‹ Voyage dans la Grèce, comprenant la description ancienne et moderne de l'Épire, de l'Illyrie grecque, de la Macédoine Cisaxienne ... avec des considérations sur l'archéologie, la numismatique, les moeurs, les arts, l'industrie et le commerce des habitants de ces provinces;Chapitre 89 sur 160 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Route de Cleîsoura à Berat, par la vallée de la Desnitza, Sources de la rwière de Saint- Georges et de celle de Tojari. application de la géographie ancienne aux descriptions précédentes. Observation sur la partie du trentedeuxième livre de Tite-Live, relative à la campagne de T, Quintus Flaminius contre Philippe^ roi de Macédoine.

Avant de poursuivre la potamographie de TAoïis jusqu a son embouchure dans l'Adriatique , je me re*

(i) Soîyant la Chronique manuscrite de Janina, Damesi fut minée par Siméon , roi des TriBalles : Kal ^poiipiov tu iroXuopxift a^niï^iùç Àotfteat xaXcufiivGv. F. vers. 5.

(a) Le Teké se trouve quatre milles £. de Tebelen; une lieue et demie au-delà E. , la forteresse ruinée de Damesi; une demilieue E. quart N. E., Cachisti; une demi -lieue, même direction, IMLariUa; deux lieues £. N. E., Ghalezi. A cette distance « s'ouvre un sentier entre sommets, qui mène k Mejourani et à

^34 VOTAGB djlus là GHics,

porte à rentrée orientale du défilé de Cleisoara, pour faire connaître le cours de la Desnitza , et la gorge qui conduit à Berat, entre les chaînes parallèles du Trebechina et du Tomoros. Cette reconnaissance que je fis dans un autre voyage, en terminant de ce côté la description du nord de l^pire, me donnera le moyen de comparer la géographie des anciens , avec celle dont je viens d'exposer le tableau. Maître de mon sujet , je vais pouvoir expliquer la seconde campagne des Romains contre Philippe roi de Macédoine, campagne qui fut le prélude de l'asservissement entier de la Grèce continentale par Paul - Emile , sous le règne de Persée fils du monarque qui osa balancer la fortune de Rome, aux rives de TAoïis.

Sans entrer dans le défilé de Grûca,si on dirige au nord, on aperçoit à gauche au penchant oriental du mont Trébéchina, le bourg de Cleïsoura divisé en deux quartiers groupés au-dessous d'un fort, qui commande les plateaux supérieurs, le défilé de Grùca, et la vallée traversée par la Desnitza. Les remparts de la forteresse regardée par les Albanais comme une des plus formidables de TÉpire, venaient de s'écrouler par la commotion de quelques pierriers qu'on

Cleïflonra, direction importante i connaître, comme cm le Terra dans le chapitre suivant, pour entendre ce qne dit Tite-Lîve ^es manorarres de Q. Flaminius contre Philippe, embusqué entre le mont Asnaus et iErope. De Chalesi, pour se porter dans la Tallée de TApsus, on suit le N. pendant une lieue jusqu'à Vango-Poulia. De U on arrive à Tojari, vUlage éloigné de quatre lieues N. S. de Berat.

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avait tirés pour annoncer la solennité du Bayram , lorsque j'y arrivai. Le gouverneur, logé dans une masure, nen était cependant pas moins orgueilleux; et comme il tenait des otages renfermés dans les ca* semâtes, il ne me fîit pas permis de pénétrer dans son acropole. On nous cria donc de loin d'aller loger au village, parce que sans un ordre, on ne pouvait entrer dans une place de guerre. Quelle place, et quelle forteresse! Les Grecs qui m'accompagnaient lie pouvaient s empêcher d'en rire ; et quand elle serait bastionnée par les plus habiles ingénieurs, elle né tiendrait pas deux jours contre un bombardement, qu*on pouiTait facilement entreprendre à couvert dun épaulement naturel, qui se trouve au bas de la montagne. Cependant, comme la politique alba* naise mettait une grande importance à ne pas m'y admettre, je n'osai insister. 11 fallut chercher un gîte dans le village. Nous y étions à peine établis, qu'on vint m'annoncer la visite du gouverneur, au« quel je fis répondre à mon tour, que je le priais de rester dans son château , chose qu'il ne se fit pas ré* péter.

