‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 41 sur 49 · ASSOUAN · texte numérisé non relu

ASSOUAN

de sa grandeur. Un voyageur du XV* siècle de notre ère, Léon l'Africain, y vit « divers bâtiments des premiers Égyptiens, et surtout des tours d'une hauteur prodigieuse, appelées Barba dans la langue du pays». Que sont devenues ces tours, qui sont certainement des pylônes, et de quels temples à jamais disparus annonçaient-elles l'entrée? On a tout épuisé à Assouan quand on a été visiter dans l'intérieur de la ville les colonnes romaines dont notre planche 77 offre la vue, et le petit temple ptolémaïque qu'il y a une douzaine d'années j'ai découvert sur la route qui mène cl' Assouan à Chellâl. Ce temple a certes un grand intérêt; sans que rien puisse faire croire qu'il soit en rapport quelconque avec les phénomènes du solstice, il est dédié à Isis, considérée comme l'étoile Sothis. Mais on ne trouve dans son plan et dans ses dimensions rien qui rappelle les temples d'aspect monumental que Léon l'Africain signale comme une des curiosités qui peuvent le mieux attirer les voyageurs à Assouan.

Assouan porte du reste dans les rochers qui l'entourent, la preuve de son existence à des époques bien antérieures au petit Temple d'Isis-Sothis. La XIIe dynastie, la XIIIe, la XVIIIe, la XIXe, la XXe, la XXVIe, y sont en effet représentées par des proscynèmes nombreux qu'y ont laissés les voyageurs qui, après avoir passé la Cataracte, ou au moment de la franchir, voulaient se rendre propices les divinités spécialement chargées de la protection de cette antique frontière méridionale de l'Egypte.

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