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MEMPHIS - SAQQAKAH.
défunt a désignées pour la fourniture et l'apport des dons funéraires par lesquels son âme doit être nourrie. (Voyez planche 7).
Telle est, dans son esprit général, la décoration des chambres du tombeau de Ti qui forment la chapelle extérieure. Je répéterai que, plus ou moins développée, cette décoration est celle qu'on trouve reproduite sur les murailles des autres tombeaux de la plaine de Saqqarah.
Rappelons-nous, à cette occasion, que nous ne sommes pas ici dans la partie du tombeau réservée au mort. Le mort est couché au fond de son sarcophage profondément caché dans le sol. Le caveau où gît le mort n'a pas de porte et personne n'y peut pénétrer. Il reste fermé, scellé, inaccessible pour l'éternité. Les portes des chapelles extérieures sont, au contraire, ouvertes à tout venant.
Planche 10. — Autre scène tirée de la cour d'entrée du tombeau de Ti. L'obscurité dans laquelle l'intérieur des chambres est plongé nous a empêchés, à mon grand regret, de consacrer quelques planches du Voyage à la reproduction des tableaux si admirablement gravés qui garnissent les murailles de ces chambres.
Celui qui fait le sujet de notre planche 10 représente l'espèce de véranda qui précède une grande cour, au milieu de laquelle se trouve l'étang réservé à l'élève des oiseaux aquatiques. Des scribes, des intendants, des familiers de la maison, des surveillants des magasins aux fourrages, se présentent devant Ti afin de lui rendre compte du résultat de leur mission.
J'ai tenu à faire figurer cette planche dans la collection du Voyage à cause des quatre colonnettes qui supportent le toit de la véranda. Les architectes n'oublieront pas que nous sommes ici presque au quarantième siècle avant notre ère, et ils remarqueront que ces colonnettes ne manquent ni de style, ni d'élégance. Elles étaient certainement en bois, et nous offrent un spécimen de cette seconde architecture qui était en quelque sorte le pôle opposé de l'architecture des pyramides. A peu près vers le temps où les contemporains de Ti gravaient sur les murs de son tombeau les curieuses scènes que nous décrivons, d'autres mains élevaient péniblement, non loin de là, les gigantesques assises du Mastabat-el-Farâoun. Nous savons déjà (et nous aurons encore occasion d'y revenir) qu'à l'époque des pyramides. l'Egypte connaissait deux architectures, celle qui emploie les matériaux les plus lourds, celle qui emploie les matériaux les plus légers.
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EMPHIS SAQQARAH
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MEMPH1S SAQQARAH
MEMPHIS - SAQQARAH. 41
Planche 11. — Le tombeau de Phtah-Hotep est encore un des monuments funéraires de Saqqarah. Il n'offre pas d'autre disposition que le tombeau de Ti, et on y trouve, comme partout, un massif rectangulaire qui est à proprement parler le mastaba, une chambre qui fait office de chapelle, un serdab, un puits, et enfin le caveau souterrain.
Le seul aspect de la planche 11 suffit à montrer que la décoration de la chambre intérieure du tombeau de Phtah-Hotep a été conçue dans le même esprit que la décoration de la chambre intérieure du tombeau de Ti. Nous sommes sur les domaines spécialement affectés par Phtah-Hotep au service des offrandes funéraires. Des serviteurs se livrent devant le défunt (dont on n'aperçoit que le bâton) à la chasse au filet. D'autres rentrent à la ferme, rapportant des produits divers et traversant un canal, montés sur de légères barques faites en paille de dourah. Le mouvement des personnages qui joutent entre eux éveillera à juste titre l'attention.
Parmi ces personnages, il en est trois ou quatre que la conformation de leur tête considérablement aplatie au sommet, signale tout d'abord comme des non-Égyptiens. Ils sont dolycocéphales, autant clu moins qu'on en peut juger par des figures vues seulement de profil. Le nu est peint en rouge, comme celui des Egyptiens; mais quelquefois il est peint en brun foncé. Cette particularité n'est pas propre au tombeau de Phtah-Hotep; on la retrouve au tombeau de Ti, et, en général, dans tous les tombeaux anciens de Saqqarah. Peut-être faut-il voir dans ces non-Égyptiens des auxiliaires étrangers, c'est-à-dire d'une autre race, qu'à cette époque on admettait dans l'intérieur des maisons, soit comme serviteurs, soit comme esclaves.
Leur histoire serait curieuse à faire. Ils disparaissent avec l' Ancien- Empire, et il semblerait qu'à partir de la XIIe dynastie et jusqu'à la XVIIIe, d'autres tribus, venues également du dehors, les aient remplacés. Une stèle de la XIIe dynastie, appartenant au Musée de Boulaq et découverte à Abydos. nous montre, en effet, mêlés aux serviteurs de la maison et occupés à des fonctions serviles, des gens au front fuyant, au profil quelque peu asiatique, la tête couverte de cheveux épais tombant carrément par derrière. Des représentations à peu près semblables se retrouvent à El-Kab, au commencement de la XVIIIe dynastie.
Certaines circonstances peuvent se produire qui donneraient à cette remarque un grand intérêt. Si on venait à découvrir dans la partie orientale de la Basse-Egypte des tombeaux des dynasties égyptiennes que leur date place entre Joseph et Moïse, qui sait, si, sur les murs de ces tombeaux, on