THÈBES - RAMESSÉUM
Planche 59. — Autre tableau de bataille sculpté sur un mur de la salle hypostyle du même temple.
Les chevaux que la grande scène du pylône vient de nous montrer galopant à travers les rangs pressés des Khétas, s'appelaient « Nakht-u em Uas-t (1) », et appartenaient à l'écurie appelée « la grande écurie Ra-user-Ma Setep-en-Ra Amen-meri ». Ceux de la planche 59 se nomment Meri-Amen, et proviennent de l'écurie nommée « la grande écurie Meri-Amen Ramsès » . D'un autre côté, la forteresse assiégée n'est plus ici Kadesch, mais Tapour, localité inconnue, que nous savons par un autre document avoir appartenu aux Amorites (2). Les deux tableaux ne se rapportent donc pas à la même campagne.
Celui que reproduit notre planche 59 est d'ailleurs très clair et peut se passer de description. Les chevaux de Ramsès se cabrent dans la mêlée. Les ennemis ont fait une sortie et sont vivement repoussés. A côté du roi combattent plusieurs de ses fils. L'un d'eux plonge son poignard dans la gorge d'un khéta renversé; un autre a saisi un ennemi par la chevelure et lève le bras pour lui trancher la tête. La forteresse est à droite du tableau. D'autres fils de Ramsès, protégés par des épaulements, se préparent à l'assaut. Un d'eux les a précédés et on le voit monter rapidement à l'échelle qu'il a dressée contre une des murailles. Pendant ce temps, les assiégés se défendent avec désespoir. Des archers sont au haut d'une tour et criblent les Égyptiens de leurs flèches. Un khéta éperdu balance au-dessus de sa tête une énorme pierre qu'il va leur lancer. Au sommet de la forteresse, un soldat moins brave se fait jour à travers les combattants et élève en l'air la cassolette allumée. C'est l'aveu et le signal de la défaite. L'aman est demandé et la forteresse est prise.
Ce siège fut mémorable, car l'artiste quia'a été chargé d'en consacrer le souvenir par un tableau gravé sur un des murs du Ramesséum, a précisé l'action en donnant les noms de cinq des sept princes qui y prirent part. Ces cinq fils de Ramsès sont ceux que les légendes appellent : Scha-em-Uas, Ment, Meri-Amen, Séti et Setep-en-Ra.
Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que la famille de Ramsès se composât
(1) Les puissants en Thébaïde.
(2) Les Amorites sont toujours notés par la Bible comme des montagnards. Il n'est pas inutile de remarquer que la forteresse des Amorites, représentée sur le tableau du Ramesséum, est placée au sommet d'une
montagne dont les étages successifs sont nettement indiqués. On jugera mieux de cette question en l'étudiant sur la planche publiée par M. Lepsius dans ses Denkm., III, 166.
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THÈBES - HAMESSÉUM.
uniquement de sept fils. On compte vingt-huit fils et treize filles dans le Livre des Rois de M. Lepsius. Depuis que le Livre des Rois est écrit, les fouilles que nous avons faites à Abydos ont fait connaître une liste où neuf princes nouveaux et vingt nouvelles princesses se révèlent. Nous arrivons donc à un total de trente-sept princes et de trente-trois princesses, en tout soixante et dix enfants, nombre qui doit certainement être augmenté puisque les listes d' Abydos sont très mutilées, et que d'autres noms nouveaux pourraient encore s'y trouver qui ont disparu.
Tout le monde connait le « Tombeau d'Osymandias » . Il est évident que ce nom sonore a fait la fortune du monument auquel Diodore l'applique. Il est difficile cependant de croire que le tombeau d'Osymandias ait jamais existé, et surtout que les ruines du Ramesséum nous en conservent l'emplacement. De l'étude comparée du texte de Diodore et des édifices de la rive gauche dont nous pouvons maintenant connaître la destination, il résulte en effet que certaines parties de la description de Diodore s'appliquent au Ramesséum, d'autres à Médinet-Abou, tandis qu'il en est (comme le cercle d'or aux trois cent- soixante-cinq coudées de circonférence) qui doivent être de pure invention. Diodore a donc raison de dire « d'après ce qu'on raconte » ; les prêtres ont voulu faire passer à Diodore, pour réel, un édifice idéal sur lequel ils accumulaient toutes les splendeurs réunies des monuments de Thèbes.
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THEBES DEIR-EL-BÀHARI
THÈBES - DEIR-EL-BAHARI
Planches 60-63
Deir-el-Bahari est le « Couvent du Nord » , comme Deir-el-Médineh est le «Couvent de la Capitale ( Médinet-Abou ) ». En ces deux endroits, dos ruines de couvents coptes se trouvent encore aujourd'hui.
Il a dû exister autrefois parmi les monuments de Thèbes, situés sur la rive gauche, des édifices plus anciens que Deir-el-Bahari, entre autres un Temple d'Aménophis Ier, cité par les papyrus. Des restes d'un temple qui remonte jusqu'à l'un des derniers rois de la XIe dynastie, ont môme été récemment mis au jour par nos fouilles. Mais de tout ce que le voyageur visite aujourd'hui, il n'est rien (à l'exception du petit monument que nous avons décrit sous le nom de Thoutmès Ier ) qui dépasse en antiquité le Temple de Deir-el-Bahari. Le Temple de Deir-el-Bahari est antérieur à l'Aménophium qui "est d'Aménophis III, au Temple de Qournah qui est do Séti Ier, au Ramesséum qui est de Ramsès II, à Médinet-Abou qui est de Ramsès III, à plus forte raison à Deir-el-Médineh qui ne remonte qu'aux Ptolémées.
Trois planches de notre collection ont été photographiées d'après les ruines du Temple de Deir-el-Bahari.
Planche 60. — Vue générale des ruines. Il n'est pas de site plus pittoresque que l'immense cirque au fond duquel a été construit le Temple de
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