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COR-QVARTVS 1 MILLE CVMMACEDON
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DANS LA MACÉDOINE. ip
d'armes qui devint la cause de cette construction, et Tannée qui fut vaincue dans l'endroit même où le trophée a été élevé; mais on. peut encore: calculer approximativement l'époque de tette victoire, et former quelques conjectures sur le nom du peuple assiégeant. En voyant sa forme colossale, on ne peut pas supposer qu'il soit antérieur aux premiers Césars , jet par sa bonne exécution on ne p^eut le croire postérieur aux deux preniierç siècles de notre ère. ;:' ^ »
En considérant t{u il a été établi à l'orient de Pfailippi, du coté <ie Cavala, nous serons obligés de jeter les yeux sur le .peuple qui habitait l'Hémus méridional et le plus voisin de Philippi; or, ce peuple ne saurait -être que les Satres établis dans ces monta- ,gnes, et qui ne cessèrent, jusques aux Croisades , de revendiquer leurs anciennes possessions. Ils furent toujours ^redoutés? et surveillés de leurs voisins ; aussi juge-tron encore aujourd'Jiui par les ruinas des forteresses élevées autrefois^, depuis la Cavale jus- <]u'au fond de ja plaine de Philippi , des eflbrts que les rois de Macédoine et les Romains avaient faits pour arrêter leurs courses toujours menaçantes.
On voit, par le fragment d'inscription qui sul>siste encore sur ce trophée, queCalus-Vibius et Cornelius-Quartus, stratèges de la colonie de Philippi, assistés de mille Macédoniens , détermi-nèrent la victoire du coté des Romains; et on peut confecturer que cet exploit parut assez décisif aux alliés pour qu'ils en jconsacrassent la mémoire , et s'en glorifiassent par un monument qu'on dut reg^der comme équivalent à im arc de triomphe^ .
La promptitude avec laquelle le secours parait avoir été donné, peut faire entendre combien les Romains , en fondant leurs colonies, étaient prévoyans dans les moyens de ies protéger, tt de les rendre propres à protéger eliès-méme ies frontières et l'empire. i . Après l'inspection de ce monument, nous œntrâines dans l'in-
térieur des ruines pour faire ia recherche de quelques hiscrip tions et lexamen de plusieurs antiquités remarquables. La première qui nous arrêta fiit ie théâtre , qu'on ne cesse de détruire , et dont ii ne subsiste que des traces» qui nous firent juger de sa première forme et de son peu d'étendue.
Du théâtre au grand rocher perpendiculaire, ia distance est petite. Ayant aperçu quelques inscriptions sculptées sur les couches mêmes du rocher d'où l'on a enlevé des blocs » nous n'allâmes pas plus loin dans ce moment. Aucune des inscriptions n'appartenait à un tombeau: celles que je parcourus me rappelaient des dons faits à des temples ou à des chapelles , et des noms de prêtres et de magistrats. On voit auprès du théâtre un édifice encore assez élevé» mais tellement maltraité par le temps et par les races plus ou moins barbares qui l'ont possédé , qu'on ne saurait lui donner aucun nom.
Je ne tardai pas à entreprendre de copier la plus étendue de ces inscriptions , qui me parut aussi la plus curieuse , tandis que mes compagnons allaient à la découverte.
Il n'y avait pas une demi-heure que j'étais livré à cette occupation , lorsque la détonation d'un coup de carabine se fit entendre du centre des ruines » et le sifflement de la balle me fit aisément comprendre qu'on en voulait à moi. Il paraît que le propriétaire de quelque terrain , nous ayant vu passer quand nous allions au trophée, s'était caché, soit qu'il eût peur, soit qu'il eût voulu nous observer mieux; et que, nous ayant vu retourner, il s'était imaginé que nous revenions sur nos pas avec l'intention de chercher des trésors; car c'est-là l'idée constante de tous les habitans pauvres de la Turquie. M'ayant vu long-temps accroupi, il tira sur moi, pour me faire prendre la fuite, et s'emparer de ce qu'il supposait que j'étais sur le point de découvrir.
Notre parti de nous retirer fut forcément bientât pris; ma
DANS LA MACÉDOINE. ai
copie de l'inscription demeura inachevée /et tflitt' ^gaon . va la lire :
I INSCRIPTION trouvée dans les ruines de Philippi en Jl^ace/loine.
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