Après avoir passé une mauvaise nuit à Cleïsoura, nous descendîmes pour prendre le sentier qui conduit une lieue au nord , au-dessous du grand village de Podgoriani ; et un mille plus loin , après a\oir guéé la Desnitza, nous arrivâmes au khan de Kiapova. Le fond de la gorge, dans lequel nous marchâmes, était bien cultivé, et les flancs boisés du Tomoros me présentaient plusieurs villages, dont les plus remarquables seront indiqués sur la carte. Gomme

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il n'y avait aucune découverte à faire dans les vallées collatérales, nous poussâmes en avant; et dans trois'' quarts d'heure, nous passâmes à gué deux torrents et un troisième sur un pont. De là, nous entrâmes dans un bois de deux milles d*étendue, qui est ar-' rosé par plusieurs ruisseaux, et au sortir, nous trou* vâmes le caravansérail de Vinio-Castron. Vis-à-vis, à la base du mont Tomoros , je vis un groupe de villages appelés Djeffo, résidence des tribus albanaises, qui conduisent leurs troupeaux dans les vallées de TApsus , où les bergers forment des camps pendant Tété.' Les bords du chemin que nous suivions étaient environnés de noyers, arbres très -communs dans la région septentrionale de TÉpire; et à une lieue et demie de Djeffo, nous nous trouvâmes aux sources de la branche septentrionale de la Desnitza , point de partage d un auti*e système d'eaux, qui coulent du pôté de Berat.

> Boubsi, Bicoca et Rossi nous restant en gauche , nous commençâmes à descendre dans le canton de Tomoritza , où l'on ne trouve que les ruines de quelques vieux châteaux bâtis par les soldats de Tancrède et de Bras -de -Fer. Pendant une lieue, on n'aperçoit ni culture, ni habitations, jusqu'aux sources de la rivière de Tojari (dont le nom historique ne in'est pas connu), qui sortent de buttes noirâtres entremêlées d'ardoises. Le cours de cette rivière se dessine au nord, où elle se grossit, au bout de quatre milles, d'un ruisseau indiqué dans la carte. On voit à gauche le château ruiné de Plentza, forteresse du moyen âge, que Léon Allatius appelle

CKIPITRB XK. âSj

Pologus (i), ainsi que trois villages qui signalent l'entrée du dé6lé qui conduit dans la vallée de rAoûs par Damesi , comme je Tai rapporté dans une note du chapitre précédent. Nous fîmes halte à un khan défendu par la tour de Plentza , où le visir Ali pacha tenait ses avant-postes , lorsqu'il ne s'était pas encore rendu maître de Berat. Ce fut là aussi pour le mo« ment que se terminèrent mes excursions, à cause de la guerre qu'il faisait au pacha de la moyenne Albanie. Mais dans la suite, je revis le cours de la même rivière , qui passe deux milles au nord-est de ce caravansérail , au-dessous du village de Tojari, d où elle entre dans une des vallées du Tomoros , pour se réunir à TApsus. Je reconnus également la projection de la rivière de Saint- Georges, et les affluents du canton de Skrapari , dont le territoire s'étend pendant cinq lieues du midi au nord, par sa chaîne de montagnes, jusqu^en face de Berat,, capitale du Musaché.

Il n'entre point dans mon plan de rappeler les causes qui avaient porté les Romains à tourner le^rf armes contre la Grèce; mais il est, je pense, intéressant, au point où je suis arrivé, de pouvoir faire com-

(i) Léon Allatîus, dans ses Notes sur l'histoire de G. Acro- .polite, appelle (comme les Albanais de nos jours) la forteresse maintenant minée de Plentza, Pologus. H appuie son témoignage sur 1 autorité de Pachymère , dans son Récit de Texpédition du connétable Jean, qui s'empara de Canina, Belgrade ou Berat , et de Pologus : Kal àirript* Toéxf i *ï?ti M-iv to r tpt ta Kavwfli çpcupiov , sTpct xal ri iripl Ta Bi)JiYpau^* *al ïlAoYOv.

