp qu'il avait abandonné , y passèrent la nuit, après l'avoir pillé, et dépouillé les morts. Le roi retiré à l'extrémité du défilé sur une hauteur, ayant réuni ses soldats qui le rejoignirent comme s'ils n'avaient pas perdu de "vue ses drapeaux , résolut de se retirer vers la Thessalie.
Le récit de cette campagne des Romains, s'accorde, comme on peut maintenant en juger, avec les topographies que j'ai exposées. On trouvera par la comparaison , à la base du mont Argenik au midi de Tébélen , la position du camp des Romains , et celle de Phi-
(l) Cet événemeiit e$t rapporté à Tan de Rome 556, Tan 3* et la 345^ olympiade, 198 ans avant J.-C.
a46 TOTAGB DANS LA GRECE,
lippe sur les deux rives de TAoûs y à Tentrëe du défilé, vers Godras et Dracoti. Quani au passage des montagnes indiqué par lemissaire de Charops y c'est celui du MaUe^Dam^ qui conduit^ comme je l'ai fait connaître 9 de Tébélen à Berat. Enfin pour expliquer de quelle manière le détachement commandé par le tribun de Flaminius aurait pu prendre les Macédoniens en queue, il suffit de se rappeler quon descend dumon t Omitchioto dans le Grùca , par le sentier de Méjourani. Mais si on se souvient qu'il y a des sentiers étroits praticables sur les deux bords du fleuve^ on verra par quelle voie le roi put se tirer du camp de Codras, et on entendra clairement la narration de Tite-Iive, dont Texactitude topograpbique estd'une précision admirable dans toutes ses parties^
La suite de la nairation de cet auteur (i) , qui in<« dique les jours de marche de Philippe , porte qu'en faisant sa retraite, il s'arrêta après la première joiunée au camp de PyiThus dans la Triphylie contrée parti** culièi'e de la Mélotide, quil ne faut f9A confondre comme Ta fait Tillemont avec l'Éliniiodde (a) , puisque ce premier enclave dut être le territoire actuel de Lexovico ; et Tcharchof , le camp de Pyrrhus. Le second jour après une mardie forcée, car la crainte le pressait, il vint camper au mont Lingon, sur un plateau abondant en sources, d'une grande étendue, environné de montagnes et de forêts , où il séjourna
(0 Tit.-Liv., lib. XXXII, c. aa et i3. (a) L'Élimiotide fait partie de réyéché tctud de Greveno ea Macédoine.