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THËBES - RAMESSÉUM.
auxquels sont adossées des statues du roi revêtu des attributs d Osiris. Au delà des piliers est un pylône à moitié démoli, précédé lui-même du colosse dont la photographie nous montre le buste violemment renversé par terre. Ce colosse est un de ces nombreux monolithes confondus, selon l'expression de M. Letronne, « dans la foule des colosses qui peuplaient la plaine de Thèbes ». Celui-ci est en granit rose et représente Ramsès II. Son socle a environ 3m 50 de hauteur; la hauteur de la statue est de 17m 50. Le colosse du Ramesséum, qui n'avait pas moins de 21"' au dessus du dallage de la cour dans laquelle il était placé, est donc un monument plus étonnant encore que les deux immenses monolithes dressés par Aménophis III en avant de
son temple.
Gomme il faut s'y attendre, la décoration du Ramesséum est principalement historique. Parmi les tableaux' dont le monument a été couvert, on distinguera ceux du mur construit derrière les trois grands piliers osiriaques qui occupent le milieu de notre planche.
Le pylône de Louqsor nous a déjà fourni l'occasion d'en montrer d'analogues. Nous avons parlé alors du Poëme de Pentaour et de cet exploit de sa jeunesse sur lequel Ramsès a vécu jusqu'à la fin de ses longs jours. C'est encore le Poëme de Pentaour qui fournit le sujet de la décoration du pylône que nous décrivons. On est sur les bords de l'Oronte et près de la ville de Kadesch qu'on aperçoit dans une île. Ramsès monte sur son char et s'élance de toute la vitesse de ses chevaux au milieu des Khétas qui s'enfuient, Les uns tombent percés parles flèches du roi, les autres trouvent la mort dans les flots. Selon l'expression du Poëme de Pentaour, Ramsès combat seul « et personne n'est avec lui ». En effet, dans tout le tableau, si immense et si parsemé d'incidents divers qu'il soit, pas un soldat égyptien n'est en vue; les fils du roi, que tant de monuments nous montrent combattant à côté de leur père et que nous allons voir tout à l'heure montant de leur personne à l'assaut d'une forteresse, sont ici hors de présence.
L'étude du tableau fournit une autre remarque qui peut avoir son importance. L'armée des Khétas occupe les deux rives du fleuve. Les bataillons qui s'avancent en bon ordre sur celle des rives oii Ramsès ne combat point ont tous leurs armes. Au contraire, les fuyards de l'autre rive, à part quelques écuyers des chars qui ont des boucliers, sont tous absolument désarmés. Faut-il conclure de là que le Poëme de Pentaour a quelque peu exagéré la vaillance du roi, et que les Khétas n'ont été si rapidement et si facilement mis en fuite, que parce qu'ils ont été surpris?
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