Fol. rect. 173,

a38 VOTAOB DAWS t. GUBCB,

prendre la narration de Tite-LÎTe, sur le témoignage daquel Plutarque et Poljbe ont écrit leurs histoires. Je connaissais toutes les parties de la Grèce , et je terminais mon sixième Toyage dans TÉpire, lorsque je me crus assez riche en observations, pour entreprendre d'expliquer la campagne de Quintus Flami* nius contre Philippe, dont le récit avait mis jusqu'à présent à la torture les géographes, les commentateurs et les savants qui ont donné des essais sur la Grèce ancienne. J'avais visité la Macédoine Cisaxienne , la Thessalie, la chaîne du Pinde , et les lieux de rUlyrie macédonienne j où Philippe avait déjà appris à oon« naître et k estimer la valeur des Romains. J admirais avec quel art ce prince, sans se laisser abattre par les revers de sa première campagne, avait su électriser un peuple fier du nom d'Alexandre, et le déterminer à faire tète aux Romains; quand les républiques de la Grèce briguaient leur amidé, plutôt que de faire cause commune avec lui, pour repousser une nation qui , sous le voile d une protection fallacieuse, préparait leur commun asservissement.

Si on porte un coup -d'oeil sur la carte, on com« prendra comment le roi, informé d'une expédition que les Romains préparaient à Corcyre (Corlbu), après avoir levé le siège de Thaumaco (i), et rassemblé une armée pour défendre ses états , menacés par l'ennemi du côté de l'Illyrie, entra au printemps dans TÉpire, précédé de son lieutenant

(i) Thaumacos, ville de Thessalie, près du golfe Maliaque, appelée aujourdliat Démoco. P^ojr, Tit.*Liy., lîb. XXXII, c. 4-

chaviths xfx. aog

Athenagore; et yint, après avoir traverse laChaonie (qui embrassait alors le bassin de Janina, la vallée de Pogoniani et celle de Drynopolis ) ^ occuper les défiles voisins d'Antigonie (i). On reconnaîtra sans peine pourquoi, après avoir exploré le pays, il» se décida à occuper les positions situées au-delà de TAoûs; de quelle manière il posta Athenagore et les troupes armées à la légère, près du mont Asnaus, à l'endroit où se voit maintenant le village de Dracoti. Enfin on verra l'importance de la position qu il se réserva, en plaçant son quartier au pied du mont £rope, dans l'angle compris entre le confluent du Gelydnus et de la Voïoussa , aux environs du village moderne de Codras et en tirant des retranchements quil garnit de tours, dans les endroits où les approches pouvaient être faciles.

Toutes ces dispositions étaient prises , lorsque Yillius^ qui hivernait à Corcjre, fut informé par Gharops, prince des Épirotes, paitisan de Rome, des manœuvres et de la position de Philippe. Sur-le-champ il passa dans FÉpire, et s'étant avancé jusqu'à la di-

(i) Princîpioque veris cum Athenagora, omnia extema auxîlia, quodque levîs armaturss erat, in Chaoniam per Epirum ad oocupandas quas ad Antigoniam faaces sont ( Sthena vocant Grsci) misit IpM post paucis dieboa graviore aecatus agmm« , quum aitum omnem regionia adqiexîaset, maxime idoneum ad rouniendum locum credidlt esse, prêter amnem Aoum : is inter montes, quorum alterum J^ropum, alterum Asnaum incol» vocant, angustà valle fluit; iter exîguum super ripam prsbens. Asnaum Athenagoram cnm levi armatarâ tenere ac communîre jubet: ipse in i£ropo castra posuît,etc. TiT.-Lnr., lib. ^., c. 5.

