‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 2 sur 49 · B= CO · texte numérisé non relu

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(1) Voyez le plan général du Grand Temple, cour B.

(2) Voyez le plan général du Grand Temple, temple C.

(3) Ci-dessus, temple G.

(4) Ci-dessus, temple U.

(5) Temple T.

THÈBES - KARNAK

la prennent et la saccagent. Tahraka en sort et y rentre tour à tour en conquérant et en vaincu. Les Bubastites n'élèvent pas moins, au Nord et au Sud de la cour principale du Grand Temple (1), la belle colonnade qui le borde de chaque côté. Au milieu de la même cour, Tahraka fait bâtir le Temple hypèthre (2) dont une colonne est encore debout. Le Temple de Phtah (3) est agrandi par Sabacon. De petites constructions sont semées çà et là par les rois de la XXIIe dynastie et de la XXVIe.

Viennent enfin les Ptolémées. Les deux portes monumentales du Nord et du Sud sont commencées. On commence aussi, pour ne jamais l'achever, le gigantesque pylône qui sert encore aujourd'hui d'entrée au Grand Temple. Le Temple d'Osiris (4) est fondé.

Ainsi se termine l'histoire de cette ville de temples, que l'on appelle Karnak. Le plus ancien nom que l'on trouve à Karnak est celui d'Amenemha Ier, de la XIIe dynastie; le plus récent est celui d'Auguste. Trois mille ans séparent ces deux noms, et les ruines de Karnak représentent les efforts accumulés de trente siècles.

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Planche 40. — Karnak s'annonce au voyageur, venant de Louqsor, par la magnifique porte dont nous inscrivons la vue sous le numéro 40 de nos planches.

Quoiqu'on en dise, cette porte est sans rapport avec le temple qui la suit (5). Elle n'a pas été bâtie pour ce temple, ni à cause de ce temple. Son axe n'est pas môme celui de l'édifice qu'elle a l'air de précéder. La porte dont la planche 40 reproduit l'aspect extérieur, est une ouverture dans la grande enceinte qui enferme une demi-douzaine des édifices principaux de Karnak. Elle est. au côté Sud de cette enceinte, ce que les deux autres portes, de construction semblable, dont nous aurons à parler bientôt, sont aux côtés Est et Nord, et ce qu'une quatrième porte, maintenant démolie de fond en comble, devait être au côté Ouest. En d'autres termes, quatre portes monumentales, situées aux quatre points cardinaux, donnaient accès dans l'enceinte principale de Karnak; le monument que nous décrivons est une de ces portes, celle du Sud.

La porte a 1 4 m 32 de hauteur sous la plate-bande ;' sa hauteur totale est de 21 mètres, sa profondeur au niveau du sol de llm 62.

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14 THÈBES — KARNAK

La porte est tout entière de construction ptolémaïque. On n'y lit en effet que les cartouches de Ptolémée Evergète I» et .-eux de sa une

L'époque do la construction do la porto pourrait aussi être indiquée par les heureuses et élégantes proportions du monument, déjà remarquées par les auteurs du grand ouvrage de la Commission d'Egypte : « La hauteur de la porte sous le linteau, est de deux fois et demie son ouverture. La largeur de l'édifice en entier se trouve, à peu de chose près, deux fois dans la hauteur totale, proportion que l'on remarque très souvent dans l'architecture égyptienne. L'architrave est égale en hauteur à la corniche, et le listel a une épaisseur double de celle du cordon. Ce rapport entre l'architrave et la corniche plait singulièrement à l'œil. Il paraît que les Égyptiens, ou bien ne l'ont pas imaginé d'abord, ou ne l'ont pas toujours employé; car nous avons déjà fait connaître plusieurs édifices où l'architrave a beaucoup plus de hauteur que la corniche, ce qui produit un effet désagréable. L'entablement se trouve trois fois dans la hauteur totale. Tels sont les rapports principaux qui existent dans les dimensions de la porte. Nous pourrions en indiquer d'autres encore, et nous verrions que leurs savantes combinaisons concourent toutes au but que les constructeurs se sont sans doute proposé, d'élever un édifice svelte, imposant et magnifique (1) ». Gomme l'ont très bien vu MM. Jollois et Devilliers, tous les monuments égyptiens n'ont pas en effet cette élégance, et nous savons aujourd'hui que l'art plus savant des Grecs a pu seul donner à la porte de Karnak les proportions harmonieuses qui la distinguent. t

La décoration do la porte est simple et a été conçue sans grand effort d'imagination. Elle se compose, à la façade que nous avons sous les yeux, de tableaux superposés et d'arrangement identique. Le roi se présente devant trois ou deux des divinités de Thèbes. Tantôt il leur adresse une simple prière, tantôt il leur fait une offrande, tantôt il est censé immoler pour elles un animal typhonien. Gomme partout ailleurs, les longues inscriptions qui accompagnent ces tableaux ne sont que les titres et les noms du roi fondateur, les titres et les noms du dieu devant lequel la cérémonie s'accomplit. Le roi prend la parole et adresse une demande au dieu en récompense de L'hommage qu'il lui Fait. Le dieu répond et accorde au roi une faveur en rapport avec le don concédé.

(1) Vue générale de Thèbes, section VIII. Tome II, page 519,

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