ASSOIT AN
Planche 77
On n'arrive jamais à Assouan sans ressentir une impression dont, au premier abord, on ne se rend pas compte. Tout est nouveau et il semble qu'on entre dans un autre pays. Au grès succède subitement le granit, et le paysage devient plus sombre. La population qu'on voit s'agiter sur la rive est mêlée de fellahs, de Tares, de Bichâris, de Nubiens, d'Abyssiniens, de nègres, de gens noirs du Soudan. La plage est couverte de dents d'éléphants, de dattes sèches, de gommes, de produits exotiques. Si on regarde au fond, le Nil est barré. Un rideau d'arbres, de rochers nus, de collines arides, s'étend devant le spectateur qui, pour un moment, peut croire que l'Egypte finit là, et que les sources du Nil ne sont pas loin.
Assouan est l'ancienne Syène. Juvénal y fut, dit-on, exilé, et on croit qu'il y mourut.
La tradition qui place Syène précisément sous le tropique est erronée. Syène n'a jamais été sous le tropique, pas même au temps des Romains, et le jour d'un solstice d'été, à midi, le soleil n'a jamais pu, par une projection absolument verticale, se mirer dans un puits.
Planche 77. — Au point de vue des antiquités, Assouan est bien déchu
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