S40 TOTAOB DANS LÀ CUSGE,

stance de cinq milles du camp du roi , il y laissa ses légions dans un lieu retranché, pour aller reconnaître aTec un parti declaireurs, la position de l'ennemi. Le lendemain , on délibéra dans le conseil si on attaquerait les Macédoniens dans leurs lignes, chose difficile et périlleuse, ou bien, comme lavait fait Sulpicius Vannée précédente , si on ne ferait pas le tour pour entrer dans la Macédoine. Dans cette hypothèse , on aurait dû descendre TAoùs pendant neuf lieues , remonter à travers la Taulantie ou Musaché^ et prendre les défilés des monts Canda* viens ; mais on craignait de perdre la saison en marches , indépendamment des inconvénients qu on aurait éprouvés , en abandonnant les communications avec la mer. On flottait au milieu de ces incertitudes , lorsqu'un courrier apporta la nouvelle que T. Q. Fiaminius nommé consul , remplaçait Villius dans le commandement de larmée de Macédoine.

Depuis la ruine d'Annibal et de Garthage, le sénat n'avait attaché à aucune autre guerre l'importance qu il mettait à poursuivre celle qu'on avait résolue contre Philippe. Il voulait venger Rome des affronts que Pyrrhus lui avait faits, lorsqu'il porta le théâtre de la guerre dans Tltalie ! On mettait une gloire particulière à réduire en province romaine la patrie d'Alexandre, et on sentait que Philippe vaincu, la Grèce entière était asservie. Mais jusqu'alors on n'avait obtenu que des avantages équivoques; et l'orgueil ro* main voulait terminer avec éclat une entreprise dans laquelle son honneur était compromis. On accorda en conséquence au consul un renfort de ces vieux sol*

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isLts cpii avaient servi en Afrique et en Espagne. Enfin pour se rendre les dieux propices y on décréta des expiations , et un jour de prières publiques.

Après ces préparatifs , T. Q. Flaminius s*étant embarqué à Brindusiiun , port d'où partirent dans la suite toutes les expéditions dirigées contre la Grèce, arriva à Gorfou avec un renfort de huit mille hommes et de huit cents chevaux. Sans délai il traversa aussitôt le canal sur une quinquérème , et débarquant a la première terre , il s'avança à grandes journées jusqu'au camp- romain qui se trouvait dans l'Épire, et Villius qu'il congédia, lui remit le pouvoir et les faisceaux*

Les troupes de T. Q. Flaminius l'ayant rejoint quelques jours après, au lieu d'agir comme l'empres^ sèment qu'il avait rois à se rendre à son poste le faisait présumer, il tomba dans les mêmes irrésolutions que son prédécesseur. Il était frappé de la difficulté de l'entreprise qui se présentait devant lui. 11 hésitait à la vue de ce défilé redoutable hérissé de retranchements, défendu par une armée que commandait un prince valeureux et expérimenté. Ces considérations le ramenaient à l'idée de descendre la vallée de l'Aoûs, afin de pénétrer par les monts Gandaviens dans la Macédoine. G'était à ce plan peu convenable au génie romain qu'on se serait arrêté, si Flaminius n'eût craint de s'éloigner de ses communications avec Coroyre, en laissant sur ses derrières un ennemi maître du pays, qui pouvait s'enfoncer dans les montagnes, et lui faire perdre l'été en évitant le combat. Cependant on était toujours arrêté, quand. on reve- /. 16

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nait à avoir comment on pourrait l'attaquer dans fa position qu'il tenfait, et quarante jours s'écoulèrent sans qu'on se décklâft à aucufte eiitrèprise*

Cette lenteur peu ordinaire aux Ronftaîns, fit penser à Philippe qu'il pouvait entamer des négociations } et Flaminius s^y trouvant dî^séj ellèf s'ouvrirent entre le prêteur PausAiiad pour le consul , et Alexandre maître de la cavalerie pour le toi. Mais èonime il arrive ordînairemeift à la vue des càto^s , lorsque les armes brillent entre lei» itikiâs des négociateurs, il est difficile de s^éUtbâdre. Le négociateur de Rome, loin de dimiituer ses prétentions , enchéris^it tellement, que le roi, qui s'était avancé j«Esc{ii'àu milieu du fleuve, entendant répéter ses conditioii^ au consul, ne put s'empêcher d'élever la voix eil s'écHant: « que démahderàis^tu donc de plu!i , T. Quinctiu^ , si j'étais vaincu ? » Ges paroles dictées par Findigiianoii , échauffèrent tellement les esprits , qu'on fut sur le point d'en venir aux mains , et oh se sépara: sdns avoir pu s'accorder.

