‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 30 sur 49 · II II · texte numérisé non relu

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hippopotame». Il semble qu'Eusèbe écrivait ces lignes en face môme des murailles d'Edfou, et aucune description ne peut être plus exacte.

Considéré sous son côté matériel, Horus est donc, en somme, le soleil ou la chaleur solaire dans son action bienfaisante; considéré sous son côté moral, Horus est le Bien lui-même, non pas comme Osiris, dans le moment de sa lutte contre le Mal, mais dans sa victoire contre l'éternel ennemi de l'homme.

Quant à Hathor, nous la connaissons déjà. A Dendérah, Hathor est le Beau, l'harmonie universelle, la cohésion, c'est-à-dire le triomphe de l'ordre sur le chaos et le désordre.

Les côtés par lesquels Hathor et Horus, Dendérah et Edfou, se rapprochent et se touchent, sont donc de plus en plus apparents. Dendérah nous montre le Beau dans son épanouissement, et c'est l'épanouissement du Bien que nous montre Edfou. Si maintenant j'ajoute que, dans les deux temples, Horus est identique à Hathor, et que de plus, Ma est identique à la fois à Hathor et à Horus, je veux dire que l'identité du Bien, du Beau, du Vrai y est mise en évidence et proclamée, on reconnaîtra qu'à tout prendre, une pensée philosophique commune circule à travers les deux édifices et leur donne la vie.

Ainsi, ce n'est pas seulement dans l'art du sculpteur et de l'architecte que les Grecs ont marqué leur passage en Egypte. La religion elle-même a été touchée et déplacée par eux. Le rideau s'est déchiré, la porte s'est ouverte, et d'Alexandrie les idées platoniciennes ont rayonné jusqu'au fond des sanctuaires de Dendérah et d'Edfou.

II. La décoration des chambres à l'intérieur du temple n'a pas été faite par un seul roi, et on ne doit pas s'attendre par conséquent à lire partout les mêmes cartouches.

Les chambres B, G, D, E sont dues à Philopator, le fondateur du temple, lequel a commencé également la décoration de la chapelle L, des chambres M, K, de la porte qui mène de la salle B dans le couloir de l'Ouest; sans compter tout l'ensemble des dix chambres qui enveloppent le sanctuaire et le couloir qui y donne accès. Ce qui revient à dire que toute la partie postérieure du temple dont la salle E semble le noyau , est de Ptolémée IV (Philopator), jusques et y compris la salle B.

Ses successeurs, jusqu'à Ptolémée X (Soter II), achevèrent la décoration du temple proprement dit. Ptolémée V (Epiphane) fit la chambre Q. Ptolémée VII (Philométor) mit son nom sur les chambres F et H. La belle

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III Les renseignements que nous avons déjà des diverses parties qui composent le Temple de Dendérah, non* dtspensen fe longs détails sur la destination des diverses prta.jp. -.posent ,, Temple d'Edfon. Le Temple d'Bdfeu et le Temple do Dendérah ne se blent pas senlement en effet par lenr plan,, par l'idée recense o. qni en fait comme los deux chapitres d'un mémo hvre : fis se ressemblent aussi par l'usage auquel leurs chambres devaien. servrr.

A Edfou comme à Dendérah, le temple proprement dit admet quatre

divisions générales.

La première comprend la salle A. C'est un lieu de passage, cl entrée pour les prêtres par la porte latérale, d'entrée pour le roi et les grandes processions par la porte de la façade.

La seconde comprend les salles affectées au culte, à la formation des cortèges, à la préparation des offrandes qui doivent y figurer, à la conservation des objets sacrés, vases, ustensiles, vêtements, etc. Les processions s'assemblent et se forment dans la salle B. Il y a dans les salles G et D des autels auxquels les processions s'arrêtent. Les barques sacrées sont en dépôt dans la salle E, la chambre F est le laboratoire, etc.

La troisième comprend les salles dans lesquelles le dogme a plus particulièrement accès. Les salles qui entourent la salle E sont la demeure des dieux. Le sanctum sanctorum est, non pas comme à Dendérah. dans une niche percée à travers l'épaisseur du mur de la salle Z, mais dans le grand naos de granit qui occupe aujourd'hui la salle E.

La quatrième partie est spécialement réservée à la célébration de la fête du Nouvel-An. La chapelle L, les deux escaliers du Nord et du Sud, lui sont attribués.

Les développements dans lesquels nous sommes entrés à propos de Dendérah trouveront donc ici leur application, et nous n'avons rien à y ajouter. Quelques détails varient certainement d'un temple à L'autre; mais les deux temples s'adaptent assez dans tout ce qui regarde la destination générale de leurs chambres, pour qu'on arrive à se convaincre, une fois de plus, que l'un est en quelque sorte la répétition de l'autre.

IV. A droite et à gauche de la porte d'entrée principale, c'est-à-dire au Nord de la colonnade qui sert de façade au temple, sont doux édicules

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adossés contre la muraille cle cette même façade. Tous deux se composent d'une unique petite chambre construite, comme le reste du temple, en pierres de grès.

L'un, celui de gauche ou de l'Ouest, s'appelle Per-tua. C'est dans le Per-tua que le roi est censé faire une station avant d'entrer dans le temple. Les bas-reliefs gravés à l'intérieur le représentent pénétrant dans la chambre. Il est sans coiffure, vêtu de la longue robe et les sandales aux pieds. Thoth et Horus l'accueillent et lui versent sur la tête l'eau de purification. Un personnage, dont le rôle est assez mal défini et que les textes nomment Han-Mout-ef, lui présente « les vases d'or dont le roi se purifie, travaillés dans la ville de Sennu». Deux autres personnages, nommés l'un la durée infinie, l'autre l'éternité, complètent la scène en montrant au roi, sur le bout d'un sceptre, les deux symboles de la durée infinie et de l'éternité, et en lui disant : « La durée infinie est à ta droite, l'éternité est à ta gauche». Enfin le Han-mout-ef reparaît pour offrir l'encens, et le roi, purifié et couronné « comme on fait à Memphis », sort de l'édicule où il vient de satisfaire aux prescriptions qui ne concernent probablement rien autre chose que les ablutions auxquelles tout le monde était obligé avant d'entrer dans les temples égyptiens.

L'édicule placé du côté droit, ou de l'Est, est la bibliothèque. On y remarquera :

1° Le tableau qui décore le linteau extérieur de la porte d'entrée. Thoth y est représenté par une palette, symbole de l'existence et de la science divine. Quatre personnages, qui sont des auxiliaires, sont groupés deux à deux de chaque côté. A gauche est l'oreille é at, qui, selon un texte analogue de Dendérah, est «l'oreille qui écoute tout, qui exécute tout ce qui est exécuté sur la terre entière », et l'œil -œ>. ari , qui est «l'œil qui voit». A droite est la langue *= hu, « le sentiment », puis un signe qui a disparu et que nous savons être sm} lequel est Sa, « l'intelligence ». On voit par là que « la chambre des livres » comme l'appelle l'inscription qui surmonte le tableau, ne pouvait être annoncée par une plus ingénieuse combinaison de symboles.

2° On remarquera également dans l'intérieur de la petite chambre qui a servi de bibliothèque, les deux niches à peu près carrées qui ont été ménagées dans la paroi de droite et la paroi de gauche. C'est dans ces niches qu'on déposait les coffres de bois, lesquels contenaient les papyrus qui formaient la bibliothèque.

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