‹ Voyage dans la Haute-Égypte (volume 2)Chapitre 8 sur 19 · RES · texte numérisé non relu

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ne verrait pas, employés à ce même titre d'auxiliaires, des enfants de Jacob, et quelques-uns de ces Aperi-ou (Hébreux) que, jusqu'ici, nous ne connaissons que par leur nom hiéroglyphique?

Planche 12. — Le tombeau de Peken-u-ka se distinguo de tous les autres par ses vastes dimensions et la cour à ciel ouvert qui partage le monument en deux parties. C'est de l'extrémité Sud de cette cour que la vue reproduite sur la planche 12 est prise. A gauche est un mur à parois lisses, interrompu par la chambre des dons funéraires. Au fond est un édiculo où l'on aperçoit, à sa place antique, la statue, malheureusement décapitée, du défunt; quand la tombe était intacte, une cloison bouchait la porte et rendait la statue invisible. On distingue à droite les longues rainures prismatiques qui décoraient cette partie du tombeau. Derrière ces rainures sont disposés une demi-douzaine de serdabs, qui ont dû contenir et cacher à tous les yeux un certain nombre de statues du défunt, maintenant détruites.

Pehen-u-ka avait le titre principal de « chef, premier horoscope du roi dans tous les pays » .

On sait que quelques-uns des rois de l' Ancien-Empire ont été divinisés après leur mort, et qu'on leur rendait un culte public dans des édifices élevés à la face orientale des pyramides oii leurs momies étaient conservées. Ces temples avaient leurs prêtres, habituellement choisis parmi les fonctionnaires les plus élevés de l'ordre sacerdotal. Pehen-u-ka était un de ces prêtres et, en effet, il joignait aux titres assez nombreux que lui donnent les inscriptions de son tombeau, ceux d'attaché au culte rendu dans leurs pyramides aux rois User-n-Ra et User-ka-f, que nous savons appartenir à la Ve dynastie.

Planche 13. — Les Égyptiens croyaient qu'Osiris descendait quelquefois sur la terre, prenant la forme d'un taureau qui révélait sa mission divine par certaines marques qu'il portait sur le corps. Quand un taureau naissait pourvu de ces marques, on disait qu'Osiris s'était manifesté, et on l'amenait à Memphis, ou le temple d'Apis l'attendait.

Pendant toute sa vie, Apis recevait à Memphis les honneurs dûs à un dieu incarné. Mort, on lui faisait des funérailles magnifiques, et on venait l'enterrer dans le temple situé en plein désert, où se trouvait le caveau réservé à sa momie. Le temple était le Sérapéum, et on voit par là que le Sérapéum n'est en définitive que le monument sépulcral d'Apis.

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MEMPHIS SAQQARAH

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EMPHIS SAQQARAH. SERAPEUM

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On trouvait dans le Sérapéum, outre le temple lui-même, une allée de sphinx longue de huit cents mètres, des chapelles dédiées à Anubis, à Astarté, à Esculape ; on y trouvait des cloîtres où habitaient, dans une réclusion perpétuelle, des gens qui vivaient d'aumônes et de la charité des visiteurs du temple; on y trouvait surtout la tombe d'Apis, pour laquelle le Sérapéum tout entier était construit et qui consistait en longs souterrains creusés dans le roc.

On voit, par ces détails, que le Sérapéum a dû être un édifice considérable. Malheureusement tout a disparu jusqu'à la dernière pierre, à l'exception des souterrains réservés à la sépulture du dieu.

Le voyageur qui se rend du Caire à Saqqarah pour faire ce qu'on appelle l'excursion du Sérapéum, ne doit donc s'attendre à voir ni le temple où le dieu vivant était nourri et qui devait exister quelque part sous les dattiers de Myt-Rahyneh, ni le monument sépulcral lui-même, c'est-à-dire le Sérapéum, où le dieu mort était amené. Il n'aura, dans cette excursion, d'autre visite à faire qu'aux souterrains du Sérapéum, lesquels sont creusés dans le roc vif de la montagne et n'ont pu, par conséquent, être détruits. La photographie est sans effet dans ces souterrains où jamais un rayon de lumière n'a pénétré; l'intérieur de la tombe ne peut, pour cette raison, figurer dans le Voyage. Je dois donc me contenter de faire représenter ici le Sérapéum par un choix de monuments pris parmi ceux que les fouilles de cet édifice m'ont fait retrouver.

En premier lieu (planche 13) figure le personnel de la légende d'Apis qui se compose d'Apis lui-même, d'Osiris et de Phtah. Apis était l'incarnation d'Osiris : « On entretient à Memphis, dit Plutarque, le bœuf Apis qu'on regarde comme l'image d'Osiris. » « Apis, dit autre part le même auteur, est l'image vivante d'Osiris. » Mais toute image vivante d'Osiris qu'il était, Apis devait sa naissance à Phtah qui, prenant la forme d'un feu céleste, fécondait la vache, mère du divin taureau. Apis, sous la forme d'un taureau, Osiris, représenté par le dieu bien connu, coiffé de la couronne blanche et de deux plumes, Phtah, la tête nue et le corps en gaine, tels sont donc les monuments qui occupent la place principale sur notre planche 13.

J'y ajoute un curieux bas-relief qui représente le transportée la momie. Apis, enveloppé de ses bandelettes, est couché dans l'intérieur d'un double naos richement décoré. Des statues d'Isis et de Nephthys sont en avant et en arrière, dans la posture des pleureuses. Le tout est placé au centre d'une barque qui est elle-même portée sur un plancher supporté par quatre ou

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huit roues. C'est ainsi que le dieu mort était transporté, du temple situé dans Memphis même et à côté de l'édifice célèbre de Vulcain, au temple élevé dans la nécropole au-dessus des souterrains où sa dépouille mortelle était censée devoir reposer pour l'éternité.

La stèle placée à gauche est un spécimen de ces sortes d'ex-voto que les habitants de Memphis avaient la coutume de faire encastrer dans la paroi de l'entrée de la tombe, le jour où ils venaient d'y accompagner ou d'y déposer le dieu mort. Ici, l'auteur de la stèle s'est montré doublement pieux : pieux envers son dieu et envers son roi; car il associe à sa prière le roi régnant qui était Scheschonk IV. C'est ainsi, en effet, qu'il s'est fait représenter au premier registre de la stèle humblement placé à genoux derrière le roi qui fait lui-même l'offrande au dieu. La stèle est datée de l'an 27 du règne, et nous savons par d'autres monuments que c'est en cette année que mourut le dernier Apis de la XXIP dynastie.

Planche 14. — On assiste ici à une scène des fouilles.

Au premier plan est l'ouverture carrée d'un puits. Le puits est profond et s'enfonce à une vingtaine de mètres dans le sol.

On a posé deux poutres en travers de l'orifice. Ces deux poutres ont déjà servi aux hommes qui, par le moyen de couffes et de cordes, ont tiré du puits les gravats et le sable qui l'emplissaient. Cette fois, ce sont les vases, les momies, les sarcophages découverts dans les caveaux mortuaires situés au fond du puits, que les deux poutres servent à extraire.

Un sarcophage est dehors, ainsi que la momie qu'il contenait et les canopes. Un deuxième cercueil de momie montre la tête entre les deux poutres, et. à son tour, sera bientôt couché sur le sable.

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SAQ QARAH

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