Il est probable que le fleuve était alors dans sea plus basses eaux , comme cela arrive ait fort de l'été; car dès le lendemain de la rupture des conférences, on voit les Romains dans k plaine qui s'étend entra Dracoti et le fleuve , engager une afFaii^ contre les Macédoniens, les repousser jusques dans leurs ligues, et la nuit seule mettre fin au combat, sans autre ré* siiltat que la perte de quelques hommes dans les deux armées (i).

(i) Poftero di« per excursiones ab itationibus, primo in pla-

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Les combats se renouvelaient chaque jour sans amener aucun résultat décisif, lorsqu'un berger envoyé par Charops /fut amené devant Flaminius , auquel il dit, qu'ayant coutume de conduire ses troupeaux dans le défilé alors occupé par le roi, il connaissait tous les sentiers qui y aboutissent. Il offrait en conséquence de guider sans de grandes fatigués un détachement y qu'il conduirait jusques en un lieu, d'où il plongerait sur les Macédoniens ; et il ajouta qu'on pouvait le croire, comme si Charops par lequel il était envoyé, affirmait lui-même le fait.

Malgré cette assurance, le consul accueillit la révélation du berger, avec une joie mêlée de doute. Néanmoins rassuré par la confiance qu'il avait dans Charops, il se décida à risquer l'expédient qu'on lui proposait. Afin d'occuper l'ennemi pour lui dérober son dessein, il le fit attaquer sans relâche pendant deux jours, avec des troupes qui se succédaient et se relevaient, comme s'il avait voulu emporter le passage de vive force. Eh même temps il forma secrètement un corps d^élite de quatre mille hommes de troupes légères et de trois cents chevaux, dont il donna le commandement à un tribun, auquel il prescrivit de se faire suivre par la cavalerie aussi loin

nîtie satis ad id patent! malta levîa prslia commissa sunt : deinde reripientîbiu se regiis in arcta et confragosa loca, aviditate certaminU accensi eo quoque Romani pcnetravere. Pfo hi«, ordo et mîlltaris disciplina, et genus armorum erat aptum orgendis regiis : pro hoste loca, et catapulta balistaque in omnibus prope rupibus quasi in mûris disposit». TiT.-Liv., lib. XXXII, c. lo.

344 VOTAGB DAHS LÀ CRBCE,

qu'elle le pourrait , et quand les êommets ne 1« per* mettraient plus, de la laisser dans quelque gorge. Il lui enjoignit en outre de se diriger d après les indications du berger 9 et qu arrivé sur la tête des ennemis y il eût à lui en donner ayis au moyen d'une fumée, sans permettre à ses troupes de pousser le cri de guerre, avant d'avoir appris par un contre -signal, qu'on était aux prises avec l'ennemi. Enfin il prescrivit au tribun de ne marcher que de nuit, la lune à cette époque pouvant suffire à l'éclairer ; de manger et de se reposer pendant le jour; et pour ne rien négliger .des mesures de sûreté^ il fit ensuite lier le guide auquel il promit de grandes récompenses s'il était fidèle. Après ces précautions le tribun partit en même temps que le consul redoublait de soins, pour dérober à l'ennemi la connaissance de son expédition.

Le troisième jour, le corps d'armée aux ordres du tribun, conduit par le berger (i), ayant donné le signal convenu du haut de la montagne qu'il occupait, le consul passa l'Aoûs, et attaqua avec une telle furie l'ennemi qui s'était avancé à sa rencontre ,

(i) L'histoire du berger envoyé par Charops i Flaminius s'est conserrée dans le souvenir des habitants de Tebelen , auxquels je l'ai entendue raconter. Ali pacha, sans en connaître l'origine, la rapporte k un seigneur du pays, qui fut guidé par un berger qu'on menait en laisse ( comme un clùen de chasse ; ce sont ' ses expressions), par le défilé de Damesi, pour s'emparer de Cleïsoura, qui était une place inexpugnable, remplie de trésors, commandée par une princesse si belle , «te. Ainsi s'est perpétué sous d'autres couleurs, un fait historique parmi des barbares, qui ue connaissent ni le nom de Philippe, ni celui de Flaminius.

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